CHAPITRE IL DE LA SOCIÉTÉ UNIVERSELLE
120. La société universelle est la société de tous les hommes en tant qu^ils ont pour fin premièrement la gloire de Dieu, puis leur bonheur mutuel, et quils y tendent par des moyens communs.
Ce chapitre sera divisé en deux sections.
Section P : De Texistence de la société universelle. Section 11 : Lois de la société universelle.
118 QUATRIÈKB RARTTB. — GHAPITBX H. '
SECTION I
DE L'EXISTENCE DE Ut SOCIÉTÉ UNIVERSELLE.
121. Notrepreuve est déjà faite. Dans le chapitre III de nos préliminaires , nous avons établi que tous les hommes tendent, en vertu d'une impulsion reçue du Créateur, à une lin qui est sa 'gloire et aussi leur bonheur mutuel , par des moyens communs que cette même impulsion divine les porte à prendre : union dans le culte et assistance mutuelle. Or . le genre humain uni de la sorte , c'est précisément ce qui constitue la société universelle , d'après la définition que nous en avons donnée. Je dégage donc immédiatement deux corollaires de cette démonstration :
1" La société universelle est aussi ancienne que le genre humain , car les causes qui font qu'elle existe aujourd'hui ne nous sont point particulières : elles s'appliquaient aussi bien aux premiers hommes ;
2p L'état de nature pour l'homme est l'état social. Dieu , en efiFet, nous crée associés. Or, qu'est-ce que notre nature, sinon l'être tel que Dieu nous le donne ?
122.L'existence de la société universelle a été contestée de deux façons. Certains ont soutenu que celle-ci ne date pas du commencement de l'humanité ; d'autres l'ont niée absolument. Réfutons ces deux erreurs. •
La première a été exprimée par Cicéron :
« Il fut un temps où les hommes, semblables aux animaux, erraient au hasard et se nourrissaient de bêtes sauvages. Il