La page, — L'esthétique du Livre
I. Notion, — De la mise en œuvre de» cliver» éléments urapliiquns résulte la page ainsi que J'aspect qu'elle prend: page texte, page illuetration ou page mixte,
Lei éléments de In page sont ; a) les caractère» type
graphiques; h) lea illustrations; c) la rjecon 1) la
justification (largeur du texte d'où largeur des u.nr, Bj la place donnée aux éléments, les colonnes; f) les blancs, leS marges; g) la mise en page. On a traité précédemment des trois premiers points.
La mise cn page est au livrr document ce que la mi-, en scène est au théâtre.
Chaque partie du livre, chaque espèce de livre, < liaque partie de chacune des espèces donne lieu à un type de présentation de la page imprimée. Ces types combinent tes éléments communs avec des élément» qui leur sont propres,
La disposition de la page a été étudiée minutieusement, a la Fois en vue de faciliter la lecture d'une part et de "•Pondre aux desiderata de l'esthétique d'autre pnil la
ELEMENTS GRAPHIQUES
(|) Raymond Hesse Le livre d'après guene et les ' Sodetté» de Bibliophiles.
lue et la bibliophilie deviennent lois, La page est destinée à être vue (lu*). Le mécanisme de la vision est donc en jeu. Le» lois de l'optique et de l'occulisLque sont a dégager et à observer avant tout. 1 1 )
2. Historique. — La page texte d'après les époque* présente un aspect très différent : Grèce: compact, pas de ponctuations. Moyen âge. enluminé. Renaissance: gloses. commentaires. Moderne: illustration et rubrication.
Les premiers livre» imprimes étaient parfaits à tous lea points de vue, depuis le papier jusqu'à la reliure qui a tenu pendant des fiècles. Ce fut suivi ensuite d'une pr.ir.de d'hésitation» et de décadence relative de l'art typographique nue l'on peut caractériser parfaitement pat les production* si laides que l'on connaît bien Au commencement du XX'' siècle, il y eut dans l'imprimerie rne renaissance eu point de vue arti-tique.
De nos jours, il l'est fait une réaction du style des imprimé» publicitaires, des affiches, sur le style des livres et la composition. La mise en vedette des éléments est devenue de ce chef plus osée, (2)
3. Le* cornetères lypojfroprriqoa». — Il existe des signes nuroérotechniqu. ; plus de 4000 ans d'existence, des signe* « alphabétiforme» ».
Lorsque la forme de l'édition est fixée dans ses grandes Kgnea, In première chose à faire est de choisir un caractère donl la phyuionomie 'oit en rapport avec l'esprit du texte, 1 . I iceord entre l'oeuvre littétaire et an notation typographique aal absolument nécessaire, car le lecteur en sera toujours Influença', même à son Insu. La principale qualilé à rechriclirr aal lu parfait.- lisibilité; et il est toujours
* I ^'adopta une fonte nouvelle, insuffisamment
éprouvée.
Eviter le texta mm entier en capitales. Le bas de casse p«1 plus linihle que les capitales. L'ensemble composé en capitales peut attirer l'attention, mais « la lecture la fatigue irletM »l*e, La différenciation des grandeurs et des types de caractère est d'une grande ressource pour distinguer les diverse» espèces de données don» un texte. Par ex. ' principal du secondaire; le résumé du corps même de l'ouvrage; le» rubriques du texte lui-même ou des note». 4. Lignes. — La composition typographique s'opère en (..nlinues. On pourrait, si l'on voulait, lui donner la forme de certaines figures.
Dans l'tElan» de 1926. Oseufant a'e»t appliqué à des recherches typographiques (payehotypie) Il essaya d adapter l'rxpressioii optique des caractère» d'imprimerie «u sens de» mots II conclut: 1. "effet produit par les t formes sensible» » est puissant même quand il s'agit
(lia) Dr Javal, — La lecture et l'écriture.
h) Coek. — Le* Annales de l'Imprimerie oel, 1910 p, 133 (2) Le Manuel de Géographie des frère» Alexi* offre des type» caractéristique* d'emplois de textes variés n subordonnés
LE LIVRE ET LE DOCUMENT
de» signes conventionnels ; les formes sensibles ne sont pas conventionnelle», mais impérntives.
5. La justi/rcalion. — l.ffl largeui de» page» a cette importance qu'elle permet des dispositions synoptique» ajoutées a la clarté tlu leste, rend aisée et rapide la référence n toutes les partir» du sujet. (I)
Il est des condition'. (>lv i. .1. .■■..■ me» imposées aux livre» par tic™ organes. On sait combien est pénible la lecture des longues lianes enlaçant iitr repérage difficile à chaque extrémité et à chaque commencement.
Les journaux ont ouvert la voie a la justification physiologique <=t rationnelle et en particulier le journal anglais. Des journaux présentent de front 7 colonnes de S.5 cm (L'indépendance Mge). La fiche 12.5 X 7.5 est donc équivalente à la largeur de deu* colonnes de journal. Dans le livre on a souvent établi deux colonnes, quand, il était de grand format, lu Société de» Nations produit une quantité de texlet imprimé» souvent rebutants à lire pane qu'ils ne répondent pas à ces conditions. Le» documents de la S. D, N. si difficiles à lire ont de» lignes de 14 cm. 2/3, presque plus large» que trois colonnes de journal.
Les revuss s'essayent n des caractère» de plu» en plus petits et à des justifications d»- pin» en plus étroites. Ex.: Le Mouaemenl Commono) (Bruxelles) imprime fréquemment ses pages (19 X 25) en trois colonnes, peiît caractère, sans filet sépar.itif
6. La mise en page. — Toute une mise en page avec de» colonne», des demi-colonnes, des retraits a été réalisée pour rendre un texte plus clair, plus rapidement assimi lable. pour permettre de se reporter plus vite et plus directement a un passage déjà lu ou a découvrir
Ex. : Les sections du Conseil d'Etat fiançai» faisaient des rapports qu'on imprimait a mi marge avec celui du Ministre. — Les Table» de la Classification Décimale, édition française et édition nnglnise, ont réalisé des mises en page bien équilibrées.
De la mise «n pas* '*'*ve '■ manieie de couper le» article» de journaux en renvoyant leurs suites plus loin. et la manière de disposer les article» de revue pot" «Militer le découpage a l'aide d'un seul exemplaire.
Un exemple de disposition typique d'un texte est donné par les notice» bibliographique» imprimées sur fiches et en général par de nombreuse» formules dite» administrative».
7. Les Burfa, — Les marge» sont l'ttfpaca blanc qui apparaît sur le» cités du texte d'un livre ou d'un dessin. Une proportion dea marges aux textes, des blancs aux noirs, l'impose. Les marges »ont parfois utilisées pour les rubriques annonçant les sujets traités, pour de» ratures.
(1) Exemple I iquidatois Index «nd Summniy oi Use Companierj ad and Winding of Ruina, 192°; l.y J H.
Senior and H. M, Prak. London, Sir Isaoc I Un
pour les références aux textes de base. De larges marges servent aux noirs marginales du lecteur.
8, Les colonne». Le sens de direction du liure. — La us divise les page» d'un manuscrit ou d'un imprimé par le milieu au moyen d'un blanc ou d'une ligne le» sépare de haut en bas. La page peut être divisée en plusieurs colonnes. Atoll, la page des journaux, des dictionnaires et dos grandes encyclopédie», celle des éditions polyglottes.
Les UvTes orientaux se feuillettent de gauche à droite, les livres occidentaux de droite a gauche. On peut dis poser les page» soit dans le sens horiïontal par rapport à la reliure. soii dans le sens vertical.
I! est déplaisant d'avoir n changer le sens de lecture et de vision d'un livre, album cl atlas. S ■!''">-
primer toute» le» planches dans le même sens, de maniète à n'avoir pas à retourner le livre.
9. L'esinéiigne du liiîre. - La présentation typographique doit faire l'objet de» soins le» plu» attentifs. C'est dan* le choix de» caractère» pour titres, suos-tities et lubrique», c'en dans le sectionnement des niasse» en alinéas bien équilibrés qu* résident en grande partie les conditions de la belle et bonne page écrite ou imprimée.
La simple typographie est un art véritable par 1» stricte proportion des caractère» et de» titre», pal l'ordonnance ment des blanc-, par tous ces détail» dont la reproduit cette chose exquise et rare; un beau livre.
Les grands principes que William Morris a engagé» à observer sont les suivants. Il importe de ne rien négliger pour faire du bon ouvrage avec du matériel irréprochable, ce qui constitue l'unité du livre n'eut pas la page isolée; mais Li double paye du livre ouvert, tes deux masses d'e texte n'étant séparées que par un étroit espace au pli de la feuille; la largeur des marges doit croître dans l'ordre suivant: la tête, les côtés, la base. Morris attachait une importance capitale ft l'espacement, non seulement quant & l'assiette de l'œil de In lettre sur la base, maïs aussi quant à la distance entre les lettres d'un même mot. les mots d'une même ligne, le» lignes d'une même page. Il nous a démontré que même sans le moindre essai d'orne mentation «n livre peut devenir une œuvre d'art, pourvu que les caractères en soient bien dessinés sur une bas; carrée, qu'ils soient de même nature et rapproché» dans la composition sans . blancs inutile. ». Morri» voulait que l'illustration, soit planche, soit ornementation, fit partie intégrante de la page et fut comprimée dan» le plan du livre.
Aïrtri l'esthétique au point de vue typographique l'an qui consiste à donner aux travaux que l'on exécute le sentiment qu'ils doivent exprimer. I. 'esthétique la science qui permet d'établir les principes el les u de la beauté. Pour qu'une teuvrr d'ail applique digne <*' nïter l'attention, elle doit répoudre au* conditions suivante* u) remplir son but; b) nvon
ELEMENTS LINGUISTIQUES
plipyc logiquement le» matériaux dont clic est composée ; c) être conçue dans une (orme d'art qui reflète l'époque dnn» laquelle l'œuvre a été créée. Pour le livre, les deux premiers points «ont du domaine de |h technique typographique. Le ii.iim. 'me point ,-Ht du domaine des nrls appliqués.
De» artiste», dr-, Illustrateur» collaborent n la confection du livre par In création de lettres ornée', entêtes, culs de lampe, illustration» de tous genres, Le livre peut dnne être de l'art appliqué. Lorsqu'il est illustré, il ne peut plus être isolé de» arts plastique». Le» artistes du livre ont souvent été les inspirateurs des diverses (ormes d'ornetnentation : il* ont aidé h la création des «tyles. c'està-dire à celle de la forme graphique du caractère d'un peuple à une certaine époque.
Dans le passé, le livre a appliqué à son illustration le style de son époque. A notre époque, il ejtiato un style moderne adéquat au* exigences de notre temps, auquel chaque peuple créateur a déjà imprimé ton genre propre. Le livre sera de ce style nouveau, style tic» compliqué, mais ai savant et d'une grande saveur artistique lorsqu'il M ti ai lé par un homme de talent. (I)
Le livre a réalité le problème de l'art appliqué, de l'art uni h l'industrie et r(ui incorpore une pensée, un sentiment, une harmonie aux choses d'usage quotidien,
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Le problème, qui est très passionnant, se présente pour le livre dans des conditions spéciales: sa multiplication. Le livre est une pensée qui a été réalisée.
Certains éditeurs excellent a donner à une simple plnc|ueii<- toute l'importance d'un livre, tant par l'emploi des fontes d'imprimerie judicieusement choisies que par ea disposition graphique et par l'adjonction d'illustrations ou d ornements propies i en accuser et à en relever la décoration. (2)
Mais I art appliqué au livre n'a pas toujours été îudi cieusement réparti. « Le» ouvrages les moins destinés à demeurer dans les bibliothèques, ces milliers d'opuscules boiteux sur des question» de petite érudition provincial ou ce, romans de cape et d'épée tard venus, sont d'ordinaire les mieux imprimés et les plus soignés, au rebour» d autres plut importants composés en tête de clou et dont le papier ."effrite i (fWhnt, le Livre, p, 238.)
223 Eléments linguistiques, Le§ langues
Les document, pour la plupart .ont constitués d'éléments linguistique», il. sont exprimé, en une certaine langue; il» 80nl unc „a(i„ction cn aigna olptabe,,, des mots du langage.
HoL'ilSt7'1-' I P" 4u livre mo.lrm, l'nMi™
«■ il!'™'?"!?1 AntMole France. Discours prononcé
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Il y n quatre termes h rappeler ici : a) la Réalité ou Universalité des choses existantes! h) In Pensée qui conçoit la réalité et en organise la connaissance scientifique ou qui partant de la réalité en combine les conceptions selon les possibilité de l'imagination; c) le Langage qui exprime l« pensée; d) la Documentation qui enregittre et fixe le langage.
La Documentation ett dot „ée par tout ce qui
touche à la langue. Or. le mouvement des langues est complexe ; il soulève un grand nombre de questions : h qu'est ta langue, quelles en sont les espèces et les variété», J où elle» viennent. comment elle, évoluent et se transforment.
Tout perfectionnement dans le langage en apportera un au livre. De là l'intérêt pour: a) le développement de ta langue; b) le développement de la littérature; c) les langue» internationale» artificielle» qui font un progrès considérable; d) la réforme orthographique qui s'impose de plu» en plu» è mesure que se démocratise l'enseignement et que les masses des peuples sont appelées n la connaissance de l'écriture el de ta lecture: e) le.» récentes réfor mes: extension prise par l'étude de» langue», nombre de ceux qui parlent certaines langues, simplification des langues, de leur orthographe, de lem (errtuta: influence des mouvements politiques (nationalité) et de» mouvements économique» {affaires) sur le mouvement culturel dont In langue est une de» expressions ; influence de la langue écrite sur la langue parlée, notamment sur sa fixation, traductions,