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PERFECTION

Entendons, ce qui dans la réalité concrète qu'il désire, achève, par son union avec lui, son être personnel, ce qui le complète, le pose pour ainsi dire, pleinement en luimême; nous appellerons cet élément, I'élément intrinsèque ET constitutif du Souverain Bien.

Nous ne pouvons pas en effet penser à un bien qui soit souverain sans penser que pour l'homme dont il est le bien, il sera nécessairement Perfection, et perfection finale. Aussi Aristote fait-il dériver le concept du parfait xéXeiov du concept de fin xèXo; (1).

D'où il suit que pour déterminer plus exactement l'essence de ce Souverain Bien, il suffit de savoir ce qu'est la nature de l'homme, ce qu'est sa réaUsation, son acte, èvépYEi», en vertu de ce principe général que chaque être trouve son bien dans la disposition convenable à sa nature : Ixaaxov o'é'v xaxcx ty)v o'jxeiav àzcTciAsîxai.

Or la nature de l'homme est celle d'un être raisonnable, c'est-à-dire quoique liée à un corps et dépendante de multiples conditions matérielles, elle est avant tout spirituelle : le corps étant par et pour l'âme et non l'âme par et pour le corps.

Mineure, donnée par la psychologie.

Donc le Souverain Bien, qui est pour l'homme sa perfection, ne peut être avant tout qu'un bien intellectuel,

(1) Aristote, Mélaphys., IV, c. 16.

c'est-à-dire un bien convenable à son âme, accessible non pas seulement aux sensations, mais à la raison, mieux encore à cette intelligence, dont la faculté spécifie la nature humaine, en sorte que pour rencontrer le Souverain Bien, il faudra, qu'il s'agisse des individus ou des peuples, pousser cette nature vers le terme où elle tend, la pousser à bout, en pleinement réaliser les virtualités spirituelles, en épanouir complètement les ressources, en combler les appels toutes les fois que ceux-ci, au lieu de contredire la tendance naturelle de l'homme, répondent aux exigences de l'ordre, reconnues par sa raison (1).

B) Mais en même temps que le Souverain Bien est pour l'homme sa perfection, il est aussi, par une conséquence nécessaire, sa béatitude :

C'est-à-dire qu'en achevant la nature humaine, le souverain bien ne peut pas ne pas lui procurer un repos, une jouissance, un bonheur qui, parcequ'ilestlebonheurtrouvé dans le terme final est complet, mérite dès lors d'être appelé le bonheur par excellence ou la Béatitude. Celle-ci est donc un bien dérivé du premier, dépendant de lui, attaché, pour ainsi dire, à sa substance, à la manière d'un accident propre, c'est pourquoi nous appellerons ce second élément du Souverain Bien : I'élément extrinsèque et

COMPLÉTIF DU SOUVERAIN BlEN.

Et de fait, le plaisir, qui est essentiel à la Béatitude, encore qu'il soit un. bien, n'est pas le bien, il n'est pas ce qui perfectionne, mais ce qui suit la perfection acquise. Il en est, selon le mot de Leitniz, le sentiment : « Die Lust ist eine Empfmdung einer Vollkommenheit oder Vortrefïlichkeit (2). »

(1) Sertillanges, Saint-Thomas, t. II, p. 292.

(2) Leitniz, Von der Gliickseligkeit : cité par Ollé-Laprune, Le Prix de la vie, p. 215.

- A4- Nous pourrions dire, donc, que la Béatitude, est le

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