‹ Traité de dynamoscopie, ou Appréciation de la nature et de la gravité desChapitre 14 sur 64 · PHÉNOMÈNES PATHOLOGIQUES · texte numérisé non relu

PHÉNOMÈNES PATHOLOGIQUES

Si la dynamoscopie était une science bien établie, et que nous ne fussions pas le premier à en jeter les fondements^ il serait inutile de longer le difficile sentier que nous allons parcourir. Rien n'est plus fatigant pour le lecteur qu'une longue série d'pbservations dont les conclusions sont arides et sans attrait. Mais une science ne se fonde pas sur Timagination, ni sans preuves, et la dynanK)scopie ne serait pas une science, si elle n'était démontrée comme les sciences physiques^ et n ses lais ne reposaient, comme elles, sur l'induction.

|«AXiABXS0 ASOVISS.

fflèTre typhoïde.

Obs. L «-^ Baudeaii, soldat au t« d'artillerie, a fini son temps de service, et il renti^e dans sa fomille après avoir passé un an en Crimée. Sur le bâtiment qui \è ramena en France, il y eut une petite épidétnie de eholéra, et on fut obligé de jeter à la mer cinquante hommes morts de oette maladie. Cette cirednstanee l'a beaucoup frappé. Il est débarqué à Marseille te 11 fë^

40 DB f^A^UTNAMOSCdPIB.

vribf,^t6t4l "eit pat ii îminédtfitetneiitJ pounliontpeUierf oiitil est iii¥ivé4&13. Dans cette dernière "ville; îi aiéféreto'danàki'fa* Unilti 'd^»i < lieutenaat- dont ' il ^ avait : âtS ^le dc^meBtkiue j De»- le &oik*; il «omnheiiça: à éè' plaindre etf à; deHiander. 4e litv* aan»' vou^ ^lciiri»fttn||«ri'^>U«')DSt' trouvé plus malade le 19,< dl Ui» Wiolu

i'Ili'févplef/léXAtkdeipifrie'bient .il accMeéMUD^étatdè'faiblesse 'extrême, et il dit ipi'il pessenliidesfddulâuosivagiteataux lombes et sur les deuxcôtésde la: poHrine; 41* rester eoiiehéisur I^idpsi lïitfaçe u waç ^t^infcç jaunâ^e ; j^ ventre. e$t,,S9uple ; il n'^t/pas A)lé à la selle; Le poifls. est fréqijieat,, p^etit, |a,;peau .çl^ude;: lie malade tpuf sc^ un peu- ' . . . .,/ \ . ,., . . ^

15 février. La maladie, qui n'était pas bien pPA^çnçep la veille, a fait des prpgrès immenses.; la face e^t bovileversée, sa cploKition est jaunâtre. Llhtènigèhcé est àriéaiilièV ïê malade ne répon(i pas aux paroles (ju'ôri lui aîre^e; il paraîi ne pas entendre, ses yeiix ne semblent pW voir. It reste côntihuéllement dans le décubitus dorsal ; ses nîams sont toujours en liiou» vement. Il y a de l'a roîdeur dans les musclés poslérieurè* du tronc. Ses urines n'ont pu être çxàmînéeis, câîîîfaït àiilît'^; il n'a pas eu de garde-robe \\\ ne se plaint dé fiuUé part ; noua ne pouvons sfivoir ce qui le fait îe plus souffrir! La\respîràtion • n*est pas fréquente ; le pouls ésl très-fréquent ;''la peau' est cbaude. te malade se découvre continuellement et veut se lever.

. jiuicultaiipn des (fotpts.-— Bourdonnement roulant, fort, baissant, se supprimant ; lès suppressions sont longues ; pétille* ment nul.

Prescription. — Sinapismes aux coudes, aux geilôux; infusion de fleiur do mauve et de violette ; potion avec: sulfate de quinine, 1 gramme ; résidu de quinquina, 6 grammes ; liqueur d'Hoffmann, 30 gouttes ; acétate d'ammoniaque, 15 grammes Mf€fp d'éther, 30 grammes. A prendre en quatre fois. '

15 février au sotr. Le pools est fréquent, 96 pulsationa ; tl est petit, dépr^isible; flasque ; trèssaHlement des tendons. Leina<?

im I.A DYNAMOSCOPIE. 4i

lado.'est-tôuqhé Mr .Id )do» ût ne bouge pas. La teinte jaune somfare'.dela figure est plus prononcée que le niatin. Les dents sont cou]vèrtesi4e 'fiiliginosités t la iangue est noire., sèche. Il y a deiempi en- temps quelqueçr convulsions de la m&choire in«- Jérieune.jLa .pression duvealfe ne paraH pas 'douloureuse. Le malade n'entend rien, ne comprend rien ; Les yeux sont ternes, et iLnefVoiti*iBft;»fii on le> pinc^iortetn^Dl, il n*en parait éprou* 'ver>aiieunoidéuleur;!]l y a soui^ent des contractions très-fortes dans Jesntoselesdel'arraQtHbfSs* » •

'A\ji}iéuitàlilÙifidés doigts. — Bourddnncment lX)Uiant, fort; il iWistee, se ^pprimfe bnjsquemértt, puis reparaît en s'élevant peu h peu ou brusquement; peftlldrtiént très'-rare, petit, simple, quelquefois ëcià'tahï; • ' .^

. 16 février. Il y a eu hier soir, ajieuf heures, une amélioration notable; le malade ^â parle; il a répondu aux questions qu*pn lui adresçaitj.il a recouyi^é son intelligence, et il dit d'où il est. Pourtant nous remarquons que ses idées sont encore bien vaqués et manquent de netteté, car il confond les villes ayeçle^ villages et les villages avec les hameaux. Il n*a pas eu de selles dans I^ nuit ; mais nous apprenons que le 15, il a fait en diarrhée sous, lui. Il n'a pas déliré, et il est resté assez tranquille. Une nouvelle pp(ion a été donnée dans la nuit en quatre fois. Le tremblement des mains persiste ; la bouche est entr'ou* verte ; le malade est couché sur le dos ; les dents sont fuligigineusps, la langue sèche. Sa figure est moins bouleversée, et la seilsibititè est obtuse. Le pouls est beaucoup plus fréquent, 115 il a les mêmes caractères. La respiration est assez fréquente et paraît quelquefois difficile. Le ventre est météorisé ; il n'y a pas.de taches a la peau, et elle est couverte d^une sueur froide et d une impression désagréable. Il y a autour du malade une mauvais,^ odeur de paille pourrie.

Au$cikltQH<m des inatesv*^ l^endant. une minute, le bourdon* nemeiit est continu ; pendant une minute, il se sjupprime totalement ). puis i) revient fort el baisse; etre^te longtemps très*bas;

42 DE hJi PYNAMOSCOPIE.

pétillement nul le plus souvent, mais à un moment donné, #x<^ cessivement fréquent.

Prescription, — Looch avec sirop de camphre, 30 grammes ; bouillon vineux ; vin de Saint*George, quelques cuillerées.

16 au soir. La figure a pâli, les traits sont toujours boule** versés. Le malade est couché sur le dos« Les dents sont cou* vertes de fuliginosités. La langue est humide et moins noire que le matin; la bouche est entr'ouverte. L'intelligence du malade est encore un peu lucide ; mais elle est moins claire qu'elle n'était dans la matinée. Le pouls est excessivement fréquent, 130 pulsations; il est moins flasque.

Auscultation des doigts. — Bourdonnement roulant, sourd, profond, baissant, se supprimant; il revient, reste profond; pétillement nul.

17 février au matin. — Le malade est plus mal depuis trois heures du matin ; il s'est agité beaucoup; il a voulu se lever et il a crié très-fort. On a été obligé de lui mettre la camisole de force. Ainsi, cette fièvre continue a des exacerbations qui arrivent à des heures non distinctes. Le malade ne veut pas prendre la potion; il marmotte entre ses lèvres des paroles inintelligibles; il est parfois pris de mouvements de frayeur, et il pousse des hurlements. Son regard est eflfaré ; il est couvert d'une sfleur qui laisse une impression désagréable. La pression sur le ventre détermine une grande souffrance. Le pouls est petit, faible, irrégulier, inégal, fréquent, 115. Les narines sont dilatées, pulvérulentes. Il y a un tremblement continuel des tendons. Dans les moments où le malade est saisi de terreur, la respiration devient fluctueuse et très-pénible. Le thermomètre placé sous Faisselle indique 35 degrés.

Auscultation des doigts. — Bourdonnement roulant, fort, rapide, inégal; il baisse et se supprime. M. Espagne, interne de service, constate et vérifie cette espèce de bourdonnement; pétillement nul.

Le 17, à cinq heures du soir, le malade est encore dana le délire; il a voulu se lever plusieurs fbis^ La potion m sulffit^

PS LA DTTfJUICOSCOPIE. 43

de quinine qa*on a doi^né n'a pas enrayé la maladie. Le ma-lade n'a pas eu de selles; l'état est le même que le matin. La respiration paraît plus difficile, trente inspirations par minute, La teinte de la face est plus sombre ; les traits se décomposent de plus en plus ; il y a de temps en temps des convulsions des bras. Le pouls est tràs-fréquent, très«*petit.

At($cnUation des doigts. — Bourdonnement sourd, roulant, presque grondant; il faiblit et devient clair, peu nourri; il se ralentit et se supprime; il reparaît et reste sourd , éloigné.

Prescription, — Bouillon; infusion de mauve et de violette; deux vésicatoires aux jambes, deux aux bras; potion au quinquina.

Le 18 au matin, les traits sont bouleversés, hyppocratlsés; les yeux convulsés en haut, la bouche entr'ouverte. Il y a un tressaillement général. Los ftiliginosités recouvrent les dents; la langue est sèche ; la déglutition est très-difficile et menace de suffoquer le malade, qui est alors en proie à une anxiété considérable. Le ventre est balloné; il n'y a pas de selles ; le malade urine sans le sentir. L'intelligence est abolie avec les sens. La respiration est très-difficile ; elle est bruyante. L'auscultation ne fait pas entendre de râles. Le pouls est sensible, très- irrégulier, 110 pulsations.

Auscultation des doigts. — Bourdonnement et pétillement supprimés. M. Espagne, que j*ai habitué à cette espèce d'auscultation, n'entend rien/

Le malade meurt à trois heures et demie du soir.

NÉcaopsiB le 19 h midi. Roideur des jambes; tout le corps est froid.

Cerveau. -^ Injection des méninges ; il s'en écoule une certaine quantité de la pie-mère ; il est diffluent. La substance cérébrale est injectée. Ëtàt criblé du cerveau. Dans les ventrieules, il y a quelques gouttes de sérosité. Du canal rachidien, on volt sortir une masse fluide, noirç, très-abondante. C'est Al aang méié h de la sérosité.

44 ns LA DTMMOSeOPIE.

MLe$ ipoumoM *soni sains; il y a uil' pe» d'engouement à la

Page 1