‹ Traité de droit romain (volume 4)Chapitre 45 sur 46 · DES DÉLAIS · texte numérisé non relu

DES DÉLAIS

(SCLXXXll.)

La manière la plus simple et, la plus ordinaire de désigner l'intervalle qui sépare les deux termes d'un délai est de joindre un nombre ordinal au temps intermédiaire. Ainsi l'on parle du troisième jour après le présent jour, de la cinquième année après un événement déterminé, pour marquer combien il doit y avoir de jours ou d'années entre le jour présent ou l'événement déterminé. La même forme s'emploie aussi pour désigner non-seulement les deux termes d'un délai , mais encore le retour périodique des divisions du temps , et dans ce cas les Romains se servent de l'expression tertio quoque die , quartus quisque annus. Cette manière de compter ne s'applique pas exclusivement aux délais, elle s'applique aussi à des objets de même nature se succédant sans interruption , si , par exemple, on veut désigner l'intervalle qui sépare deux princes sur la liste des souverains d'un pays. Dans tous ces cas se présente la question de savoir comment doit s'entendre le nombre ordinal, c'està-dire si le terme, la personne, etc. , par laquelle on commence à compter, est ou non comprise dans le nombre exprimé. Il semblerait qu'il dût y avoir dans la langue de chaque peuple une règle fixe pour lever toute incertitude à cet égard. Néanmoins il n'en était pas ainsi chez les Romains, car ils emploient indiffémumont les deux manières de

APPEINDTCE.

compter ; de sorte que les passages où se trouve une semblable désignation offrent toujours un sens douteux et doivent être consultés avec beaucoup de précaution {a). C'est un point que je vais établir par des citations empruntées aux auteurs lomains.

Je rapporterai d'abord les textes et les formules où le premier jour, la première année , etc. , est évidemment compris dans le calcul.

Telles sont^ en première ligne, plusieurs expressions appartenant au langage usuel du calendrier. Le dies tertius Kalendarum Jan. ou ante KalendasJan. est, comme on sait, le 3o décembre, et cette désignation s'explique en compilant les Kalendœ pour le premier jour, et le pridie Kal. pour le second. Il en est de même pour les nombres suivants, comme aussi pour les Idus et les Nonœ. — Ensuite Nonœ signifie littéralement le neuvième jour (avant Xtsldus^. Or, comme entre ces deux termes il n'y a que sept jours , pour appeler le neuvième jour Nonœ, on doit nécessairement comprendre les Z^/m^ dans ce calcul [a], — A cette manière de compter se rapporte également l'expression de Nimdinœ ( pour novendinœ) , c'est-à-dire le dernier des huit jours de la semaine [b), — J'en dis autant du Trinundinum, deux semaines romaines, où les premières iVi/w^/z/Zf:)? sont aussi comprises (c)^ On peut ranger dans la même classe 1« perendie ou perenaprès -demain , nommé aussi tertius dies, évi-

(«) Unterholzncr, Verjâhrungslehre , I, p. 3io, est le. seul auteur où je h'ouve formellement reconue celte double manière de compter. Mais il ne l'a pas démontrée, et il n'en a pas reconnu toute l'importance ; il ne s'en sert que |)Our l'interprétation d'un seul texte.

(fl) Ideler, II, 129.

{V) Ideler, Il , iSft , et les autres qu'il cite, (c) Ideler, II, 137.

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