SUCCESSION EST LIMITE PAR DEUX PRINCIPES : CELUI DE
l'unité SOCIALE qu'il consacre, et celui de la continuité SOCIALE qu'il assure.
Quant au fondement du droit de tester, il sera marqué par la considération de la personne humaine.
Cette personne humaine quand elle possède, a le droit de disposer de sa propriété et peut, par conséquent, sauf préjudice aux droits d' autrui, l'aliéner et apposer à cette aliénation, la condition de la mort.
Car s'il ne pouvait pas. poser cette condition, il ne pourrait pas vouloir disposer librement de son bien, et il n'aurait donc pas véritablement le droit de propriété.
(1) Taparelli, op. cit., n. 783.
Objectera-t-on, que toute aliénation suppose une acceptation, et que toute acceptation supposant la connaissance de l'objet à accepter, il faut dire que l'aliénation par testament est viciée par un défaut essentiel ? Car la connaissance des dispositions testamentaires n'existe pas d'ordinaire. Et existât-elle, elle pourrait créer un double dommage au testateur : celui de mécontenter ceux dont il ne satisfait pas les désirs et celui d'exciter prématurément chez les légataires l'impatience d'occuper leur héritage.
Avec Taparelli, nous répondrons (1) :
Oui, sans doute l'aliénation faite par testament reste imparfaite, au point de vue de la forme juridique, si on la considère en soi.
Mais l'homme est un être social, et il appartient à la société dont il est membre de sauvegarder ses .droits naturels et d'en faciliter l'exercice. Pour remplir ce devoir de protection sociale, la société a le droit de donner de la force à des actes qui, en soi, resteraient imparfaits. En authentiquant les dernières volontés d'un défunt, en rectifiant son testament, par les ditapo*siitions soit de la coutume, soit de quelque loi positive, elle ne crée pas un droit, elle le reconnaît et le sanctionne en vue du bien commun.
Ainsi, le droit testamentaire pourra être limité et par les droits d'un tiers et par ceux de VEtat, pour autant que ces derniers sont eux-mêmes fondés sur les exigences du Bien commun, lequel est incompatible avec la négation de la famille, et celle de son droit naturel (2).