‹ Traité de droit internationalChapitre 11 sur 105 · Laurent, Histoire, t. VII, p · texte numérisé non relu

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duel judiciaire servait encore à résoudre des affaires civiles et criminelles.

Ce n'est qu'en Angleterre que s'établît, à une époque relativement ancienne la règle suivante : le roi est le protecteur suprême de la paix et de la loi dans tout le pays et tout citoyen qui viole la loi offense la majesté royale *.

§ 20. — Si au moyen âge il n'existait pas de pouvoir politique au sens actuel de cette expression, il ne pouvadt pas non plus être question de relations internationales telles qu'on les entend de nos jours. Les rapports internationaux avaient lieu entre des particuliers, des villes, des parties indépendantes de certaines terres féodales, mais non pas entre les États qui forment l'objet du di'oil international moderne. Aussi bien la force brutale et l'anarchie prédominaient en Occident et servent à caractériser le moyen âge.

La chute de la féodalité et le développement du pouvoir royal modifièrent les relations internationales et y introduisirent des principes d'ordre et de droit.

Beaucoup de causes contribuèrent à la destruction du régime féodal en Occident. Parmi les principales il faut ranger les croisades.

Le caractère général des relations entre les peuples du moyen âge, tel qu'il vient d'être exposé, montre qu'elles avaient pour principe la force, qui régnait alors sans con-

1. Gocist, Selfyovemment. Communalverfassung und Verwaltungsge' richte Englands (3« édit., 1871), p. 103, 888 et suiv. — Uu même : Der Rfchlsstaat^ Berlin, 1879, p. 38 et suiv.

DEPUIS l'antiquité JUSQu'aU TRAITÉ DE WESi'FMALlE 105

teste. Évidemment dans ces relations il ne pouvait être question ni de droit ni de loi. Néanmoins, comme nous l'avons expliqué plus haut, c'est au moyen &ge que se formèrent ces nouveaux éléments de la vie sociale et politique dont le développement graduel finil par faire prévaloir de nos jours l'ordre et le droit dans les relations internationales des peuples civilisés.

Quant aux relations extérieures, au moyen &ge, elles sont la démonstration de cette vérité dite par Gnizot, savoir que les sociétés humaines sont gouvernées non pas tant par la force brutale que par les idées et la forme morale qui se cachent sous les manifestations de la force physique *. C'est particulièrement vrai pour les croisades.

Le mouvement général qui entraîna les nations de l'Europe occidentale vers TOrient, dans le but de délivrer le Saint-Sépulcre des mains des infidèles, tira ces nations de l'isolement où elles vivaient, les rapprocha par la communauté du sentiment religieux, enfin leur fit connaître la vie et les produits des pays orientaux avec lesquels elles engagèrent d'actiyes relations commerciales.

Sous ce rapport, les croisades contribuèrent à donner un caractère pacifique au développement de la vie internationale en Occident. Elles exercèrent aussi une puissante influence sur l'organisation intérieure des Etats féodaux, sur leur situation politique et sociale.

La féodalité, en créant des Etats dans l'Etat, en faisant de Faristocralie guerrière une puissance gouvernementale, en laissant les autres classes en dehors du droit, détruisait

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