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S. Archives du ministère des affaires étrangères de jRiMfte.

ÉTATS RÉGIS PAR LE DROtT INTERNATIONAL 433

d'êtres humains pour les vendre comme esclaves. Afin de réprimer les incursions des tribus barbares qui menacent ses frontières dans ces régions, la Russie est obligée de faire périodiquement des expéditions militaires dans la steppe et de conquérir des populations étrangères. Dans les traités de paix conclus par elle avec les khanats asiatiques de Khiva et de Boukhara dont elle a fait la conquête en 1873, il existe des articles qui obligent ces États à affranchir les esclaves et à faire cesser Tesclavage ^ La dernière campagne du général Skobéleff contre les Turcomans a eu aussi pour résultat, outre l'affranchissèment de quelques milliers d'esclaves, l'engagement pris par les vaincus de ne plus s'emparer de sujets russes et de ne plus les vendre.

6. — Abolition de la traite des nègres. — Ce n'est pas ici le lieu de refaire l'histoire, extrêmement curieuse, de la traite des nègres, depuis son origine jusqu'au jour où son extension provoqua enfin, dans les divers États, dés mesures destinées à la faire disparaître. Nous nous bornerons à indiquer les traits les plus marquants de celte histoire *.

La traite commença en 1443, lorsque les Portugais

1. L'article 17 da trait? conclu avec Boukhara dit: « Pour complaire & TEoipereur de toutes les Russies, et pour la plus grand» gloire de Sa Majesté Impériale^ le sérénissime émir Seid-Mouzefar a décidé ce qui suit: à partir de ce jour, est défendu à tout jamais, dans toute l'étendue du territoire de Boukhara, le honteux commerce des hommes qui est contraire aux lois de l'humanité. » L'article 17 du traité conclu avec Kbiva contient les mêmes dispositions.

2. Voir Leone Levi, History of Britisch commerce, l872, p. 36, 195.

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échangèrent pour la première fois des Maures, dont ils s*étaient emparés, contre des nègres qui étaient plus forts et mieux faits pour les travaux des colonies. Le gonvemement anglais reconnut prompte ment les grands avantages que l'on pouvait tirer de cette nouvelle force. Pendant plusieurs siècles il lâcha de concentrer dans ses mains le commerce des noirs. Enfin le traité dTlrecht (en 1713) lui accorda le monopole de Texportation des nègres dans les colonies espagnoles d'Amérique ; mais à la fin du siècle dernier, ce rôle humiliant provoqua les énergiques protestations de Topinion publique anglaise. Grftce à l'agitation soulevée à ce sujet par des hommes aussi remarquables que Clarkson, Wilberforce, William Pitt, Fox, etc., le gouvernement anglais dut consentir non seulement à abolir la traite dans ses colonies, mais à faire tous ses efTorts pour obtenir que les autres puissances la fissent cesser également.

Agissant conformément au désir de la nation anglaise, le cabinet de Londres, soutenu par la France, insista, au congrès de Vienne, pour obtenir des huit puissances rengagement, de prendre des mesures générales, «r en vue de la destruction complète et définitive d*un mal qui avait pendant si longtemps désolé l'Afrique, abaissé VEurope et attristé l'humanité ^ » Le plénipotentiaire anglais, lord (]astlereagh, proposait surtout trois mesures, particulièrement efficaces selon lui, pour détruire l'esclavage : r rengagement pris par les puissances de ne pas laisser introduire chez elles les denrées coloniales venant des pays où

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