‹ Traité de droit naturel théorique et appliquéChapitre 19 sur 127 · PREMIERE PROPOSITION · texte numérisé non relu

PREMIERE PROPOSITION

Quand la conscience ne se prononce pas sur un acte que nous allons poser, il n'est point sous V empire de la loi.

70. J'en ai donné la raison : la conscience est Tunique moyen par lequel les lois régissent nos acles ou nous obligent. Dès lors, si Tacte que nous allons accomplir n'est pas conforme à une loi que notre conscience n'applique pas, notre volonté libre qui va le produire ne se portera cependant pas à rencontre de cette règle ignorée ; il n'est donc pas sous l'empire de la loi. En d'autres termes, la violation ne sera que matérielle, l'acte qui va être posé ne sera pas mauvais ; aucun mal ne sera commis, l'agent ne sera pas coupable.

Mais si l'acte en pareil cas n'est point mauvais en lui-môme, la cause dont il procède peut être coupable. Supposez qu'eu réalité il y ait une loi que vous allez violer, grâce à votre conscience qui se tait ; et ajoutez que votre ignorance n'ait pas toujours été invincible, comme elle est maintenant. Votre conscience actuellement muette, antérieurement vous a prescrit d'apprendre cette règle à laquelle vous allez contrevenir, et vous n'avez point obéi ; votre volonté a résisté. Dès lors elle est allée contre cette loi que la conscience lui présentait ; vous avez donc commis le mal. Ceci m'amène à ma seconde proposition.

Auparavant toutefois, nous ferons une remarque importante. Je n'ai pas dit qu'un acte n'était pas sous l'empire de la loi, quand la conscience ne se prononçait pas à son sujet au point de vue de la loi naturelle; mais bien quand elle restait absolument muette. On comprend, en effet, que l'hypothèse et la solution sont toutes différentes de ce que nous venons de dire, quand la raison statuant

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sur les faits, impose à la volonté une règle non pas naturelle, il est vrai, mais positive : une loi civile, par exemple. Il y a mieux. Nous verrons plus tard que la conscience demeurant silencieuse après un ordre ou une défense reçus d'une autorité humaine, celle-ci, quand elle reste dans la mesure lie ses pouvoirs, peut cependant contraindre à Taction ou k Tabstention réclamées, et punir la désobéissance.

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