‹ Traité de droit naturelChapitre 52 sur 66 · II. — Les lois positives · texte numérisé non relu

II. — Les lois positives

L — Idée générale de leur nature.

Philosophiquement une loi positive se distingue de la loi naturelle en ceci qu'elle tire son origine immédiate non d'une volonté nécessaire de Dieu, mais de la libre ordination de celui qui a le soin d'une communauté. Elle a donc cela de propre, que sa promulgation suppose non pas simplement la connaissance a priori de son contenu, mais sa manifestation par une parole ou un écrit du législateur.

Il peut se faire évidemment qu'une loi naturelle soit aussi positive. Plus souvent encore la loi positive ajoute à la loi naturelle non une matière, mais simplement une plus claire promulgation, une plus exacte détermination, une plus expresse sanction.

Cette accession de la loi positive à la loi naturelle est

(1) De Decker : Philosophie morale, § 95.

nécessaire à l'homme en tant qu'être social; et cela non seulement à cause du péché originel mais à cause de sa nature (1).

C'est qu'en effet, toute loi positive doit pouvoir se rencontrer avec la loi naturelle dans la notion commune de la loi, et être une ordination de la raison en vue du bien commun.

Or elle ne le peut, que si elle participe en quelque manière, et par son essence même, à ce qui constitue la forme de la loi naturelle.

Principe évident dont la sagesse antique, mais surtout la philosophie chrétienne ont déduit les conditions précises, grâce auxquelles une loi positive a un caractère obligatoire.

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