‹ Traité de droit naturel théorique et appliquéChapitre 61 sur 127 · DE L'ORIGINE DU POUVOIR · texte numérisé non relu

DE L'ORIGINE DU POUVOIR

par des représentants du peuple. C'est donc une souveraineté possible, pourvu que Torigine divine de la souveraineté soit reconnue. Il en est de même pour le césarisme, si par là on entend simplement la délégation ou la cession à un seul homme de la souveraineté que dans un pays possédait ce que Ton appelle le plus grand nombre, pourvu toujours que l'idée d'une autorité humaine-purement intrinsèque soit repoussée.

11 serait donc injuste de réprouver les termes dont nous venons de faire l'analyse, avant de savoir au juste ce que veulent leur faire dire ceux qui les emploient. C'est l'erreur de la souveraineté humaine purement intrinsèque qu'il faut condamner sous ces noms, lorsqu'ils servent à l'exprimer.

Telle est l'origine du pouvoir.

255. Est-ce médiatement, est-ce immédiatement que l'autorité vient de Dieu ? Cette question est résolue d'avance. Il s'agit, en effet, simplement de savoir si c'est en vei^tu de promesses préalables de soumission, qu'un homme ou un être collectif est souverain. Or nous avons vu à propos de la formation des États et rappelé dans cette section, que l'autorité civile peut s'établir, il est vrai, par suite d'un contrat, mais qu*elle peut aussi se constituer sans que des engagements aient été pris par ceux sur lesquels elle s'exerce, parce qu'elle ne dépasse pas les limites du pouvoir d'empêcher le mal, les violations de droits et les actes contre soi-même.

La collation peut donc être médiate, mais elle peut aussi être immédiate, et, en réalité, tel est plutôt son caractère, car la formation ou le maintien d'un Etat par convention sont de pures hypothèses.

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