‹ Traité de diction et de lecture à haute voix. Le rhythme--l'intonation--l'expressionChapitre 9 sur 34 · DES CADENCES PROSODIQUES ET DE LA REPARTITION DES MOTS DANS LES TEMPS · texte numérisé non relu

DES CADENCES PROSODIQUES ET DE LA REPARTITION DES MOTS DANS LES TEMPS

Dans la langue française, les syllabes ne se répartissent pas en longues et en brèves; ou, pour parler plus exactement, les syllabes ne sont pas longues ou brèves de leur nature ; mais, bien que dans un même mot elles conservent toujours la relation qui existe entre leurs durées, elles ne sont jamais que des longues ou des brèves de position. Or toute syllabe est forte quand elle occupe la partie initiale d'un temps, et toute syllabe forte est longue quand elle forme une cadence. Quand nous nous occuperons de l'intonation, nous verrons qu'on appelle cadence parfaite le retour de la voix à la note fondamentale de la gamme, et demi-cadence la pause de la voix sur un des degrés de la gamme. Par analogie au sentiment de repos que nous procure la cadence parfaite et la demi-cadence, on a donné le nom de quart de cadence ou de cadence faible, et je donne le nom de cadence prosodique, à toute prolongation du son, donc à tout allongement de syllabe qui procure à Foreille une sensation relative de repos. La cadence prosodique est donc produite par deux phénomènes dif-

férents, la tonicité et la quantité, qui dans la langue française sont inséparables, quoiqu'ils s'unissent à des Aacrria, variables pour former des cadences plus ou faibles et plus ou moins longues. Dans la versifigrecque ou latine, c'est parce qu'une syllabe est ) qu'elle occupe la partie initiale du pied ; dans la cation française, c'est parce qu'une syllabe ocla partie initiale d'un temps ou d'une mesure î est longue. Le résultat final est le même. Or, loi de notre versification n'est autre que la loi du langage. C'est par une suite continuelle de ces prosodiques, exécutées à la partie initiale des ; que nous divisons noire langage en petites parppréciables par t'esprit et par l'oreille.

temps correspond à un certain effort musculaire, u'il représente une syllabe longue, c'est-à-dire une e ayant une durée double de la brève. Or toute rge nerveuse, par suite tout effort musculaire, et quemment tout son ou groupe de sons qui en déi, sont plus forts dans leur période initiale que leur période finale. Donc un temps se divisera en parties, l'une forte, l'autre faible, de telle sorte désignant la syllabe forte par F et la syllabe faible ; une suite quelconque de temps se présentera sous forme :

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