‹ Traité de droit naturel théorique et appliquéChapitre 20 sur 127 · DEUXIEME PROPOSITION · texte numérisé non relu

DEUXIEME PROPOSITION

Quand notre conscience nous prescrit ou nous défend un acte, nous devons la suivre

71. En effet, si elle agissait autrement notre volonté se porterait contre la loi.

11 en est ainsi, même lorsque c'est par suite d'erreur que notre conscience parle de la sorte, et môme quand elle enjoint ou prohibe ce qui est en réalité interdit ou commandé; car si la volonté ne se soumet point, elle se porte contre la loi que la raison lui présente. Seulement, il peut arriver que celui qui remplit aujourd'hui un devoir en obéissant à sa conscience erronée, soit cependant coupable, si l'on considère la cause de l'acte obUgatoire ou de l'abstention qu'il va faire ou garder. Voici comment : cette conscience qui prescrit ce qui est défendu ou prohibe ce qui est ordonné, n'a pas toujours été invinciblement erronée , ou bien au contraire, elle l'a toujours été. Dans la première hypothèse, l'agent a autrefois consenti à ne pas suivre la loi, la violation présente a donc pour cause un acte coupable, tandis que dans l'autre cas, il n'y a pas lieu de considérer le fait à une autre date que celle où il se produit matériellement.

Le principe que nous venons de poser est évidemment applicable aux règles positives que la conscience juge obligatoires par application de la loi naturelle. Mais, ce qui

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pai'aîtra peut-être surprenant, c'est qu'une autorité humaine et spécialement le pouvoir civil puisse parfois exiger ce qui est défendu ou interdire ce qui est prescrit à un homme, par sa conscience invinciblement erronée. Nous verrons cependant qu'un souverain a cette faculté, quand il s'agit de faire réparer ou de prévenir un scandale.

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