L'influence d'un livre est déterminée par l'indivi
ilualilé du lecteur, par la ■ mnème » de celui-ci. Le mot
I mri <'-tii- ■ I, 'l'un aMgc si commode pour tous les tra-
urs du livre, n été introduit dans la science par le
professeur R. Semon. Il indique la mémoire organique
de l'espèce, et la mémoire individuelle qui
permet d'acquérir et de conserver les engrammes. e est-
i le* changements produit» dans la matière organique
pal des excitations quelconques. Dans ce sens, la tnru'-mi-
ir.tal des engrammes.(U La mnème ne se compose
pas seulement des connaissances et de* idées, mais aussi
'motions, de» sentiments, des désirs et des réserves
. .ni., irriee el de subconscience- Le livre représente
pour le lettr-ui un ensemble d'aperceptions, c'est-à-dire
d'excitations de ces centre» psychique* tel» qu'ils ont été
constitués en lui pat 1» mnème, par la totalité ,1
lîence» rnciales et individuelles. Or. chaque mot salement un. mai* presque toujours un ensemble de phénomènes psychiques. Le lecteur peut isttel ces phénomènes suivant ses aptitudes personnelles, et l'état de sa conscience dans des circonstances et dans un moment donnés. Si nous écrivons sur 1 axe de» aheiase* le texte et sur l'axe des ordonnées n'importe quelle classification des phénomènes psychiques, l'individu peut indiquer les impressions produites par chaque mot du livre au cours de la lecture et les classer resDectivement. Chaque individualité *e caractérise par le noml»r<- et par la distribution de ces indications. En faisant In statistique de ces annotations, rorrespotidtinl aux dîveratégorie» de phénomène» psychique», on obtient la
(I) R. Semon. Die Mneme. 3, Auf. S. 15. — A. Fore!. Gchim une Sceïc S R, Q4.
BIBLIOLOGIE
,t»ge des rswâtatiorrs pioduilcs *ur un lrctcui put mi, livrn r-t ,1,1ns un maman! donne.
5 De cette manière on peut obtenir de» eoeflictenfj hibHo-fitschologiqat* numériques qui earaciériicnl I' irur fi un moment donné- La théorie de la -tatisiique j.erme.l de passer de ces coefficients indioidtn '-roeff iris: rit» moyens (peut vin même lecteur, pour des lecteurs différent», etc.t Cette méthode npécialr conduit la hihlio-psychologie à l'analyse cnls lecteurs. A
type» psychique.! cl ri B»«
■ érie ou mis échelle d'étalons d'un lecteur moyen (en ,.il|. d'un lecteur spértali-t.- (d'une branche détet minée d'une science), d'an peuple, d'une classe sociale. d'un moment d B, etc. on peut compurci avec
talon les boel U individuels. Un* telle eompB-
.„ permet de caractéri^-r non «e.ulemrrii qualitative ment, mai* nusti quantitativement n'importe quel lecteui On remplace de celle manière l'étude subjective des ouvrage* littéraires par l'étude objective: In même mé thode nous permet d'introduire dans les opinions de« critiques et des commentateurs leurs - correctifs comme l-cleur - (équat.on per«onnelle| soit le correctif du crin due On arrîvf ainsi I expliquer la rSie de» Urne témoignage» d»». le domaine de la littérature .1 r|. 'n . -ritiq.i-
Cette méthode spéciale de la bibtio-psychologie (la :ique de- excitations produites pur chaque mot du | donne la possibilité d'appliquer la théorie de, ■- et les courbes mathématique» à l'étude d< le» phénomène, psychiques de la lecture. De cette étude du lecteur, on p»K 4. l'étude de» fieras eu» mêmes, puisque le» eoeffr'riema moyen* biblhvpsychoio gieiues, caractérisant le /eefeur moyen d'un livre n= ton! autre chose que la camctériitiqur. de ce livre (conformément à la loi de» stands nombre» de Quetelet). L par le» mêmes procédé» de toute» le» œuvre» d'un écrivain ;„i, n la constatation objective des qualité» de ses travaux et à leur action dans tel ou te! sens sur tel lecteur». La comparaison de coefficients biblio-psyeholo gïque» se rapportant 4 toute» le» ceuvre» d'un écrivain donné avec le» étalon* de oïl V d* lecteur,
permet de caractériser chaque milcur aussi ohje.-livemeni et n des, point» de vue différent».
6. En développant de plu» en plu» l'application de celle méthode et en basant toujours l'étude de» livre, tu l'étude préliminaire des lecteur» et celle» des auteur, de leur» oeuvres, la bihlio-psy i'--nd ft
transformer l'histoire et la théorie de ta littérature en une de» blanche» de la p^vehotogie scientifique, en une science étudiant la quai.: pimiStê de* excitation,
psychiques produite» par le» livre». La mi BV méthode permet de déterminer avec exactitude le* notions I mentale» du type, des livrée, de, lecteur», des auteun el de leurs relations réciproque».
Loi If.,, fondamentale, de la hiblio -psychologie sont les suivantes :
a) Loi dé W\ J/u.nnoWtPofL'hrtta : - Le mot est un excitateur cl non pa» un transmetteur de la pen»ée ».
b) Loi Je E. Hcnncqnm : « Un livre produit un effet
mn «tu le lecteut dont l'organisation psychique ait le | il us analogue à telle de l'auteur ».
C) Loi de II Tainc : • La race, le milieu et le moment de l'histoire déterminent la mentalité des lecteur» ►.
d) Loi de H- Semon : » La compréhension du livre est un.- fonction de la mentalité du lecteur, c'est-à-dire de la totalité des engrammes formés en lui par la mnème »
e) Loi de Ernest Mach ; « L'économie du temp» el de»
du lecteur s'accroît à mesure, que le type du livre se rapproche de celui du lecteur ».
Les recherches biblio-psychologiques permettent donc de constate» la dépendance Fonctionnelle des trois fac teurs ; I. le lecteur; 2. k livre: I. l'auteur, el de l'exprimer par de* coefficients numériques. !i s'ensuit qu'on peut utiliser un livre comme réactif sur le lecteur et réciproquement.
7, La Psychologie btbliologiquc récente est allée plus l.n Elle s'appuie maintenant sur de» lois cosmiques, écrit M, Roubakine, clic n'étudie plus uniquement les phénomène» du livre et de la litlctalure d'après le point de vue »œinl et des science» naturelles. Elle tend a formuler I» tri de la conversation et des critères. Elle a déjà Formulé, ci expérimentalement prouvé, la loi très Importante de» consonance» et des disononces de» émotions. Cette ir.i en la vraie hase du travail pratique dans le domaine du livre et de la parole. Elle détermine la bibliopsyehoiOBie comme science du comportement verbal rt étudie la dépendance fonctionnelle entre le percipenl. l'agent et le milieu (temps et espace).
8. Le» application» possibles de la Biblio psychologie ont été résumé* en ces termes par N. Roubakine :
|o la possibilité de rédiger les livres scientifiques de vulgarisation et tes manuels scolaire» de telle façon qu'ilsoient plu. lu» que le» betïtes-tetlres : 2" au Heu d'étudier dans le» buts de l'instruction et de l'auto-instructinn une quantité de livres, poursuivre ce travail avec un nombre de livres relativement petit. tant porter préjudice au* connaissances reçue, et au développement mental: V transformer le» bih'inthèqucs en des laboratoire» où l'on étudie la eirculnlinn des idée» el de l'opinion publique ; 4" mRoniaer l'activité des maisons d'édition, de" rédaction, de livres et letlt distribution de façon que cette activité ne re-semble plu» » un tir désordonné sur un but Invisible; 5" et c'est ta peut-ctre le plu, important, foire comprendre à tous ceux qui, sous le régime social actuel, sont opprimé», humiliés, offensés et appauvris et qui maintenant n'ont ni le» connaissance» ni les possibilité» pour travailler pout !» création de meilleures con-
BIBLIOLOGIE PEDAGOGIQUE
■ titions, qu il* peuvent, eui aussi, lutter et travailler avec suceè», sans verser ni larmes, ni »»ng: tous u* ni apprendre A crénr une vie nouvelle, ri la créer toujours et partout avec insistance et ferveur, cl cela ..• fnirr remarquer par ceux qui, maintenant, construisent l-nr bonheur ei leur aisance sur les malheurs des autre*.
. La force du livre et de la parole n'est pas encore
— pleinement, du N Koubakine. Nous n'avons pas
i- trouvé les meilleurs moyens de nous en serviT
Nom« tir lavons pas encore les mettre en pratique. De nos
temps, le livre n'est pai encore un instrument de la lutte
pour la vérité et la Justice. Mai> nous pouvons et nous
le tendre lai. » (I)
156 Les rapports du Livre avec la Technique ou Bibliologie technologique.
I La Bihliologîe Technologique envisage les rapports du livre avec les moyens matériels de le» reproduire et de le» multiplier.
II y a rie nos jours une Technique Générale qu! embrasse dan» «es cadre» tous les moyens raisonné* d action de l'homme nur la matière; tous le» proceesua chimiques, mécanique», électriques de l'indu»! rie. Plus 'Ile progresse et plu» «ont appelée* à progresser «es appli
tl au Livre et au* Documents L'invention dans un domaine retentit sur tous le» tut»»; il y n emprunt» et apport* réciproque» entre le* domaine». Par exemple : les principe* de* presses. ■ lu davier de la machine n écrire, întpiré lui-même du clavier du piano, la redistribution automatique dans la machine à composer ont suggéré maints dispositifs dans d'autres domaine» que I imprimerie.
2. Il n'y a pas ou uns ethnique complète du livre, a encore bien des recettes. Le traditionalisme domine tout* eettt matière où il semble que 1 on ne soit pas plus avancé qu» rlnn» les pMmiew Bï«»i «or» que le» progre* étaient la plupart încon*cîent» et «élaboraient «ver une lenteur que nous avons peine à noua reprêscl--
(Il A. Ferrière » I • lubliopsychologie d'apte» es Iravam de N. Rouli.iltiiie » don» les • Archive» des Py*choloB-ies«. 1916. M" 12, — Du même auteur: «Tran». formons l'école «, 1920, p. 93-98. — T. Kellen « Die Biblîologl'che Psychologie. Eïne neue Wissensehrvfl von BQchern ttnrf Léser n « (i DetttacKs Verletjrt;. -ilm leinjrig, 1921. N> 221. - S. Salvoni « N Roul>akine ■ (s Culture Populaire. N° 6. 192Î). — Carel Stharten « De Mensch on ri.- Ge'eerde Nicolas Rouhakine » (« Telegraaf ». 17 VIII 1922. Amsterdam). — V. Bauer I BiMlo-psycholoaie, nrivà werla o Vnire », dans le « Ce^kn 0»vet., N" 6. — Thomson. J. » De
rnacbt van het boek n (n Alçemeen Handelsblod ». 4 en 5 Maart, 1921), — Rocinik Padagoglcmv, Serja II Tom H 1924 (par pr„f. H. Radlinska),
157 Enseignement ou Bibliologie pédagogique
1. Dan» une mesure considérable, le* livre* et le* document* constituent un enseignement. Le» livre*, dès lor*. jouent un srand tôle dans l'enseignement et réciproquement les court enseigné» donnent naissance & un grand nombre de livres.
2. L'importance de l'Enseignement oral relativement au* autres moyen» d'étude n'a pn» cessé de dominer Avant la découverte dr- l'imprimerie, c'était te moyen principal rie l ransmettr» les idée». Le» manuscrits ne pouvaient pas rivaliser alors avec la parole, mai* peu à peu le» imprimés ont pris la place principale dans les affaire» intellectuelle», Ils ont porté la lumière hors des écoles, hors des ville», hors rie» pays civilises. Les paroles fugitives ont été remplacée» par quelque chose de durable et de préci*. qui permet à chacun de réflérhir sur 1rs raisonnement* et de comparer exactement 1rs opinions. Pourvu qu'un livre soit bien fait, il a plus dt- lecteurs qu'on ne voit d'auditeur» dan» le» cours le» plu» fréquenté», (de Candolle),
ï. L'art d'eaposer s'inspirera de l'art d'enseigner. Or, celui-ci a subi une transformation profonde. Les nouvelles méthade» de pédagogie n'ont rien de commun avec le» ancienne». Celles-ci étaient basées but le principe faux que toute connaissance doit se fixer dans l'esprit au moyen de la mémoire. Il n'en est rien. On pouvait le croire à une époque où l'art d'enseigner consistait pour te professeur à transmettre ce qu'il 'ui même appris et l'art d'apprendre à recevoir la parole de maître comme parole sacrée. Maintenant on s'est mi* à étudier les phase» de l'esprit humain, le* manière» dont le» connaissances «'acquièrent dans l'enfance et dans le restant de la vie. Or. le cerveau humain à raison de la plasticité de «on organisation cellul,., lin*! 1 .1:1 qu'ii peut approvisionner les
connaissance* et le» rappeler au moment voulu. 11 est des circonstance» qui peuvent aider ou contrarier le fonctionnement des centre» nerveux. Tout ce qui est acquis ne doit pas être rappelé en même temp* à la mémoire.
L acquisition de la connaissance dépend de la force de l'impression. Acquérir la possession de la connaissance, sans imposer au cetveau un travail sui- . hauffé el énervant. Toute forme d'activité moderne e»t agréïibl'*. tout travail fait avec plaisir, concentre sur lui toute* le* forces mentale» et, en conséquence tend à produire une impression profonde. Plu* «rande. pour un individu, e*l la facilité d'apprécier des ressemblance* et de» différences, plus »ûr* et plu* rapides «cront son jugement et son raisonnement. Le principal de l'association fondé sur les ressemblances et les différence» e«< un élément de grande valeur pour la
BIB1.IOLOC1E
transmission du am dUque; il apporte lltw
écoti" np» et de force 11 suilit de reippeler tes
rsinombUncea qui sont connues et do tic plu» insister que «ni [es différences, I -■' de """
veaux cléments pour l'esprit. Il faut connaître le mode naturel de travail de l'esprit. C'est l'ignorer que de i.I.k . r subitement l'esprit en présence de choses ■bat miles, difficile», indéfinie», complexe», de poser devant lui un corps de doctrine déjà établi et de principe qui «ont le produit d'un long travail. L'enfant est capricieux, crédule, i-mieux et a besoin rande
auhiiiii d'esprit. (I)