DE LA CONSCIENCE
pas dans le laxisme ? Dès qu'U y aura un doute , si léger soit-il , en faveur de la liberté , le même argument sera possible : la raison ne perçoit que des motifs de croire à Texislence de la loi , elle ne parle pas ici comme un législateur, elle hésite.
Je réponds : lorsque l'inexistence de la loi qui peut-être défend ou commande, ne paraît pas sérieusement probable, la conscience éclairée ne raisonne plus comme nous avons fait. Elle sait qu'elle n*a pltis à hésiter quand elle n'a pour s'affranchir que des probabilités vaines, et dès lors elle ne perçoit pas seulement des motifs de croire à l'existence de la loi , mais la règle elle-même ; elle la reproduit , elle parle comme un législateur. Toutefois est-il vrai que la conscience n'a plus à hésiter quand elle n'a pour s'affiranchir que des probabilités vaines? Oui, pai'ce que l'homme auquel il est si souvent impossible d'arriver à une conviction absolue , doit se contenter d'une certitude relative ou morale, dans la direction de ses actes. C'est une règle évidente pour la raison. Or, 51 a cette certitude, lorsqu'en faveur de la. permission ou de la faculté , il ne voit que de légères vraisemblances. J'ajoute que si la certitude morale de Imexistence de la loi est plus que suffisante à affranchir l'homme, elle doit pouvoir aussi le mettre sous l'empire du droit. "Le laxisme est donc une erreur dans laquelle je ne suis pas tombé (Aristote, Eth. L. I, c. I).
Concluons. Parfois notre conscience peut se prononcer en faveur de la permission ou de la faculté : c'est quand l'inexistence de la loi qui peut-être défend ou prescrit, paraît sérieusement probable ; autrement , si la conscience est droite , elle imposera la soumission.