Pourquoi cela? C'est ce qu'il faut absolument expliquer
soûs peine de ne réfuter ni le rigorisme, ni le tutiorisme mitigé , ni le probabiliorisme , ni Téquiprobabilisme , ni le laxisme. Voici donc mon argument. Notre conscience peut se prononcer dans la première hypothèse pour la liberté, parce qu'elle peut se dire : les actes de Thomme ne sont sous l'empire d'une loi, que si celle-ci est perçue par la raison ; or la raison ne perçoit point une règle qu'elle a des motifs sérieux dé croire inexistante. (Gury-Ballerini, l,N«60,p.56).
La raison, me direz-vous , perçoit la loi comme possible, et cela suffit. Notre conscience ne peut pas permettre , en effet , qu'on s'expose à violer la loi ; elle doit prescrire de suivre le parti le plus sûr.
Non, la raison ne perçoit pas la loi; mais seulement des motifs de croire à l'existence de celle-ci. £n tout cas , cette perception ne doit point compter, parce qu'elle n'est pas efficace. Ne savons-nous pas que la loi n'atteint nos actes que par l'intermédiaire de notre entendement , qu'à a condition, en d'autres termes, de prendre dans notre esprit une existence nouvelle? Or, ce dernier phénomène se produit-il quand notre raison voit de sérieux motifs en faveur de l'inexistence de toute loi relative à l'acte objet du doute ? Notre esprit parle-t-il alors en législateur? Non certes: le législateur a pu balancer; mais quand il promulgue sa loi , il n'hésite plus entre la permission et la défense, entre la faculté et le commandement. Donc si notre raison perçoit la loi , du moins ce n'est pas efficacement , et elle est en droit de dire ; l'acte objet de mes doutes auxquels succède une certitude réflexe, n'est pas sous l'empire de la loi : il est permis , il est facultatif. Cette démonstration réfute , si je ne m'abuse , le rigorisme , le tutiorisme mitigé, le probabiliorisme , et l'équiprobabilisme.