DES
OBSERVATIONS DYNAMOSCOPIQUES.
Après avoir consigné tous ces détails d'observations, il nous restait à résumer succinctement notre opinion sur la nature du bourdonnement, sur son siège, sur ses causes, enfin sur son application médicale. Nous abrégerons ce travail de synthèse, afin de pouvoir Texécuter plus tard plu3 longuement.
Pour arriver à la connaissance entière et sérieuse du bourdonnement, une foule de connaissances et d'expériences réitérées et confirmées est indispensable. Il faut posséder l'acoustique, l'harmonie, Tanatomie des nerfs, la pathologie en rapport avec les ])hénomènes vitaux, et sui*tout avoir pratiqué longtemps l'auscultation digitale. Nous n'osons nous flatter d'avoir acquis à un degré suffisant toutes ces connaissances générales et spéciales. Ce que nous pouvons et voulons nous contenter de dire pour le moment , c'est que l'étude théorique du bruit qui fait l'objet de ce livre doit se diviser en deux parties: V la partie physiologique ; 2^ la partie acoustique.
La partie physiologique distingue le bourdonnement de l'effet de la contraction musculaire, le fait séparer des bruits de la circulation et de la chaleur animale, Tempéche de confondre les phénomènes intimes de la force nerveuse, sans se deman-
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der si cette force existe ou n'existe pas ; de même qu'on ne doit pas confondre l'effet avec la jcause.
La partie acoustique a pour objet le bourdonnement en luimême ; elle nous permet de déterminer les lois suivant lesquelles le bourdonnement se produit dans le corps de l'homme et arrive jusqu'à notre organe auditif; de le diviser en une note de valeur connue; enfin, de décomposer le bourdonnement en vibrations nerveuses, et de faire subir aux vibrations nerveuses les lois des nombres; de ranger la physiologie et la médecine sous le nom de sciences exactes.
Nous nous proposons d'abréger ce travail, dans ce volume, parce que le soin qu'une pareille découverte exige ne peut se développer que peu à peu et que dans la mesure des résultats définitifs et pratiques dont la nature se sert, et dont les procédés nous sont révélés par l'étude et l'expérience.
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Le bourdonnement est-il dû à la contraction musculaire?
Généralement, on rattache le bourdonnement à la contraction musculaire ; les observations que nous allons rappeler, leur nombre, leur précision, prouveront, nous l'espérons, que cette opinion est erronée.
Ceux qui ont lu attentivement Laênnec devront être convaincus. Cet observateur ne pouvait pas rattacher la cause du bourdonnement à la contraction musculaire, ce que notre historique à d'ailleurs bien établi, et qu'il est important de relire, pour voir dans quelle confusion le résultat de ses expériences le plaçait à cet égard.
Que si lïf contraction musculaire provoquait le bourdonnement, il ne devrait paraître qu'à ce seul moment. Or il existe toujours, que le muscle soit en contraction ou non. Dans ce cas
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patticulier, on dit qu'il est dà à la contraotion insemible. Nous lïe pouvons confondre ses phénomènes avec la production du bourdonnement. En effet, le bourdonnement est toujours entendu très^distinctement et d'une manière continue;, tout ce qui est contraction est intermittent et ne peut être continu. Ëtrudions ce qui se passe pour le bourdonnement pendant une contraction musculaire. Il est possible, et il arrive même presque .toujours que le bourdonnement soit augmenté au moment de la contraction musculaire ; mais continuez cette contraction par un effort de la volonté, et le bourdonnement, malgré sa durée, ne se maintiendra plus aussi fort : il baissera et reviendra ce qu'il était à l'état de repos. Malgré son augmentation de force dans la contraction musculaire, le bourdonnement ne change pas de ton. Il conserve la même note , c'est-à-dire le même degré d'acuité ou de gravité. Ce n'est que l'intensité du bruit, c'est-à-dire l'amplitude de sa vibration qui change.
Bu bourdonnement à l'état physiologiqm, comparé aux forces musculaires en repos ou en contraction.
l» Aux différents âges. — Le bourdonnement ressemble à mn son continu. Or la contraction musculaire ne peut être qu'intermittente, même la contraction insensible. Cela résulte de la définition même du mot contraction. Une certaine délicatesse dans l'auscultation .dynamoscopique, et surtout l'expérience dans cette pratique, font distinguer le bourdonnement féminin du bourdonnement masculin; celui du vieillard de celui de l'adulte et de l'enfant. Cette différence est surtout dans ht force ou l'intensité du son, mais non dans le ton. Là même note peut-être produite par tous les sujets dont il est question : enfants, adultes, vieillards, hommes, femmes, et la différence de leur bourdonnement est facile à saisir. Mais si la note ne change pas, la contraction musculaire est bien différente, et la puissance des muscles à ces divers âges est toujours nettement