‹ Traité de droit naturel théorique et appliquéChapitre 29 sur 127 · DES DEVOIRS NATURELS DE L'HOMME ENVERS DIEU · texte numérisé non relu

DES DEVOIRS NATURELS DE L'HOMME ENVERS DIEU

100. Ce sujet et le suivant ne doivent point surprendre dans un traité de droit. Ils y ont, en effet, leur place, même si Ton réduit le droit à Tensemble des règles relatives à nos devoirs extérieurs envers nos semblables. Le souverain n'at^il point l'obligation de ne pas détourner les citoyens de Taccomplissement de leurs devoirs, quelle que soit la nature de ceux-ci? U importe donc de montrer que l'homme a des obligations envers Dieu et envers lui-même, et de les déterminer. L'autorité civile ne doit^lle pas aussi empêcher les scandales? Or, en quoi consistent-ils, sinon dans le manquement extérieur à n!*s devoirs d'un ordre quelconque ? Il faut donc les connaître tous. Enfin celui qui a la puissance, ne doit-il pas porter ses subordonnés à l'accomplissement de leurs obUgations, ou les faire tendre au bien? U faut donc savoir en quoi elles consistent.

lOl.L'homme dans sesactes intelligents et libres doit suivre la volonté de son Auteur. Telle est la loi natiu*elle dans son principe. C'est en même temps notre premier devoir. Or remarquez que si l'homme doit se conformer à la volonté divine, cela revient à dire qu'il doit vouloir la gloire de Dieu, car les commandements du Créateur tendent nécessairement à ce but ; par conséquent l'homme doit aimer

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Dieu. Aimer quelqu'un, en effet, c*est essentiellement lui vouloir du bien, et d'autre part vouloir la gloire de Dieu, c'est vouloir le bien extérieiu* du Souverain-Maître. Le premier devoir naturel 'de Thomme envers son Auteur est donc Taraour. De cette obligation fondamentale, découlent les devoirs qui suivent.

102. Le Créateur veut que notre intelligence le reproduise, parce que sa gloire y est intéressée, et par conséquent il veut que notre volonté applique notre intelligence sur ce modèle. Etant donné le devoir de suivre les ordre divins, nous devons donc faire de notre intelligence Fimage de Dieu ou de la vérité. De là deux obligations. C'est premièrement le devoir de reconnaître l'existence de TÉtemeL Sans doute, l'idée même de devoirs présuppose Texistence du Créateur, et celle-ci est une vérité que nous avons laissé aux philosophes le soin d'établir; mais nous affirmons cependant l'obligation de la professer, parce que l'existence de Dieu une fois admise, il y a pour la volonté ledevoii'trop souvent oublié de ne pas lutter systématiquement contre cette croyance à unjuge importun et à un bienfaiteur gênant, le devoir de ne pas se laisser séduire par des objections téméraires. C'est encore l'obligation de reconnaître la souveraineté infinie de notre Créateur et notre infériorité : en d'autres termes, le devoir de l'adoration, si on prend ce mot dans le sens que je viens d'indiquer. Cette reconnaissance de la souveraineté de Dieu sur nous ou l'adoration, constitue le culte intérieur. Ce culte peut prendre différentes formes. J'en signale une qui est obligatoire ; la prière ou la demande à Dieu de ce dont nous avons besoin. ,La raison, eu effet, constate la nécessité de cette soUicitation : elle voit notre entier dénûment et se dit que Dieu nous ayant donné Imtelligence de nos besoins, c'est dans l'intérêt de sa gloire ou pour que nous les lui exposions. D'ailleurs l'homme dans la détresse est instinctivement porté àla prière. U n'y a que la pensée cripii-

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nelle de regimber contre Dieu qui puisse comprimer les élans de notre cœur. Remercier Dieu des bienfaits reçus n'est pas moins obligatoire. La nécessité de la reconnaissance est évidente pour la raison ; si Dieu nous fait une libéralité, ne veut-il pas nécessairement qu'elle lui retourne en actions de grâces ?

103. L'homme doit à Dieu un culte extérieur. En effet, l'Auteur de la Création veut que tout entière elle lui rende hommage, et par suit« que la volonté libre, en tant qu'elle dispose du corps, plie ce dernier à cette exigence. De là, étant domiée l'obligation fondamentale, dérive celle du culte extérieur. L'interruption du travail en vue de ce culte est donc commandée. Mais quand celui-ci doit-il être rendu ? En quel lieu et suivant quels rites ? La loi naturelle ne le dit pas.

104. En résumé, Thomme a trois obligations positives envers Dieu : l'une concerne la volonté, l'autre l'intelligence et la troisième le corps.

Sont opposés au premier de ces devoirs, la désobéissance ou l'insubordination : au second, la profession d'athéisme, ridolâtrie et l'obstination à ne pas prier ; au troisième, l'absence de culte extérieur, la continuité du travail interrompu seulement pour le repos du corps et les divertissements, et à plus forte raison, le parjure et le blasphème par lesquels notre bouche insulte soit à la véracité de Dieu, en l'appelant à témoigner en faveur d'une fausseté, soit à la majesté, ou à quelqu'autre des attributs de Tlnâni.

105. Ce n'est pas seulement entant qu'être isolé, que l'homme a envers Dieu les devoirs que nous avons énumérés. Il en est également tenu comme membre des sociétés, de quelque importance du moins, dont il fait partie. Dans tout ce que nous sommes, ne sommesnous pas faits pour la gloire de Dieu ? Nous devons donc tendre à cette an, selon nos moyens d'action. Cette

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vérité est des plus simples. Elle s*allie à cette autre,relative aux obligations des hommes entre eux, que nous nous devons assistance selon nos moyens d*action, en vue du service de Dieu. Nous rappeUerons ces deux principes dans plusieurs chapitres de la IV"* partie.

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