‹ Traité de droit internationalChapitre 16 sur 105 · Voir mon Recueil de traitée, t. V, p. 389 et suîv · texte numérisé non relu

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Thérèse ni avec Frédéric II. Elle fit au contraire tous ses efforts pour amener une réconciliation entre eux, et ses démarches furent couronnées de succès.

En 1763, TAutriche et la Prusse signèrent la paix de Hubertnsburg qui consacrait la possession définitive de la Silésie et du comté de Glatz par Frédéric. La même année, un traité de paix fut signé à Paris entre l'Anglelerre, la France et TEspagne. En vertu de ce traité, presque toutes les colonies françaises en Amérique devinrent la propriété de l'Angleterre *.

La lutte sans exemple qu'eut à soutenir Frédéric II pendant la guerre de sept ans oîi il se couvrît de gloire, assura à la Prusse je rang de grande puissance européenne et lui donna dans Tempire d'Allemagne une importance égale à celle de TAutriche. C'est à partir de cette époque que Ton remarque un antagonisme permanent entre ces deux puissances au sujet des affaires allemandes, et que lune et l'autre recherchèrent l'alliance de leur voisine la Russie.

55 23. — Le partage delà Pologne servit particulièrement à rapprocher ces trois États. Il eut lieu une première fois en 1772, une seconde fois en 1793 et mit fin à l'existence de cette république en 1793.

Les historiens ne s'accordent pas sur le point de savoir à laquelle des trois puissances appartint l'initiative du partage ; mais tous les auteurs reconnaissent que la cause principale de cet événement fut l'organisation fu-

l.DeMartens, Recueil des traités, i, I, p. 136; t. I, p. 197.— Chatham remarque juslement que « la France a perdu l'Amérique en Allemagne ».

nesle des diètes électorales qui faisaient de la Pologne un pays anarchique et permettaient aux gouvernements étrangers d'intervenir constamment dans ses affaires intérieures ^ Quoi qu'il en soit, Tidée du partage, réalisée au XVIIl* siècle, n'était pas nouvelle. Déjà en 1573 Tempereur d'Allemagne Tavait soumise au tsar moscovite Ivan Yassiliévitch-le-Terrible .

Pendant la seconde moitié du siècle dernier, la décadence visible de la république polonaise fit naître divers projets du même genre. En 1769, la Porte fit une proposition dans cesens à r Autriche. Un an auparavant le prince de Kaunitz avait conçu un projet original d'après lequel la Prusse devait s'annexer une partie de la Pologne et rendre en échange la Silésie à TAutriche.

Le partage de l'année 1772 fut favorisé par les circonstances politiques suivantes. En 1768 la Turquie avait déclaré la guerre à la Russie. Cette guerre fut très heureuse pour les Russes. Catherine conquit la Moldavie ellaYalachie et proposa la paix, en 1770, à la Turquie en stipulant que l'indépendance des principautés danubiennes et des Tatars de Crimée serait reconnue. Dans le but d'intéresser TAutriche dans cette affaire, Catherine invoqua la médiation du cabinet de Vienne ; mais celui-ci répondit par un refus, trouvant que les propositions russes étaient en complète opposition avec les intérêts autrichiens. En effet, la cour de Vienne ne pouvait oublier que Catherine n'avait pas voulu renouveler le traité de 1746 et qu'elle s'était rapprochée du roi de Prusse avec qui elle avait con-

1. Voir rintrodacUon historique du n« 30 dans mon Recueii de traités, t, II.

DE LA PAIX DE WESTPHAUE AU CONGRÈS DE VIEiNNE 145

clu, en 1764, une alliance d'après laquelle Frédéric s'obligeait à des secours d'argent et de troupes au cas où la Russie serait attaquée par une autre puissance ^ Afin de contrecarrer les desseins de Catherine, TAutricbe s'allia à la Turquie. La guerre entre l'Autriche et la Russie paraissait donc inévitable. Le roi de Prusse aurait été obligé de prendre part à cette guerre, comme allié de la Russie. Cependant Frédéric désirait conserver la paix si nécessaire à son royaume après la succession de guerres ruineuses de la première moitié de son règne. Cherchant les moyens de prévenir une rupture entre TAutriche et la Russie, il s'arrêta au choix d'une combinaison qui devait satisfaire ses propres intérêts et ceux des deux adversaires.

En 1769, Frédéric, par l'intermédiaire de son ambassadeur, le comte de Lynar, communiqua au comte Panine un plan de partage de la Pologne^ auquel la cour de Saint- Pétersbourg ne fit pas attention à cette époque. Ces projets rencontrèrent un accueil plus favorable à Pélersbourg, après que l'Autriche, en 1770, en pleine paix avec ta Pologne, eut fait occuper par ses troupes deux starosties polonaises et se fut emparée des salines de Bokhnia et de Wieliczka. Frédéric II calcula que si l'on proposait à l'Autriche de reconnaître ces annexions et d'y ajouter quelques autres territoires voisins de sa frontière, cette puissance renoncerait à sa politique belliqueuse, aussi bien à l'égard de la Prusse qu'à regard, de la Russie, et que la paix entre la Porte et les Russes pouvait alors se conclure à des conditions avantageuses pour ces derniers. A

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