PREMIÈRE CAUSE I.ÉGITLME DE GUERRE : UNE FAUTE A RÉPARER
175. (Jette première cause juste d'hostilités n'est pas absolument différente des deux autres et ne se distingue même que par une différence possible d'intention : le mal ne consiste-t-il pas toujours à violer un droit, soit de Dieu, soit du prochain, ou à se jeter dans un péril? J'ai voulu cependant la détacher parce qu'elle est particulièrement évidente , quoique les deux dernières causes légitimes de guerre ne soient pas moins certaines. Comment la liberté du mal serait-elle respectable ?
Je passe donc immédiatement aux deux autres causes justes d'hostilités. Mais faisons d'abord deux observations qui leur sont communes.
En premier lieu, il résulte de ce qui précède que, pratiquement, il suffit de considérer les deux dernières causes légitimes de guerre , le mal étant toujours la violation d'un droit ou un acte contre soi-même.
D'un autre côté, je dis qu'elles doivent être toujoui's admises , en ce sens que la légitimité de la guerre est indépendante de la culpabilité de l'auteur du fait qui donne lieu aux hostilités. U peut arriver que l'État qui viole un droit
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OU se nuit à lui-même , ne commette point le mal. En effet, considéré dans ceux de ses citoyens qui prennent part à ces actes , il peut n'être point coupable , grâce à une erreur invincible de ces hommes. Mais cette disposition des consciences importe peu. Nous Tavons dit: contraindre ce peuple à ne point agir de la sorte , ce n'est point manquer à l'obligation unique dont les nations sont tenues entre elles, de tendre à leur bonheur réciproque. Est-ce, en effet, le droit de Dieu qui est violé ? Alors, il ne peut pas être question de manquement au devoir que nous venons de rappeler : les États doivent avant tout tendre à la gloire de Dieu , et c'est cette direction que suit la société qui s'arme pour empêcher le droit divin d'être violé par un autre État. Est-ce le droit du belligérant ou d'un tiers qui est violé ? Ici , loin de déroger à la loi qui commando aux États de chercher leur bien mutuel, on s'efforce d'en rétablir le règne. Enfin, c'est encore cette règle que l'on observe, lorsqu'on empêche un peuple de se jeter dans un malheur. 11 est donc démontré que , quelle que soit la disposition des consciences , il y a cause légitime de guerre , lorsqu'un État viole un droit ou se jette dans un péril.