DES DEVOIRS DU SOUVERAIN EN MATIÈRE D ASSOCIATION
L'autorité doit donc respecter l'existence et la liberté d'action des associations, lorsque celles-ci sont honnêtes et non nuisibles à l'État. Seulement, comme les hommes doivent accepter une direction commune efficace relativement à la détermination de leurs devoirs réciproques, ils sont tenus de se soumettre à la volonté du souverain qui interdit telle association comme immorale ou comme nuisible. Mais, d'autre part, cette règle n'est pas absolue. Elle ne s'applique que si le sacrifice de la soumission n'est pas grand, eu égard au bien qu'il produira. Dès lors, quand l'immoraUté ou la nocuité d'une association ne sont pas môme probables, l'interdiction du souverain est nulle : la raison ne voit pas même qu'un certain avantage résultera de la soumission. Cela ne signifie cependant point que si le souverain emploie injustement la force contre une association, celle-ci pourra résister. Alors, par la faute, il est vrai, du souverain, le bien à sauvegarder est beaucoup plus considérable : c'est la paix à maintenir, souvent un scandale à éviter.