PRÉFACE, XXX
quite n'a ici rien d'extraordinaire; elle est la même dans d'autres parties du domaine de l'intelligence. On ne croira sans doute pas que je recommande le droit romain au préjudice du droit germanique, dont l'étude approfondie donne déjà des espérances si brillantes. Un amour exclusif pour l'objet de nos recherches nous porte souvent à déprécier le domaine de nos voisins ; mais l'injustice de cette erreur doit nuire à l'agresseur qui la commet, non à celui qui la repousse et s'en défend.
D'après le plan que j'ai tracé, on voit que mon ouvrage aura surtout un caractère critique. Cela pourra déplaire aux lecteurs qui veulent des vérités positives, sans demander d'où elles viennent, sans s'inquiéter de leurs différentes faces. La vie scientifique serait commode et facile, si nous pouvions nous abandonner avec pleine confiance à l'action de la vérité pure, et marcher ainsi sans encombre de découvertes en découvertes. Mais nous devons nous frayer le chemin à travers les erreurs et les vérités incomplètes qui nous assiègent de toutes parts. Prétendronsnous entrer en lutte avec la destinée qui nous impose ce labeur inutile? A cette nécessité
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de notre nature, nous n'avons à opposer que la résignation. Mais ce travail, auquel la condition de l'humanité nous condamne, porte avec soi sa récompense el ses fruits : il développe les Forces de l'intelligence, el chaque vérité, péniblement acquise en luttant contre l'erreur, nous appartient bien mieux , devient bien plus féconde , que si nous I avi oris reçue passi vem ent et sans effort .
Le caractère critique de cet ouvrage se montre sons plusieurs faces. Je mets en première ligne les recherches dont le résultat est purement négatif; si, par exemple, je montre qu'une institution du droit romain est une institution morte et étrangère au droit actuel, ou si je signale des idées fausses et de vaines doctrines que les auteurs modernes ont introduites dans la science, par suite d'un malentendu. Ce sont précisément les recherches que plusieurs lecteurs supportent avec le plus d'impatience; mais celui qui déblaye la route et la fixe par des jalons rend incontestablement service à ceux qui viennent après lui, quoique l'habitude de ces avantages puisse taire aisément oublier qu'il fut un temps où la route <Mait moins commode.