‹ Traité de droit constitutionnel (volume 4)Chapitre 35 sur 85 · I.NTANGIBILITÉ DES SITUATIONS JURIDIQUES · texte numérisé non relu

I.NTANGIBILITÉ DES SITUATIONS JURIDIQUES

ment pour justifier ia décision. En tout cas, le législateur devra, en une pareille matière, agir avec une extrême prudence.

La loi du 2 mai 1924 n'a été votée qu'après de très vives discussions. En janvier 1924,1e gouvernement avait déposé un projet de loi tendant à la revision des jugements ayant statué d'une manière définitive sur des dommages de guerre. Ce projet souleva de vives protestations de la part des sinistrés. Y. dans Le Tcmp^ du 10 février 1924 une énergique protestation du comité directeur de la Fédération des associations départementales de sinistrés. Cependant la chambre, tout en modifiant les détails du projet gouvernemental, en a adopté le principe. A la chambre des députés, le 31 janvier 1924, M. Desjardins a violemment critiqué le projet comme portant atteinte au principe de l'autorité de la chose jugée. Au sénat, le projet a été aussi longuement discuté. Dans son rapport, M. le sénateur Poulie a fait observer combien il était grave de porter atteinte à des situations résultant d'accords ou de jugements et il a ajouté : " Si les accords conclus doivent être respectés, si les décisions rendues doivent être considérées comme définitivement protégées par l'autorité de la chose jugée, c'est à la condition qu'il n'y ait pas eu fausse application de la loi, dol ou majoration manifeste équipollente au dol par le sinistré ou ses mandataires... »

Rapport au Sénat, 1924, J. o/f., Docimi. par/., n^ 276. — Cf.Jèze, Révision des dommages de guerre. Revue du droit public, 1924, p. 221 et s.

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