‹ Traité de droit constitutionnel (volume 3)Chapitre 3 sur 42 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

les détenteurs de la puissance publique ne peuvent légitimement la mettre en mouvement que pour assurer la collaboration commune.

Je suis profondément convaincu que tous les événements qui se sont accomplis depuis vingt ans, aussi bien les faits de la grande guerre que le mouvement syndicaliste, dont nul ne peut contester l'importance, sont la confirmation éclatante des idées que je viens de rappeler.

Mais on m'arrête et on dit que jamais, au contraire, l'Etat n'a été plus puissant que maintenant, que jamais son aclivité ne s'est manifestée d'une manière plus intense, que jamais autant que pendant la guerre mondiale la puissance souveraine des belligérants ne s'est montrée plus formidable, et qu'il est singulièrement téméraire et paradoxal de parler aujourd'hui de transformation de l'Etat et de prétendre que la conception de puissance souveraine fait place à celle de groupement consenti de services publics.

Assurément, jamais autant que pendant la guerre des nations l'Etat n'a été agissant et fort. Le nier, ce serait nier l'évidence. Mais ce que je prétends, c'est que jamais il n'a fait aussi rarement appel à son prétendu droit souverain de commandement. Jamais autant que pendant la grande guerre ne s'est montré vide de sens, de contenu et d'efficacité, le prétendu principe d'autorité. Sans doute, il y a eu, pour ne parler que de la France, quelques volontés récalcitrantes; mais elles ont été en nombre infime et aussitôt brisées par l'opinion. La puissance qui a réalisé la défense du pays, qui a

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