Recueil complet des lois, n
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cet effet, le roi de Prusse envoya à Saint-Pélersbourg, en 1771, son frère le prince Henri, qui, dans des entretiens particuliers avec Timpératrice, exposa les grands avantages du plan proposé.
La solution définitive de cette question dépendait de l'opinion qui prévaudrait à la cour de Vienne. L'impératrice-reine Marie-Thérèse était personnellement contraire au partage de la Pologne; mais le prince de Kaunitz, qui dirigeait la politique autrichienne, et le jeune empereur d'Allemagne, Joseph II, trouvaient ce partage très avantageux pour l'Autriche. Us étaient fort inquiets de Tidëe que le cabinet de Vienne pût demeurer en dehors de raccord déjà conclu à ce sujet entre la Russie et la Prusse. Aussi bien lorsque, & la fin de l'année 1771, le gouvernement autrichien fut mis exactement au courant du projet, son consentement ne se fit pas attendre longtemps. Au commencement de 1772, l'entente fut complète entre les trois gouvernements, et le premier partage de la Pologne fut décidé ^
L'accord obtenu à ce sujet eut pour conséquence que la cour de Vienne ne s'opposa plus aux propositions de paix faites par Catherine à la Turquie. Elles servirent de point de départ au traité de Koutchouk-Katnardji^ conclu en 1774, et qui consacra pour la Russie, dans la péninsule du Balkan, ce rôle prépondérant qu'elle conserva jusqu'à là paix de Paris en 1856 ^
1. Voir mon Recueil de traité», t. II, n*» 30, 31, 32, 33, 34, M, 43. 18, 49, 60, 51, 52.
2. Recueil complet des lois, n» 14146. — De Martens, Recueil des traités, l. II, n^ 286.
La guerre heureuse faite à la Turquie et le succès du partage de la Pologne accrurent Timpor tance de la Russie au point que Pétersbourg devint le centre où s*enirecroisaient les fils des négociations diplomatiques concert nant les affaires les plus importantes de TEurope. Notamment les grandes puissances allemandes, qui luttaient pour la suprématie dans Tempire germanique, furent obligées de briguer la faveur de Catherine II. Le rôle influent de rimpératrice russe fut mis en évidence en 1778, & Toccasion du désaccord qui éclata entre l'Autriche et la Prusse, par rapport à la succession bavaroise. L'Autriche avait réussi à conclure avec Théritier du défunt électeur de Bavière, l'électeur palatin Gharles*Théodore, une convention par laquelle ce dernier lui cédait une partie considérable delà Bavière. Peu de temps après, les armées autri* chiennes occupèrent les territoires cédés et s'y établirent comme en pays conquis. Frédéric II résolut de ne pas tolérer cette augmentation de puissance. Les pourparlers avec TAutriche n'ayant conduit à aucun résultat, il mit ses troupes en mouvement, et, en 1778, une armée prussienne de cent mille hommes se dirigeasurKœniggrsetz,oii les Autrichiens s'étaient forti^és. Cependant la guerre n'éclata pas, grâce à Tintervention de la Russie, dont la Prusse ell'Autriche avaient invoqué la médiation. L'Autriche, en considération de son alliance avec la France pria aussi celte dernière puissance d'intervenir.
Catherine II apaisa la querelle. Sur sa proposition on réunit, en 1779, à Teschen, un congrès qui élabora divers traités internationaux ^ D'après le traité principal, TAu-