‹ Traité de droit international (volume 3)Chapitre 50 sur 109 · Fauchille, Du Blocus maritime^ Paris, 13S2, p · texte numérisé non relu

Fauchille, Du Blocus maritime^ Paris, 13S2, p

172 DE l'administration internationale

Le blocus esl au fond un acte de guerre et c'est à ce point de vue que nous Tcxaminerons plus loin. 11 est vrai que Ton considère le blocus pacifique comme un acte de représailles et comme un moyen d'aplanir pacifiquement un différend ; mais dans quelle mesure un pareil moyen est-il efficace et légitime ?

La plupart des auteurs sont opposés au blocus pacifique, mais il y en a qui le défendent. Parmi ceux-ci figurent Heffter * etCauchy *. Tous deux sont d'avis qu'il est parfaitement légitime au point de vue de l'humanité, comme moyen de trancher une difficulté sans verser le sang, et ils trouvent, en outre, que chaque État a le droit d'y avoir recours en guise de représailles.

L'inconsistance de ces raisons est évidente.

La catastrophe de Navarin démontre suffisamment que le blocus pacifique peut avoir pour résultat du sang versé et que, par conséquent, il diffère peu de l'état de guerre. D'autre part, on est obligé de reconnaître qu'il existe une différence essentielle entre les représailles en temps de paix et le blocus. En principe, les représailles ne doivent atteindre que l'État qui les a provoquées. Au contraire, le blocus pacifique ne peut devenir effectif que si les États neutres sont obligés de le respecter. C'est ce qui est arrivé en effet dans la pratique.

Les puissances qui ont établi un blocus ont toujours interdit aux neutres de le violer et elles ont répondu aux

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