L'AUTOmTÉ DE l'église
= celle de Pie X, écrivant au Délégué apostolique de Washington sa lettre du 11 juin 1911, destinée à être
communiquée au prédécesseur de Wilson, le président Taft :
(( Promouvoir la concorde des esprits, refréner les tendances belliqueuses, éloigner les périls de la guerre et réduire les soucis de cette paix que l'on a coutume d'appeler « la paix armée », c'est un très noble dessein, et tout ce qui est fait à cette fin, même si n'est pas atteint tout de suite le but visé, constitue cependant un noble effort qui tourne à la louange de qui l'accomplit et au bien de la chose publique. »
= celle de Léon XÏII, écrivant son Encyclique Ptwclara gratulationis, du 20 juin 1894 :
« Un effort de réunion entre les nations serait chose bien désirable... Nous avons sous les yeux la situation de l'Europe... La jeunesse robuste, ravie aux travaux des champs, aux nobles études, au commerce, aux arts, est vouée pour de longues années au métier des armes. De là d'énormes dépenses et l'épuisement du trésor public, de là encore une atteinte fatale portée à la richess des nations comme à la fortune privée, et on en est au point que l'on ne peut plus porter les charges de cette paix armée. Serait-ce donc l'état naturel de la société humaine ? Or, impossible de sortir de cette crise et d'entrer dans une ère de paix véritable, si ce n'est par l'intervention bienfaisante de Jésus-Christ. Car à réprimer l'ambition, la convoitise, l'esprit de rivalité, ce triple foyer où s'allume d'ordinaire la guerre, rien ne sert mieux que les vertus chrétiennes, et surtout la justice. »
Paroles qui ne font que nous renvoyer l'écho de la TRADiTON CATHOLIQUE, et notamment de l'enseignement des Pontifes romains, qui — ainsi que le rappelle Pie X dans la lettre citée plus haut — « se montrèrent, à ce titre encore, bien méritants de la civilisation des peuples et de la solidarité des empires ».
S'il est donc vrai que Tidée de Société des nations
comporte, sinon exclusivement, du moins essentiellement, celle d'une organisation internationale fondée sur le droit, garantie par une institution d'arbitrage et des sanctions économiques, et s' opposant au moins en principe, mais avec une sincérité dont la suppression du système de la paix armée serait le gage tangible, à la solution snnghmte des conflits, il faut dire que cette idée est une idée catholique.
Elle est consacrée par V autorité de l'Eglise.
Elle l'est aussi par la raison humaine.