‹ Traité de droit constitutionnel (volume 3)Chapitre 30 sur 42 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

§ 56. — L'impuissance de la doctrine, métaphysique.

Je crois avoir démontré au chapitre précédent qu'en affirmant que la puissance publique est un droit subjectif, on donne naissance à une série de problèmes qui sont proprement insolubles. L'affirmation elle-même est indémontrable. Elle est purement et simplement l'expression d'un concept d'ordre métaphysique sans valeur, quel que soit le nom dont on le décore. Mais en admettant un moment que la puissance publique soit véritablement un droit subjectif, on se trouve en présence de toute une série de problèmes que l'on est totalement impuissant à résoudre.

On ne peut pas expliquer l'origine de la souveraineté, c'est à-dire démontrer pourquoi il existe un droit de puissance publique et comment il se justifie. Les deux explications qu'on en donne sont aussi artificielles et chimériques l'une que l'autre. Dire que la puissance publique est de création divine, ou dire qu'elle est de création populaire, sont deux affirmations d'un même ordre et de même valeur, c'est-à-dire de valeur égale à zéro, parce qu'elles sont aussi iudémontrées et indémontrables l'une que l'autre. A tout prendre cependant, la première est plus logique que la seconde, parce que, la volonté des g< mi veinants recevant une investiture divine, on comprend que par là elle soit supérieure à

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