‹ Traité de documentationChapitre 121 sur 725 · Le style · texte numérisé non relu

Le style

I. Le style est un résultat. — C'est l'homme, a dii Buffon ; c'est aussi l'époque : c'est la matière traitée. — Impondérable, indéfinissable, parce que tout en tenant dans la réalité, il exprime à sa manière ce lien de toute» les choses, suivant qu'explicitement ou tacitement, en termes déployés ou par ellipse et syncope, l'écrivain tend a faire éprouver l'unité concrète et synthétique du champ traité.

Le style, dît Covtutal, c'est l'ordre que l'on met dans l'expression de la pensée. C'est aussi le fait d'exposer les notions avec clarté en les classant, en dépit de 1 énorme fourmillement d'idées qui jaillit dans l'esprit de qui fait. Le style c«t la forme d'exposé, ou plus exactement, chacune de ses forme» a son style,

2 II y a diverses espèce» de style: le style simple, le style tempéré, le style sublime. L'aristocratie de France, berceau de la langue française, s'imagina de hiérarchiser son vocabulaire, comme elle hiérarchisait le peuple de France lui-même. Il y eut des roots nobles, des mots bourgeois, de» mots roturiers, d'autres frappés d'interdit, comme le nom de certaines partie» du corps humain.

En Chine, il y a sept espèces de style : antique, litté roire, fleuri ou mondain, commun, dcmi-vulgsiire, familier et épiitolaire.

3. Cher les moralistes, particulièrement cher les moralistes fronçais, l'observation des choses se condense en une maxime, une réflexion, une pensée. (Pascal Vauve nargues.)

Parlant de Taine. Bréder et Hasard (Histoire de la Littérature française illustrée. § II, p. 240), s'expriment ainsi : • La solidité de la pensée, la logique lumineuse du . développement se reflètent dans son style avec une B limpidité absolue; il n'est pas jusqu'il l'aspect typo- » graphique qui ne témoigne dès les premier» regards de l cette rigoureuse ordonnance : le petit tiret s ajoutait :■ aux pointa et aux virgules pour séparer le thêWm- ■ initial, puis le» différeiiics pallies de la démonstration. m puis la conclusion: toutes les cases tracées dans le

l domaine d'un chapitre se trouvent remplies égalemenl

• et l'on continue à voir se dessiner ce* case» n-

■ pleine», a

Anatole France demande le « sarclage » de la page écrite, il veut que l'nii arrache le chiendent des que, cjut, qu'on, dWtt. que soient bannis le point, la virgule, le tirft. On écrit, ajnute-t-il. selon «on rythme et le format usuel de son papier. Il Imil écourter les épithètes, supprimer lu

• polinière ■, se garder de l'ampoule, du pathos, s Rien n'est aisé comme de tonner, de détonner et d'étonner. •

■ Une» pièce qui serait applaudie 1 chaque ver» tiendrait le spectateur vissé toute la huit «ur «on strapontin, »

Former des phrases organiques ayant un axe au tout duquel tourne et s'ordonne la pensée, avec un rythme, un nombre, une harmonie, tout ce qu'un style sout. nu suppose de réflexions, des richesses intimes de forte éducation classique, de capacité de synthèse, d orrlr*emfia, Remy.

Chaque auti-ui a son dictionnaire et sa manière: Il t'affectionne h des mots d'un certain son, d'une çertuinr couleur, d'une certaine forme et à des tournure» de style, & des cuupe» t!e phrases où l'on reconnaît sa main.

J. Joubert.

Sujet, verbe, tégànir dira i ou indirect, les inversions, las figures de rhétorique, quelque» image», la phrase linéaire; elle devient uofumclriïjuc. elle se monte étroite iiH.-nt lui l'objet tel qu'il a»t rêvé par l'émotion et de manière qu'il apparaisse dans sa racine et dans sa fleur, dans l'instant et dans la durée. (Dclhorbe sur Rsmuï.) Amplifions, disons qu'elle devient dynamique. Pour bien écrire, il faut trois qualités :

a) la correction (non barbare) éviter ImibariBirte. solécisme, gallicisme;

b) la clarté (non obscure) propiiélés de* ternies et nis plicité naturelle de la construction;

c) l'élégance {ni plut, ni vugaire) ; élégance, de eligere. consiste è choisir dea mots, des locution» et une cor

lion de phrase qui rendent la peniée avec plus de grtee DU de force.

4. De nos jour» les poètes se «ont exclus eux-mêmes de la foule en grand nombre. Ils ont voulu raffluer. quin tessencier, suggérer et non émouvoir, cérébraliser et i

ni art une science intellectualiste el non un sacerdoce sensible. D'où sont nés souvent l'ob*eurci»me, I métïtmc, l'incohérence. Le» poète» aonl devenus étrangers à la masse, parlant une langue incompréhensible au service de pensée et bien souvent puérilement vide. Mai» en raffinant, ils ont atteint aussi des forme» supérieure» d'expression de ta pensée et il faut savoir gré de leur effort.

5, \r style |Ui de* Bouwdlea ai l'-

habitue les esprits à la concision dans la clarté, Ij» | >,,;,.., de tout pays en celle dernière année «'est vue

ELEMENTS INTELLECTUELS

oblige de présenter en de courts cablogremmcs les donnée» très, complexe* des grandes négociation» politiques M i , , ,, In un autre effort trop méconnu. 6. 1-e style peut être élevé tout en restant accessible : qualité rare, [.es F mnçais ne croient pas qu'il y ait matière si difficile qui ne puisse être présentée au public dons une forme facile, familière et courante. I.a clarté française.

Page 1