ENRicmssANTE, quoiqu'cn disent les physiocra
(1) Octave Noël, Histoire du Commerce du Monde, t. III, p. Ouvrage couronné par l'Académie des Sciences Morales et Politiques et par l'Académie Française. (Pion, 1906). On y trouvera
tes, qui prétendent que l'échange ne peut rien faire gagner à personne, sous prétexte que l'échange, s'il est équitable, suppose l'équivalence des valeurs échangées, et implique par conséquent qu'il n'y a ni gain ni perte d'aucun côté. Raisonnement sophistique. Si chacun, en effet, reçoit en valeur d'échange, l'équivalent de ce qu'il donne, la valeur d'utilité subjective est différente. D'ailleurs si l'échange supposait toujours un dupe, on comprendrait difficilement pourquoi les hommes ont depuis des siècles fait du commerce.
2. — Civilisatrice est encore son influence : car grâce au commerce (1) le travail humain est mieux divisé, rendu dès lors plus facile et mieux adapté aux aptitudes de chacun, l'homme est davantage libéré des servitudes de la matière, est rapproché de son semblable, et ainsi se réalisent plusieurs des conditions de la ciTilisation.
3. — Cette influence peut néanmoins être occasionnellement DANGEREUSE.
Tel est le cas, quand île commerce donne lieu aux abus de la spéculation, à l'exploitation du prochain, à la méconnaissance du devoir social du commerçant.
La PREUVE nous en est fournie par l'histoire :
a) V histoire du passé :
celle de la fin du Moyen- Age (2) nous montre à côté
ces vues d'ensemble si utiles à qui veut pénétrer la portée des faits économiques, et dont les écrits de praticiens font souvent — bien à tort, croyons-nous — si peu de cas.
(1) ViALATOux, Les données actuelles et la solution catholique du problème de la civilisation, et aussi : L'idée de civilisation dans la philosophie de S. Thomas d'Aquin. Chronique sociale, et à la Semaine sociale de Caen : L'idée de civilisation et les courants modernes de l^Opinion.
{2) Janssen, Histoire de l'Allemagne à la fin du Moyen-Age, chap. III ; Noël, Histoire générale du commerce, t. II et aussi t. UI 1. I. chap. I.
d'un merveilleux développement du commerce, et en relation avec lui, la décadence des mœurs ; celle de la fin de V ancien régime, fait déjà entrevoir dans la perturbation du mouvement circulatoire des valeurs, causée par un commerce trop exclusivement orienté vers l'enrichissement de quelques individus ou d'un Etat, l'ascension sociale de cette ploutocratie, dont les révolutions politiques du xix^ siècle feront la fortune.
b) V histoire du présent :
elle présente à l'observateur attentif, entre beaucoup d'autres, deux sujets de graves réflexions : d'abord le fait d'une sorte de volatilisation progressive de la propriété, conséquence de la tendance à faire de tout un objet de commerce ; ensuite, le fait du parasitisme social, que constitue le nombre exagéré des marchands (1).
Aujourd'hui la ploutocratie a sans cesse à la bouche le mot de droits de la propriété et compte parmi ceux-ci le droit à la considération, comme si la propriété des choses avait jamais entraîné des droits sur les hommes mais non des devoirs envers eux. Prêteur, agioteur, fournisseur, le financier, qui jadis s'engraissait surtout des deniers publics, ne demande plus guère aujourd'hui à l'Etat que de protéger son industrie qui s'exerce sur les particuliers ; il croit vraiment que c'est la mission du Pouvotir, plutôt que de lui faire rendre gorge, comme au siècle dernier.... La ploutocratie lorsqu'elle a pris son assiette, exerce un grand attrait sur l'aristocratie désœuvrée, qui vient peu à peu s'y fondre ou se ruine à ne pas vouloir lui céder en décor. Alors arrive dans l'Etat le tour de la démocratie, qui ne trouvant au sommet de la société personne qui y tienne sa place, l'envahit par de nouvelles couches, qui pillent et détruisent la richesse sans pouvoir l'acquérir ni surtout la fixer.
(1) DE LA Tour du Pin, Aphorismes de Politique sociale, p. 39.
Du fait social qu'est le commerce, il importe donc, si l'on veut en pénétrer la nature et la portée, de compléter la constatation que nous venons de faire par un bref rappel du droit, qu'il implique.
Voyons donc ce qu'est le commerce.
IT. — Comme droit.
Celui qui fait acte de commerce, exerce de lui-même ou par une sorte de délégation, le droit de propriété sur la chose qu'il met à la portée de qui veut l'acquérir et auquel, éventuellement, il la vendra. Le commerce paraît donc être l'expression d'un droit personnel. Cependant, à en croire certains auteurs du xviii® siècle, il serait l'expression d'un droit national. De là les restrictions et réglementations que les Etats apportent au commerce de leurs sujets spécialement avec les étrangers. De là un protectionisme érigé en principe.
En réalité le droit de faire du commerce est :
l*' Un droit personnel, que celui qui en est le sujet, peut exercer librement, sauf concurrenôe d'un autre droit qu'il lui faille respecter.
2'' Ce droit personnel, en raison de l'influence qu'ii a sur les conditions d'existence d'une nation, peut être, dans certains cas, et en vue du Bien commun, réglementé par les Etats, à condition toutefois qu'ils agissent ainsi non en tant que propriétaires, mais en tant que gouvernants.
C'est ainsi que les Etats pourront, pour protéger leurs sujets, arrêter à leurs frontières certaines marchandises. Mais ils ne pourront pas exclure du territoire, qui n'est pas le leur, un commerce rival, sauf naturellement cas d'entente, ce qui se fait par la voie des traités de comm.erce ou par l'effet de combinaisons de tarifs.
Si un droit personnel peut ainsi être limité, acciden-
tellement, par une autorité responsable du bien commun, c'est que ce droit relève, comme tout droit, de la morale. Il convient donc de compléter les considérations précédentes par l'état du commerce en usage.
m. — Comme acte moral.
Ce n'est pas à l'opinion courante, qu'il faut, évidemment, demander où est la moralité du commerce. Elle ne connaît guère sur ce point que la règle suivante : acheter le meilleur marché possible et vendre le plus cher possible. Et elle interprète cette règle avec une remarquable absence de morale. De là de faciles indulgences pour tant de contrats frauduleux, l'adulation dont on entoure les grands hommes de la bourse, les prouesses d'une spéculation parfois gigantesque, que justifie d'ordinaire la grande presse. De là, dans le monde moderne des affaires, comme une hypocrisie de la probité (1).
C'est aux interprêtes autorisés du droit naturel de nous dire ce qu'est le commerce, comme mte moral.
Voici l'enseignement de Saint Thomas d'Aquin :
(( Le propre du commerce est de s'appliquer aux échanges. Or dit le philosophe, au P"" livre de sa Politique, c. I. V. VI, il y a deux sortes d'échanges : l'une est comme naturelle et nécessaire, c'est l'échange soit en nature soit en argent, commandée par les nécessités de la vie ; mais un tel échange n'est pas le fait des comimerçants, talis cornmutatio non proprie pertinet ad negotiatores, il est plutôt celui des chefs privés et publics, qui ont à pourvoir leur maison ou leur cité des choses indispensables à la vie. L'échange de la seconde espèce est celui d'une monnaie pour une autre ou d'objets quelconques pour de la monnaie, opéré non à cause des nécessités de la vie, mais en vue
(1) Weiss, Institutions de Sociologie, I, chsp. V. La Situation du monde, p. 118.
du lucre : propter lacnim quœrendum. Ce dernier échange est celui qui est regardé comme constituant proprement le commerce, d'après le philosophe (comme il a été dit plus haut, c. VI.)
La première sorte d'échange est louable, puisqu'elle sert à une nécessité de la nature.
La seconde est justement blâmée : juste vituperatur, parce que de lui-même il sert à la convoitise du lucre, laquelle ignore la limite et tend à l'infini. C'est pourquoi le commerce, considéré en lui-mêmci a un certain caractère honteux : quamdam tiirpitudinem habet, comme n'impliquant pas en soi une fin honnête et nécessaire : in quantum non importât de sui ratione finem honestum et necessarium. Toutefois si le lucre, qui est le but du commerce n'implique pas intrinsèquement quelque chose d'honnête et de nécessaire, il n'implique non plus rien de vicieux et de contraire à la vertu. Dès lors rien n'empêche que le lucre soit rattaché à quelque fin nécessaire ou même simplement honnête, et ainsi le commerce sera rendu licite. Par exemple quand un homme recherchant dans le commerce un lucre modéré, le rattache à l'entretien de sa maison ou encore à l'assistance des indigents, quand il se livre au commerce en vue de l'utilité publique proper utilitatem publicam, afin que les choses nécessaires à l'existence ne manquent pas au pays, ne scilicet res necessariae ad vitam patriae desint, alors le lucre au lieu d'être visé comme une fin, est seulement la rénumération d'un travail, et lucrum, expetit non quasi finem. sed quasi stipendium laboris (i).
Il ne serait point difficile de grouper autour de ce texte b du Docteur Angélique de nombreux témoignages, qui nous montreraient que telle fut bien la pensée des théologiens catholiques du Moyen-Age. Plusieurs d'entre eux paraissent plus rigoureux encore dans leurs appréciations. Tel Jean Gerson, aux yeux de qui le profit du
(1) S. Thomas, II, II, qu. LXXVII, a. 4 in c.
commerçant semble ordinairement suspect (1). Saint Augustin avait eu plus de finesse. Il estime qu'il est naturel à l'homme de chercher son" intérêt. Et en un de ses ouvrages les plus graves, ^ dans son traité De Trinitate (2) — il raconte, à ce propos, la farce d'un mime qui promit de révéler à tous ceux qui viendraient au théâtre une pensée secrète de leurs cœurs, laquelle, à leur insu, leur serait commune à tous. Au jour m;arqué, la multitude de remplir les gradins. Elle attend avec curiosité, écoute de toutes ses oreilles, et le comédien dit alors : vili vultis emere et caro vendere... au fond, vous tous, tant que vous êtes, vous désirez acheter bon marché et vendre cher. Et tous, ajoiute Saint Augustin s'y
fl) Gerson, Vendere rem carius quam empta est, si notabilis sil excessus in lucro, omnibus miseriis peflculis et industriis hinc inde compensatis, est regulariter de se malum, et pejus est si propter indigentiam proximi hoc fiât.
Pour situer la pensée théologique du Moyen-Age, il comdent de se rappeler ce que nous disent les historiens du commerce à cette époque et de ses mœurs. On consultera donc utilement outre l'ouvrage déjà cité de Noël, — Janssen, L'Allemagne à la fin du Moyen-Age, ch. III le Commerce et le capital, p. 345, seq. (Pion 1887). « Depuis que le commerce a pris un accroissement si vaste, dit un sermon du temps, depuis que les grandes compagnies produisent un enrichissement général, tout ce dont le pauvre homme a besoin pour se nourrir et se vêtir devient d'un prix si élevéi, qu'il ne pourra bientôt plus que très difficilement se procurer les moyens de vivre. Si les temps ne changent, de grands troubles, et de déplorables révoltes sont à redouter ! » De l'argent, de l'argent, crient les seigneurs, et plus le commerce et l'usure leur en apportent, plus ils crient : De l'argent, de l'argent, car l'argent fait l'honnne. Et si quelqu'un les reprend et leur dit : « Tu es un usurier, tu extorques le bien du peuple, In colère de Dieu et des hommes s'appesantira sur ta tête, et tu perdras ton âme », ils regardent un tel donneur d'avis, comme un niais, vu de mauvais œil et détesté. Ils méprisent l'Eglise et ses commandements leurs sont devenus à charge, per ce qu'ils s'opposent à leurs désirs. » Op. cit. p. 388. Ainsi parlait-on dans les chaires chrétiennes aux environs de 1515. Voir aussi les Apologues do saint Bernardin de Sienne. (Perrin, 1922.)
(2) S. Augustin, De Trinitate, e. xiii, c. m.
reconnurent : in quo dicto levissimi scenici omnes tanien conscientias invenerunl suas. La Cité de Dieu n'exige pas, d'après Saint Augustin, que tous les hommes renoncent à toute poursuite de leurs intérêts. Elle veut seulement qu'ils subordonnent ceux-ci à la loi morale :
Voici un commerçant qui s'avance et dit : « J'ai apporté ces marchandises d'im endroit éloigné jusqu'en ce lieu, où on n'en avait pas de semblables. Je veux comme salaire de mon travail les vendre plus cher que je ne les ai achetées : tamquam mercedem laboris mei peto ut carius vendam quarn emerim. Il faut bien que je vive de mon travail, car il est écrit : dignus est operarius mercede sua. » Saint Augustin ne critique point ce raisonnement. Il critique seulement les procédés dont on se sert parfois pour majorer les prix. Il ne veut ni faux serments ni mensongeis, mais l'esprit de justice. Quant à la recherche d'un légitime profit, comment la condamner ? Je pourrais dire, poursuit l'interlocuteur d'Augustin : J'ai acheté cette marchandise tant et la revend tant, si cela vous plaît, achetez. Possem enim dicere tanto emi sed tanto vendam : si placet, eme. — Fort bien, réplique Augustin, non sans quelque ironie, les acheteurs vont accourir, tous ceux du moins qui aimeront ta bonne foi plus encore que ta marchandise : omnes accurrerent, qui plus fidem quam merccni diligerent (i).
C'est à Saint Augustin et à Saint Thomas que se rattachent, avec un grand sens des réalités et de la mesure, les moralistes tels qu'un de Lugo (2). Si nous les citons cependant, ce n'est point, en tant qu'autorités de la théologie morale, mais comme interprètes du Droit naturel — de c€ droit, dont Platon et Aristote paraissent s'être fait ici une conception déjà remarquable. Ce qui
(1) vS. Augustin, Enarrat, in Ps. LXX, sermo, L.
(2) Lugo, De JustUia, disp. XXVI, sect. III, Certum est negoclaiionem proprie acceptam non esse inirinsece malam, sed indiUcrentem.
caractérise en effet la conception rationnelle du commerce, qu'après ces philosophes ont développée les soolastiques (1), c'est qu'elle n'admet pas la subordination de l'activité commerciale à la recherche exclusive de l'intérêt personnel. M. René Gonnard l'a fort bien noté dans son histoire des doctrines économiques :
L'homme doit travailler pour vivre, iil ne doit pas s'absorber dans la poursuite du gain. Le lucre indéfini est mauvais. La concurrence sans frein est mauvaise. Nul ne doit abuser des avantages que lui confère la conjoncture économique. Les intérêts de tous doivent être équilibrés et ménagés. Le producteur ne doit pas chercher à profiter sans limites des besoins du consommateur ou vice- versa. Tout homme doit pouvoir vivre en travaillant convenienter ; nul ne doit pouvoir réaliser d'excessifs profits. Il y a un juste prix des choses, un juste salaire du travail. I^s scolastiques s'évertuent à déterminer une règle de répartition ; les règlements corporatifs s'appliquent à organiser la production dans des conditions excluant l'écrasement ou l'exploitation des uns par les autres. La tâche est rude : il s'agit de moraliser V intérêt personnel, d'enchaîner l'esprit de lucre, d'organiser un système de contrepoids équilibrant les forces opposées du patron et du salarié, du maître et du compagnon, de l'acheteur et du vendeur, de l'agriculteur et du bourgeois. La loi, la coutume, la corporation s'y emploient : Par tâtonnements on approche du but. Cette économie n'est pas individualiste. Elle n'est nas non plus socialiste. L'individu n'y a pas ses coudées franches. Il est limité dans son action, dans son initiative, dans ses gains... Mais rien de socialiste non plus dans cette doetrine qui pose largement et sereinement le principe de
(1) H. Pesch, National Economie, t. V, 3., Kap IIL n. 10. Handel und Moral. Voir aussi Ed. Schreiber : Die volkswirschaitlichen Anschauungen der Scholastiker seit Thomas von Aquin (Beitrage zur Geschihte des Nat. Œ) Herausgegeben von Diehl,
légitimité de la propriété privée, de l'inégalité des conditions et du respect des contrats. L'économie médiévale est une combinaison de croyances morales et d'empirisme. Ce qu'elle met au premier plan ce n'est ni l'individu, ni l'Etat, c'est la famille, la corporation, le métier, la classe. C'est aussi l'espèce humaine, comme l'a bien souligné M. Hauriou dans une récente étude (Correspondant, 25 sept. 1918), l'espèce humaine fortement conçue dans son unité formant un corps mystique dont le Christ est la tête (i).
Or, une règle de droit, dont la conformité avec l'ordre moral s'impose à la raison, est, nous l'avons vu, en étudiant les Principes (2), une règle universelle et absolue.
Si éloignées que soient donc des conditions économiques du Moyen-Age les conditions des temps modernes, ce qui appartient à l'essence du commerce considéré comme un acte moral, ne saurait se modifier. Aux individus €t aux collectivités de s'inspirer, pour en faire les applications concrètes que comporte leur milieu cultuel, de la règle éternelle du Droit :
Aux iNDivmus de s'en inspirer, en se rappelant qu'ils doivent observer la justice commutative dians leurs échanges et la charité dans leurs rapports, qu'ils doivent aussi, sous peine de renverser la hiérarchie des valeurs humaines, subordonner la recherche du gain au but véritable de la vie. Ce qui nous ramène à la conclusion de Saint Thomas : negoàari propter res necessnrias vitae conseqnendas omnibus licei, propter lucriim vero, nisi id sit ordinatum ad aliqneni honestum finem, negociari ex se turpe.
(1) GoNNARD, Histoire des Doctrines économiques, t. I, ch. II," p. 52.
(2) Traité de Droit naturel, t. I, ch. II, p. 110 (édit. Spes, 1923)
Aux COLLECTIVITÉS de s'en inspirer, en faisant pénétrer dans r opinion publique cette conception des biens économiques et de leur finalité, devoir d'autant plus rigoureux que l'on aura davantage d'influence sur la société dont on est le membre, soit par l'enseignement social que l'on propage, soit par les associations professionnelles que l'on organise, soit encore, si l'on est en mesure de le faire utilement, par les législations opportunes que l'on provoque et les initiatives d'ordre public que l'on prend.
Conclusion
De cette étude du commerce considéré en soi, il résulte, déjà, que les bénéfices commerciaux pour être légitimes, ne sauraient obéir à la seule et unique loi de l'intérêt personnel. Ils doivent être réglés par les principes du Droit naturel, s'il est vrai qu'ils relèvent de la morale. Nous avons donc à rechercher ce qu'exigent ces principes. Mais pour mieux comprendre ce que pourrait être alors le commerce, il n'est pas inutile de considérer avec attention ce qu'il est de fait devenu sous l'influence de doctrines étrangères au Droit naturel.