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Le progrès indéfini

Nous pouvons attendre tranquillement que ces assertions soient démontrées et juger fort prétentieuse la tâche que se donnent nombre de primaires de les vulgariser.

2° Considéré en lui-même, le système est incohérent dans ses explications.

1. Il s'agit d'expliquer l'intériorité du principe de la moralité.

Or il fait dépendre celle-ci d'injonctions sociales!

2. Il s'agit d'expliquer Vopposition qui parfois s'accuse entre la conscience et les lois positives (se rappeler Antigone).

Or il prétend expliquer la conscience par le dressage!

3. Il s'agit d'expliquer le dévouement, le don de soi. Or il ne parle que de l'attrait du risque (voir Guyau). « Se déterminer à mourir avec connaissance et par raison

malgré toute la disposition du corps qui s'oppose à ce dessein, marque un principe supérieur au corps (1) ».

30 Conduit, jusqu'à ses Conséquences, il légitime le suicide, condamne la charité, exalte la force dont il fait la créatrice du droit (2).

Aussi dans le style révolutionnaire des tenants de ce système, sont appelés saints tous les forts....

Or ces conséquences sont aussi nettement contraires au christianisme qu'à la raison.

Les Évolutionnistes nous demandent un acte de foi en des dogmes indémontrés et nous entraînent aux pires négations.

« C'est par de tels procédés, dit Gratry que les sophistes, ces dangereux farceurs de la pensée, en amusant de leurs paradoxes grossiers la foule des penseurs ignorants, répandent dans l'esprit des peuples les semences de l'erreur, de l'athéisme, du désespoir, du crime et travaillent à la ruine intérieure des âmes et à la ruine des sociétés (3) ».

(1) BossuET, Connaissance de Dieu et de soi-même, ch. iv, 9.

(2) Trèsà propos,FoNSEGRiVES : « S'il est vrai, comme le dit l'évolutionnisme qu'il y ait moins de distance entre un singe et un Papou qu'entre un Papou et Newton, il faut bien avouer que reconnaître au Papou le droit de mettre le singe en cage et de le manger, c'est par là-même et à plus forte raison, reconnaître à Newton le droit de mettre en cagele Papou et même de le manger. » {Éléments de Phil., t. II, p. 451.)

(3) Gratry, Logique, t. I, p. 258.

IIO

2. — N'étant pas variable, il faut donc que la raison intrinsèque du bien honnête soit absolue.

Nous raffirmons. Et le sens de notre assertion est celui-ci: La raison intrinsèque de la moralité est absolue en ce sens que la convenance dont l'intelligence humaine perçoit la vérité dans un acte et qui lui présente cet acte comme honnête, n'est qu'un reflet de la vérité qu'y contemple éternellement l'intelligence de Dieu.

Ainsi un acte est moralement bon, quand il est conforme à la raison humaine; il est conforme à la raison humaine, quand il est conforme, pour parler en langage de l'Ecole, à l'intelligence divine, et il est conforme à l'intelligence divine, quand il reproduit quelque perfection de l'Essence divine.

La preuve de cette assertion est fournie par I'analyse

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