DES FAUCONS D'EUROPE QUE L'ON N’EMPLOIE PAS POUR LA CHASSE AU VOL
Outre les ciseaux de haut vol dont nous venons de faire
l’histoire, l'Europe nourrit cinq autres espèces de faucons, peu
Europe, pl. 24. — 15)L.e.
schap. XIII, p-25. — 16) Descr. de Pligypte, Lc. — 17) Wirbelthiere, Oiseaux
p. 97. — 20) Fauna
Forster, Phil. Trans., n° 62,
p. 44. — 18) Zoographia, I, p. 337. — 19) Proceedings of the Zool. Soc., 1836, bor. am., Oiseaux, p. 37, pl. 25. — 21) C'est le Falco columbarius de p. 382, et de Wilson, tome II, p. 107, pl. 15, fig. 3; et le Falco temerarius d’Audubon, pl. 75 et 92. — 22) Yarrell, 1.0.,1,p.50. — 28) Beitrdge, p. 14. — 24) Snopsis, tome, pat. , p:106. — 25) Lo —
26) De Thou, I. e., p.24. — 27) Albert le grand, l.c.. — 28) Fauconnerie, fre partie, chap. 28, p. 59 et 60,
verra ic —
ou nullement propres pour la chasse, mais dont nous nous proposons de traiter succinctement, tant parce qu'il en est fait mention dans la plupart des ouvrages de fauconnerie, que parce qu'il importe de savoir les distinguer des autres oiseaux de haut vol.
Deux de ces espèces, savoir, le hobereau et le faucon saphir, appartiennent par leur organisation aux faucons nobles; mais elles forment dans ce groupe une petite subdivision caractérisée par la longueur des ailes qui dépassent, lorsqu’elles sont pliées, plus ou moins sensiblement l’extrémité de la queue. Ces oiseaux sont d'une taille moins forte que les autres faucons d'Europe, à l’exception de l’émérillon; ils ont la téte ronde et large comme l’émérillon, et leurs parties supérieures sont, à l’àge adulte, d'une teinte foncée uniforme. Étant d’un naturel peu féroce, et ne sachant, lorsqu'ils sont réduits en captivité, se servir utilement de leurs serres pour saisir avec facilité leur proie, ils sont peu propres à l’exercice de la chasse. Les trois autres espèces sont la cresserelle, la cresserellette et le faucon à pieds rouges. Ces oiseaux forment le groupe des faucons ignobles. Ils ont les doigts courts et des tubercules aux doigts peu saillants; incapables, par cette raison, de saisir des oiseaux au vol, ils sont de nulle valeur comme oiseaux de chasse. Ces faucons ignobles forment encore deux petites subdivisions naturelles, dont l’une renferme le faucon à pieds rouges, l’autre les cresserelles. Le faucon à pieds rouges a les ailes aussi longues que la queue, qui n'est pas pourvue de bandes à l’àge adulte; la première rémige, la seule qui offre une forte échancrure à la barbe interne, est du moins aussi longue que la troisième; enfin, les teintes de cette espèce sont trés différentes de celles des autres faucons. Les cresserelles ont le plumage peu serré; leurs ailes n’atteignent pas l’extrémité de la queue, qui est assez longue et un peu en éventail; ce n'est, comme d’ordinaire, que la première rémige qui se trouve fortement échanerée à la barbe interne, mais cette rémige n'est pas méme tout à fait aussi longue que la quatriéme, tandis que la troisième égale presque la deuxièéme en longueur. En volant, ces oiseaux ont l’habitude, en guettant leur proie, de se tenir souvent, pendant un espace de temps plus ou moins considérable, suspendus sur un seul point dans les airs, battant des ailes et ayant la queue étendue en éventail.
Nous passerons maintenant à un examen plus détaillé des cinq espèces de faucons dont nous venons de parler.
re nosereau. — De la taille de l’émérillon, le hobereau s'en distingue au premier aspect, par la longueur de ses ailes qui, lorsqu'elles sont pliées, dépassent tant soit peu l’extrémité de la queue. Il ressemble sous ce rapport au faucon saphir qui sen éloigne cependant assez par sa taille plus forte, par sa queue plus longue, et par les teintes uniformes de son plumage. Sa tache en moustache étant trés grande, de couleur noire et aussi prononcée que dans le faucon commun, on a l’habitude de comparer le hobereau à cette espèce et de dire qu'il en est en quelque sorte le diminutif.
Le hobereau a la téte aussi large et aussi ronde que l’émérillon. Ses ailes portent en longueur totale dix pouces à dix pouces et trois
1) Liber Il, cap. 2, p. 74 — 2) Le Roy Modus, p. 76. — 3) De Franchières, p. 4 verso. —
4) Cap. 24, p. 197. — 5) Liber HI, p. 74 — 6) Livre Il, chap. 19, p. 119. — 7) De avibus,
liber II, cap. 14.
quarts. La première rémige, échanerée à la barbe interne, dépasse la troisieme. La queue offre cinq pouces à cinq pouces et un quart de longueur. Les serres sont gréles, mais assez déy eloppées et de couleur jaune, comme la cire et la membrane des yeux. Le doigt du milieu, sans son ongle, est long d’un pouce et trois à quatre lignes. Le male en plumage parfait ne se distingue de la femelle adulte que par sa moindre taille. A. cet age, les parties supérieures de l’oiseau sont couleur de schiste foncé, tirant sur le brun noiràtre. Les parties supérieures de la région des oreilles et la tache en moustache qui est très grande, sont d’un noir plus ou moins profond. Les bandes de la queue, au nombre de douze environ et d’un brun-rougeàtre pàle, ne sont visibles que sur la barbe inférieure des pennes. Les taches transversales des rémiges primaires offrent la méme teinte. Le dessous de la queue, beaucoup plus pàle que le dessus, tire au blanchàtre. Le bas-ventre, les couvertures inférieures de la queue et les plumes des jambes sont d’un brun-roux trés vif. Le devant du front et une raie qui s'étend au dessus des yeux sont blanchàtres. La gorge, le devant du cou, et la partie inférieure de la région des oreilles sont d'un blane pur; cette teinte, qui occupe également la base des plumes de la nuque, y paraît sous la forme de deux taches claires. Les plumes du jabot, de la poitrine, du ventre et des flanes, ainsi que les petites couvertures intérieures des ailes, sont blanchatres et pourvues chacune d’une large tache longitudinale noiràtre. Le premier plumage diffère de celui des adultes par des teintes moins vives, par les bordures d’un brun ferrugineux très pàle, dont les plumes des parties supérieures sont pourvues, et parce que le blanc des parties inférieures tire sur le brun-roux jaunatre.
Il arrive souvent qu'à cet dge, la couleur du fond des parties
supérieures est très foncée.
L’empereur Frédéric, qui ne parle qu’en passant des faucons de petite taille, fait mention, outre l’émérillon, d’une espèce qu'il appelle «ubletus» 1); on ne peut guéère douter qu'il n'ait voulu désigner sous ce nem le hobereau, cette espece étant de tous les faucons nobles de petite taille la plus connue aprés l’émérillon. On trouve la description et des figures du hobereau dans la plupart des traités de fauconnerie francais; mais il parait que cet oiseau portait au quatorzième siécle le nom de hové 2), et au quinzième celui de hobier 3). Belon, Brisson et Buffon ont hobreau, mais d’Arcussia écrit hobereau, comme on le fait actuellement. Albert le grand désigne évidemment cette espèce sous la dénomination de Falco arborealis 4), traduction de lallemand «Baumfalke», nom que porte le hobereau encore aujourd'hui en Allemagne. Gessner 5), en donnani d’après nature une description et une figure du
grec, en dé-
hobereau, traduit ce nom de Falco arborealis en g
signant cette espèce sous le nom de Dendrofalcus. Belon 6) emprunte à Aristote la dénomination grecque d'un oiseau appelé «hypotriorches», et l’attribue au hobereau, conjointement avec celle de «subbuteo»; mais cet hypotriorches d’Aristote, mot que Turner7) a cru devoir rendre par Subbuteo 8), parce que Pline g) constate que les Romains appelaient le Triorchis des Grecs Buteo, est un ciseau dont on ne parviendra jamais
8) Turner attribue ce nom au «ring-tail» des Anglais, qui n'est autre chose que la femelle ou le jeune
de l’oiseau Saint-Martin également appelé Soubuse par Buffon, et connu dans les catalogues méthodiques
sous le nom de Circus cyaneus. — 9) Lib. X, cap. 9.
FEE SEITE IT OS STEIEI SOSTIOSTICIVIEtIESSOIPINILSPIRILSCStItI isrtizstrszizprsrstinisioizicsmazzzinet
à déterminer l’espèce, parce que Aristote a négligé d’en donner la description 1). Aldrovande 2) imite l’exemple de Belon, en décrivant et en figurant le hobereau sous le nom de Subbuteo, ce qui ne l’empéche pas d’énumérer dans la suite 3), comme espèce particulière, le Falco arborealis d’Albert le grand. Ray 4) fait aussi mention du Subbuteo et du Dendrofalco comme de deux espèces distinctes. Frisch 5) en donnant une bonne figure de l’adulte du hobereau, lui attribue trés mal à propos les: noms de Rochier, Lithofalco ou Esalon. Brisson 6) a le premier réuni au hobereau le Falco arborealis d’Albert le grand ou le Dendrofalco de Gessner, mais il emploie ce dernier nom pour désigner l’espèce. Linné 7), ayant suivi cet exemple, préfère cependant le nom de Falco subbuteo a celui de Dendrofalco, et è dater de cette époque, le hobereau figure dans tous les écrits des naturalistes, sous la dénomination latine de Falco subbuteo. Il existe, dans les différents ouvrages d’histoire naturelle, un grand nombre de figures plus ou moins bonnes du hobereau; nous nous bornons è citer celles contenues dans les ouvrages de Buffon 8), de Borkhausen 9), de Naumann 10) et de Gould 11).
Le hobereau porte en anglais le nom de «hobby.» En Allemagne, il est assez généralement connu sous celui de Baumfalke; cependant, la plupart des naturalistes allemands modernes ont cru devoir suivre l’exemple de Naumann, qui a conféré è cette espece le nom allemand de Lerchenfalke, ce qui signifie faucon aux alouettes: Les fauconniers hollandais se servent indistinetement, pour désigner le hobereau, des noms de «boomvalk» et de «molliet»; mais ce dernier mot est évidemment corrompu de «haillet», usité du temps de Merula 12).
Le hobereau a été observé dans presque toutes les parties tempérées de l'Europe; il habite aussi la grande Bretagne 13) et la Suède méridionale 14), mais il ne se trouve, ni en Islande, ni dans le nord de la Scandinavie. Il est commun en Hollande, en France et en Allemagne; les naturalistes italiens en font mention comme d’un oiseau généralement connu dans leur pays; Kuster 15) l’énumére parmi les espèces de la Sardaigne, et le comte von der Miihle 16) constate qu’en Gréce il est commun en hiver, mais qu'en été il habite de préférence la Rumélie. Les voyageurs hollandais et Mr. Smith ont recueilli des individus de cette espèce au Cap de Bonne Espérance; Pallas dit qu'elle se trouve en abondance dans toute la Russie et la Sibérie jusquau Kamtschatka 17), et le musée britannique 18) en possède un individu originaire de la Chine 19). En été, le hobereau habite de préférence les petits bois, où il établit son aire sur les arbres élevés et prés de leur cime. Les ceufs, au nombre de trois à quatre, sont d’un blanc sale, recouveri de tous còtés par des taches de forme assez diverse, plus ou moins distinetes ou lavées, et d'un brun rougeàtre. Il quitte, en hiver, les contrées froides et tempérées de l'Europe, et c'est alors qu'il fait de
1) Gessner, p. 48, en introduisant cet oiseau sous le nom de «subbuteo», suppose avec assez de fon-
dement qu'il convient de lire Gypotriorches au lieu d’Hypotriorches, parce que la composition de ce dernier mot est tout à fait contraire au génie de la langue greeque. On peut dire la méme chose du mot latin «subbuteo». — 2) Lib. V, cap. 8, p. 373 et 374. — 83) Lib. VII, c. 11, p. 491. — 4) Synopsis,
p. 14 et 15, et dans Willughby, Ornithol., p. 47 et 49. — 5) PI. 86. — 6) Vol. I, p. 375, n°. 20. —
7) Fauna sue , n°. 59, et Syst. nat., 12me édit., I, p. 127, n°. 14. — 8) Planches enlumindes 432. — 9) Vogel Deutschlands, (plane s numéro). — 10) P1.26. — 11) BirdsofEurope, pl. 22. — 12) Chap. 13, p. 24. — 13) Yarrell, 1. c., p. 42. — 14) Nilsson, Skandin. Fauna, Oiseaux, 1, p. 21. — 15) Isis,
1835, p. 210. — 16) Beitràge, p. 13. — 17) Zoographia, I, p. 332. — 18) List of the Specimens of Birds in the Collection of the British Museum, Accipitres, London, 1844, 89, p. 26. — 19) Les Indes
orientales, la Nouvelle Hollande, et méme l’Amgrique méridionale produisent des faucons assez voisins
du hobercau par leur taille, par leurs ailes très longues et en genéral par les proportions relatives de
préférence la chasse aux alouettes qu'il a l'habitude d’accompagner lors de leurs migrations. Il se nourrit également d’autres oiseaux de petite taille, particulièrement d’hirondelles, et on le voit souvent poursuivre ou prendre toutes sortes d’insectes, soit à défaut d’autre nourriture, soit par prédilection pour ce genre de chasse, soit lorsqu'au jeune age il n'a pas encore acquis assez de dextérité pour attraper les oiseaux qui forment sa proie favorite.
Le hobereau est le plus doux et le plus familier des oiseaux de proie d'Europe; il s'apprivoise facilement, surtout quand il a été enlevé du nid, et son éducation ainsi que son affaitage ne demandent que peu de soins. Excellent voleur, cette qualité et celles que nous venons d’énumérer le rendraient trés précieux pour la chasse au vol, s'il était doué d’un caractère plus féroce et plus sanguinaire, et s'îl savait se servir avec plus de dextérité de ses serres. Réduit en captivité, où il ne peut exercer ses forces comme è l’état sauvage, on ne parvient pas méme à lui faire voler des alouettes qu'il sait cependant fort bien attraper, lorsqu'il se trouve en pleine liberté; aussi arrive-t-il souvent qu’au lieu de poursuivre le gibier, il samuse à faire la chasse aux hannetons, aux sauterelles ou à d'autres insectes qu'il rencontre dans les airs. Ne pouvant étre employé avec succès que pour le vol des oiseaux sillés ou d’échappe, ce faucon n'est nullement estimé aujourd'hui, et on ne le voit jamais chez les fauconniers. Il paraît cependant que d’autres peuples en font encore usage; car Pallas 20) constate que les Calmouks se servent de cette espece comme oiseau de chasse, et on voit par une notice publiée récemment par Mr. Drummond Hay 21), que ce petit faucon est fort en honneur chez l’empereur de Maroc. Quoique les anciens fauconniers aient fait peu de cas du hobereau comme oiseau de chasse 22), et qu'ils n’en aient souvent fait mention qu’en passant, ce faucon n’en a pas moins acquis une certaine célébrité, parce que c’était l’oiseau choisi de préférence par la jeunesse 23), par les oiseleurs 24) et en général par des personnes, dont le rang et les moyens ne leur permettaient pas d’entretenir des fauconneries; de là probablement l’usage qui existe dans quelques provinces de la France, de donner le nom de hobereau aux petits seigneurs ou aux gentilshommes de campagne qui font de la chasse une affaire de profit plutòt que de plaisir 25).
LE FAUCON saPHIR. — Il existe en Syrie, en Grèce, en Sardaigne et probablement aussi dans plusieurs autres parties du midi de l'Europe, un faucon ressemblant au hobereau par ses ailes qui dépassent la queue, mais qui est d’une taille plus forte, et dont le plumage offre une teinte brune, uniforme ei foneée dans les adultes, plus claire dans les jeunes. Ce faucon, découvert seulement il y a quelques années et décrit par le professeur Gené 26) de Turin, comme espèce nouvelle, sous le nom
de Falco Eleonorae, n'a pas été inconnu aux anciens faucon-
leurs parties, mais dont les teintes du plumage s’éloignent de celles du hobereau, de sorte qu'elles
offrent des caractères constants et faciles à saisir. — 20) Zoogr., I, p. 333. — 21) Proceed. of the Zool Soc., 1840, p. 133. — 22) Voyez entre autres d’Arcussia, Conférence des fauconniers, onzième Journée , 5
4 44 ; x Vi io p. 43 et 44. — 23) Gace de la Vigne, par exemple, raconte de lui méme, dans son poème sur la fauconnerie, que dès l’àge de neuf ans il portait des hobereaux aux champs et quà douze ans on lui fit dresser un faucon. — 24) Les oiseleurs d’autrefois se servaient d’un hobereau dressé à voler d’amont au
dessus du chien quétant, pour prendre des alouettes qui, blotties à terre, se laissent plutòt couvrir du
filet que de s’exposer aux attaques de leur ennemi le plus redoutable; cons: Willughby, Ornith., lib. II, art. 14, cap. 9, p. 49; Klein, Prodromus, p. 49, et Doebel, II, chap. 173, p. 211. a 25) Voir Buffon, Hist. nat. des oiseaux, tome I, p. 278. — 26) L’'Institut, 7 Novembre, 1839; Memorie d. Acad. d. Torino, 1840, tome II, p. 41, pl. 1 et 2; un jeune individu màle de cette e;
Lei i spèce est figuré dans Iconografia d. Fauna italica du prince Ch. Bonaparte, vol. I, pl. 24.
RECESSO cia 5 —
niers. Arthelouche de Alagona 1) l’appelle Faucon Saphir, et en parle dans les termes suivants: «Le Faucon saffir se cognoist à «ce qu'il a les couteaux plus longs que la queue, et a les signes semblans au Pelerin, sinon quil est plus petit.» D'Arcussia 2) le nomme Faucon Tagarot; voici ce quil en dit: «Je vous pour- «rois discourir du naturel des Faucons Tagarots: mais pource- «que bien rarement on en recouvre, ce ne serait que gaster «du papier: et d’ailleurs je ne leur ay jamais veu faire chose «qui mérite d’estre recitée, pourcequ'ils ont le corps fort pe- «tit à proportion de leurs ailes: ce qui fait qu’ils. craignent «fort le vent. Toutesfois il se peut faire, quaux pays, ou il nen «fait pas tant, ils peuvent mieux faire qu'ils ne font au nostre. «Aucuns ont pris des Falquets 3) pour des Tagarots, et se «sont trompez. Cest oyseau est aisé à discerner d’avec les au- «tres, pour avoir le vol extremement long, la main grande, «et verte ou bleué comme celle d’un Lanier, et la téte grosse. «Quant è sa nature, touchant les purgations, il est comme le «Tiercelet de Faucon, sinon qu'il est encores moins robuste, «combien qu'il soit quelque peu plus grand.» C'est évidemment le faucon, apporté du nord de l’Afrique, dont parle Huber 4) et dont il donne la figure, mais qu'il désigne mal à propos sous le nom d’Alèthe, nom employé avant lui par d’Arcussia pour désigner un autour des îles Agores, dont nous parlerons plus bas.
Ce faucon, dont on ne peut guère tirer parti pour la chasse, se distingue facilement du hobereau par sa taille plus forte, par sa queue proportionnellement plus longue et par les teintes de son plumage. La femelle porte quinze pouces en longueur; ses ailes sont longues de douze pouces et demi, la queue offre six pouces et dix lignes. Le tiercelet est comme d’ordinaire plus petit, ses ailes ne portanti que onze pouces, la queue que six pouces en longueur. Le doigt du milieu de cette espèce est long d’environ un pouce et trois lignes. La queue est pourvue de quatorze à quinze bandes transversales d’un brun rougeàtre très pàle, qui s'effacent ordinairement sur la barbe externe des pennes. Les jeunes sont d’un brun foncé, avec les plumes du ventre et de la poitrine bordées de brun rouge. Le front, la gorge, la partie antérieure du cou et les plumes des pieds sont d'un brun rougeatre clair, et pourvus de taches longitudinales foncées, qui prennent la forme transversale sur les jambes. La tache en moustache est peu distinete. Les adultes offrent, à l’exception des bandes claires de la queue, une teinte uniforme d’un brun-noir grisàtre 5).
Ce faucon observé, lors de l'’époque de la propagation, sur les còtes rocailleuses de la Sardaigne, y pond ses ceufs dans les excavations naturelles des rochers, sans construire de nid proprement dit. Ces ceufs, au nombre de trois, ressemblent par leurs teintes à ceux du hobereau, mais ils sont un peu plus grands 6).
LA cresseRELLE. — Cette espèce de taille un peu plus forte que le hobereau, est connue de tout le monde. Elle a la troisieme rémige presque aussi longue que la deuxième, et la premiére d’égale longueur avec la quatrième. Ses doigts sont peu
1) P. 89. — 2) Ire partie, chap. 26, p. 52 et 53. — 3) Le faucon appelé par d’Arcussia «Falquet»
est le faucon è pieds rouges, décrit par cet auteur méme à la page 41 de la conférence des Fauconniers. —
4) Observations, p. 15, fig. 6. — 5) On a observé dans certaines îles de la Mer Rouge et au Sénégal un
faucon semblable au faucon saphir par l’ensemble de son organisation et par ses teintes, mais dont la queue
est proportionnellement plus courte et dont la taille n'est pas plus forte que celle du hobereau; c'est le
développés, celui du milieu n’offrant qu’environ un pouce en longueur. Les serres sont de couleur jaune, ainsi que la cire et la membrane des yeux. Les ongles sont noirs. Les ailes, lorsqu'elles sont pliées, n’atteignent pas jusqu'à l'extrémité de la queue; elles portent en longueur neuf pouces et un quart à neuf pouces et trois quarts. La queue, longue de six pouces à six pouces et demi, est large et en forme d’éventail.
Au jeune age, la couleur dominante des parties supérieures est un brun rougeatre sale et peu foncé, interrompu sur la téte par des taches noiratres longitudinales; sur le dos et les ailes, de larges taches transversales de cette méme teinte. La queue, blanchatre à l’extrémité, offre, outre une bande terminale très large, dix à onze bandes noiràtres beaucoup plus étroites. Les rémiges sont noiràtres, bordées de blanc et pourvues è la barbe interne de taches transversales claires. La teinte du fond des parties inférieures, beaucoup plus pale que celle du dessus de l’oiseau, tire au blanc, notamment sur la gorge, sur le bas ventre, et sur les couvertures inférieures de la queue, et les plumes de ces parties sont, à l’exception des dernières, pourvues de taches longitudinales d’un brun noiràtre, le plus souvent très larges, et en forme de larmes sur le ventre ou sur les plumes des jambes, où elles sont assez petites. La tache en moustache n'est pas très fortement marquée. La femelle adulte ne se distingue des jeunes que par des teintes plus vives. Il n’en est pas ainsi du male, dont la livrée parfaite est très jolie et assez différente de celle de la femelle adulte et des jeunes. A cet age, il a le dessus et les cotés de la téte, les parties postérieures du dos avec les couvertures supérieures de la queue, ainsi que la queue méme, d'un beau gris-cendré. La large bande noire de la queue est très marquée, mais les autres bandes ont disparu. Le dessous de la queue est blanchatre. Les rémiges sont, à l’exception de leurs taches claires, d'un brunnoir. Le manteau est d'un brun-roux couleur de canelle, et orné de taches noires en larmes ou en coeur. Enfin, la teinte des parties inférieures de l’oiseau est plus pure ei tirant au gris-rougeàtre, et les taches qui ornent ces parties, sont petites, longitudinales sur la poitrine, en forme de gouttes ou de larmes sur le ventre et sur les flancs.
Il est évident que les anciens Grecs et Romains ont dù connaître cette espèce commune dans leurs pays, mais on ignore sous quel nom ils l’ont désignée. Plusieurs naturalistes ont cru reconnaltre dans cet oiseau le Cenchris dont Aristote, Pline et Élien font mention, et ils ont également rapporté à cette espèce le Tinnunculus de Columelle 7) et de Pline 8), quoique ces auteurs se soient bornés à dire, en parlant de leur Tinnunculus, que c'est un oiseau qui niche dans les édifices et qui défend les pigeons en épouvantant les éperviers. Nous avons déjà constaté plus haut, en iraitant du lanier, qu'Albert le grand indique la cresserelle sous le nom de «rubeus lanarius» 9) que l'on appelle en allemand, dit-il, Sweimer 10) etSwemere 11). Gessner 12) donne une figure originale quoique très peu reconnaissable de la cresserelle qu'il décrit sous le nom de Tinnunculus accipiter, se doutant fort peu Falco concolor de Temminok, qui en a donné une figure dans les Planches coloriges 330. — 6) Gene, l'o 2 7)(Da re rustica. bo VIII, cap 8 = 6) Tono do li 0 I de Panckoucke; voyez aussi la note de G. Cuvier, relative à cet viseau; elle est contenue dans ce méme
volume, p. 404 — 9) De falconibus, cap. 8, p. 180. — 10) Ibid., I. c. — 11) Ibid., cap. 3, p. 177. — 12) L.c., p. 58.
assi IIO TATE
de l’identité de cette espece avec le Lanarius rubeus d’Alberit
le erand, dont
g il parle dans la suite de son ouvrage 1) en traitant des soi-disant laniers. Belon 2) représente également
la cresserelle, et indique trés bien la différence qui existe entre les couleurs du plumage du male et de la femelle. Aldrovande 3) décrit cet oiseau sous le nom de Tinnunculus ou Cenchris; il en donne les figures du male 4) et de la femelle 5), mais l’oiseau qu'il déerit ensuite 6) sous le nom de Tinnunculus faemina altera et dont il donne la figure 7), est évidemment la cresserellette. L’ouvrage de Frisch contient trois figures de la cresserelle, savoir, celle du vieux màle, sous les noms de «Tinnunculus verus ou Cercerelle » 8), celle du jeune male sous les noms de «Tinnunculus alter seu Laniarius rufus, Lanier, Faucon roux»9), et celle de la femelle sous les noms de «Falco rufus, Faucon roux» 10). Brisson donne, sous le nom de cresserelle ou Tinnunculus, une description détaillée des deux sexes de cette espéce 11), qu'il décrit ensuite une deuxiéme fois sous le nom d'Épervier des alouettes ou Accipiter alaudarius 12), et une troisième fois sous celui d'Émérillon ou Aesalon 13). Linné 14) indique la cresserelle sous le nom de Falco tinnunculus. Buffon donne plusieurs bonnes figures 15) de cette espèce, dont il fait l’histoire dans son grand ouvrage 16). D'après les indications de Buffon, Gmelin fait de l’épervier des alouettes de Brisson une variété de la cresserelle; c'est son Falco tinnunculus alaudarius 17).
la suite de la cresserelle, sous le nom de Falco brunneus, un
Bechstein 18) décrit
faucon qui ne diffère en rien de cette espèce commune. Depuis cette époque, tous les naturalistes sont d’accord qu'il n'existe en Europe, outre la cresserellette, qu’'une seule espéce de cresserelle, savoir, la cresserelle ordinaire, à laquelle on réservait unanimement le nom latin de Falco tinnunculus. En France, cet oiseau est généralement connu sous le nom de cresserelle; en Angleterre, sous ceux de «Kestril» et de « Windhover»; mais en Allemagne, il porte un grand nombre de noms divers, comme par exemple, ceux de Thurmfalke, de Rittelgeier, de Wannenweher, de Sechwimmer, ete. Les fauconniers hollandais le désignent ordinairement sous le nom de « zwemmer», toutefois en pronongant «zwemer».
Ce faucon dont on trouve des représentations plus ou moins fidèles dans presque tous les traités d’Ornithologie, est répandu, à l’exception de l’Islande et des parties les plus septentrionales de la Scandinavie, par toute l'Europe, et y est complé au nombre des oiseaux de proie les plus communs et les plus genéralement connus. Il se trouve, suivant Riuppell 19), en abondance en Egypte, en Nubie et dans l'Arabie pétrée; nous en avons recu un individua du Sénégal et un autre pris en mer près du Cap de Bonne Espérance. Il habite enfin, selon Pallas 20), toute la Russie et la Sibérie 21). La cresserelle émigre en hiver et elle quitte méme, à cette époque, du moins en grande partie, les contrées chaudes de l'Europe, comme par exemple, la Russie méridionale 22) et la Gréce 23). En été,
1) Ibid., p. 75. — 2) Livre II, chap. 28, p. 124 à 127. — 8) Liber V, cap. 6, p. 356. — 4) Ibid.
p. 358. — 5) Ibid., p. 359. — 6) Ibid., p. 361. — 7) Ibid., p. 360. — 8) PI. 84 — 9) PI. 85. — 10) PI. 88. — 11) Ornithol., tome I, p. 393, n°. 27. — 12) lbid., p. 379, n°.22. — 18)Ibid., p. 388à
385. — 14) Syst. nat., edit. XII, tom. I, p. 127, n°. 16. — 15) Planches enluminées 401- et 471, — 16) Hist. nat. des oiseaux, tome I, p. 280, pl. 18. — 17) Syst. nat., p. 279. — 18) Naturgeschichte, p. 807, n°. 31. — 19) Neue Wirbelthiere, Oiseaux, p. 44. — 20) Zoographia, I, p: 334. — 21) Il est bon
de remarquer que le Japon, les parties méridionales de VAsie, l'Australie et Afrique produisent un bon
nombre de races ou d’espèces voisines de la cresserelle, qui ne s’en distinguent souvent que par des
istinti sateiciziti ty
elle s'établit, soit dans de petits bois, soit sur de vieilles masures, sur des tours ou méme sur des rochers. Elle se sert souvent d'un nid de corneille abandonné pour y pondre ses ceufs dont le nombre est ordinairement de quatre ou de cinq, quelquefois mème de six 24) ou de sept 25), et qui sont d’un blanc tirant plus ou moins sensiblement sur le brun Jaunatre et tachetés en tout sens de brun ou de brun rougeàtre. Elle fait de préférence la chasse aux campagnols qu'elle cherche à découvrir en volant au dessus des champs ou des prairies, sarrétani de temps en temps pour se tenir suspendue sur un méme point dans les airs, et pour tomber sur sa proie dès qu'elle l’apercoit. Elle se nourrit aussi d’oiseaux de petite taille, de reptiles, d’insectes et de vers.
La cresserelle est un oiseau que l'on peut affaiter pour la chasse au vol comme les autres faucons de petite taille, mais qui n'est nullement propre à cet exercice, ses serres étant trop
agilité.
peu développées pour qu'il puisse saisir sa proie avec D'Arcutsia 26) cependant dit que le roi Louis XII entretenait des cresserelles pour le vol de la chauve-souris; Willughby 27) prétend qu’en Angleterre on affaîtait cette espèce pour le vol des petits ciseaux et méme pour celui des perdreaux, et Gloger 28) constate qu’en Silésie on a fait récemment des essais avec cette espèce; mais quiconque connait la nature de cet viseau doutera du succès des expériences faites peut-ètre uniquement par curiosité ou par des personnes qui ont une idée trés imparfaite de la chasse au vol.
LA CRESSERELLETTE. — Cette espèce, assez voisine de la cresserelle, mais d'une taille un peu moins forte, s'en distingue au premier coup d’oeil par ses ongles d’un blane plus ou moins pur et par ses doigts un peu plus courts. Ses ailes sont longues de neuf pouces à neuf pouces et demi; la queue porte en longueur cinq pouces et trois quarts à six pouces et un quart. Les jeunes des deux sexes et la femelle adulte ne diffèrent de la cresserelle que par la couleur des parties supérieures qui est un peu plus pàle, et par celle des parties inférieures qui tire un peu sur le rougeatre. Le màle en plumage parfait offre des teintes plus vives que le male adulte de la cresserelle. 11 a les parties supérieures d’un brun-rouge couleur de brique uniforme; les parties inférieures tireni au gris rougeatre, et les taches du ventre et des flanes sont plus petites et de forme presque orbiculaire.
La cresserellette habite l’Asie mineure 29) et la Gréce 30); mais elle visite, lors de ses migrations, de temps en temps l’Italie, et régulièrement l'Égypte et la Nubie 31). Le musée britannique 32) en possède un individu tué en Espagne. Elle se nourrit de sauterelles, de lézards et de taupes 33), et elle établit son aire de préférence sous les toits des habitations 34). Elle niche aussi en Styrie, d’où nous avons recu des Jeunes individus enlevés de leur nid. Du reste, cette espèce ressemble par ses habitudes à la cresserelle.
On trouve la première indication de cette espèce dans l’ouvra-
modifications plus ou moins sensibles dans les teintes; nous en avons indiqué les principales dans l’iconocographie des oiseaux d’Europe que publie M. Susemihl, p. 45 et 46, note, Oiseaux, p. 3 et suiv.. — 22) Pallas, I. c., I, p. 334. — 23)
lon, p. 126.— 2
‘et dans la Faune du Japon, Von der Mihle, Beitràge, p. 16. — 24) Be- Note communiquée par Mr. Bruch de Mayence. — 26)
E Fauconnerie, Sommaire de la fauconnerie du roi, p. 299. — 27) Ornithologia, art. XV, p. 50. — 28) Handbuch, p. 44. — 29) Strickland, Proceedings of the Zoological Society, 1836, p. 97. — 30)
Von der Mihle, Beitràge, p. 16. — 31) Rippell, Neue Wirbelthiere, p. 44. — 32) List, l. c.
» P. 29. — 33) Von der Mihle, lc. — 34) Strickland et von der Mihle, 1. c..
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ge d’Aldrovande 1). Elle a été ensuite figurée par les auteurs de la grande Ornithologie italienne 2) et par Frisch 3). Mr. Natterer 4), ayant observé cette espèce en Autriche et en Italie, la désigna sous le nom de Falco xanthonyx, nom changé plus tard par Schinz 5) en celui de Falco tinnunculoides. Naumann 6) l'a ensuite appelée Falco cenchris, et Roux 7) et Savi 8) Falco tinnuncularius. On voit des figures plus ou moins exactes de cet oiseau dans les ouvrages de Naumann 9), de Gould 10), de Susemihl 11) et dans l’Expédition de Morde 12). Il paraît que l'on n'a jamais fait usage pour la chasse de cette espèce de faucon, qui est de toutes celles d'Europe la moins puissante et la moins propre à ètre employée à cet exercice. LE FAUCON A PIEDS ROUGES. — Ce petit faucon que l’on appelle aussi Faucon Kobez offre une distribution des teintes trés agréable et tout à fait particulière. Il est de la taille de la cresserellette. La queue porte en longueur cinq pouces à cinq pouces et un quart; les ailes sont de neuf pouces à neuf pouces et demi, et atteignent ou dépassent méme, lorsqu’elli. sont pliées, lextrémité de la queue. Il n'y a que la première rémige qui soit profondément échanerée à la barbe interne, et cette rémige égale en longueur la troisiéme. Les serres, aussi faibles que dans la cresserellette, sont, ainsi que la cire et la membrane des yeux, de couleur rouge de minium dans les adultes, ei d’un jaune rougeatre dans les jeunes. Les ongles sont d'un jaunàtre pàle passant vers la pointe au brun-grisàtre. Le doist du milieu ne porte en longueur qu'environ un pouce. Les males au plumage parfait sont d’une belle couleur de schiste tirant au bleuàtre, plus foneée sur la téte et sur le dos, et passant au gris blanchatre sur la face externe des rémiges antérieures. Les plumes des jambes, la région de lanus et les couvertures inférieures de la queue sont d'un brun-roux assez vif. La queue est d'un noir mat uniforme. La femelle adulte a le dos, les ailes et le dessus de la queue d’un cendré bleuatre foncé et orné de taches transversales ou bandes noiràtres. Les rémiges sont noiràtres et pourvues à la barbe interne de taches blanchatres en forme de bandes transversales. La bande terminale de la queue est beaucoup plus large que les autres bandes de la queue, qui sont au nombre de huit à neuf; elles offrent toutes une couleur noiràtre. La face inférieure de la queue est blanchàtre. La gorge, le devant du front, et les parties antérieures et latérales du cou sont d’un blane tirant au brun-roux pale. Cette dernière teinte occupe toutes les autres parties inférieures de l’oiseau, et elle n'est interrompue que par les raies longitudinales noiràtres qui ornent le milieu des plumes, et qui prennent sur les flanes la forme de taches, tandis qu'elles disparaissent totalement sur les plumes des jambes et sur les couvertures inférieures de la queue. On voit du noir au dessous des yeux et prés de l’angle de la bouche, mais la tache en moustache est peu apparente. Les jeunes ressemblent à la femelle adulte, mais ils ont toutes les teintes plus pales; les bandes des parties supérieures sont moins apparentes et les
plumes de ces parties sont bordées de brun couleur de rouille;
1) Ornithologia, vol. I, lib. 6, p- 360 et 361, sous le nom de Tinnunculus faemina altera. — 2) Storia degli uccelli, pl. 52, fig. 67, sous le nom de Falco tinnuneulus ruderum. — 3) PI. 89, sous le nom de Cenchris. — 4) Voir Naumann, I, p. 323, remarque. — 5) Voyez Temminck, Manuel, 2me édit., 1, p. 31. — 6) L. c., p. 318. — 7) Ornith. provengale, p. 60, pl. 41; Faucon cresserine. — 8) Ornitologia toscana, I, p. 49. — 9) PI. 29. — 10) Birds of Europe, pl. 27. — 11) Die Vogel Europas, pl. 12. — 12) Zoologie, Atlas, pl. 2 et 3. — 13) Conférence des fauconniers, onzième journée, p. 41 et 42. — 14) Systema naturae, 12me édition, p. 129, n°. 23. — 15) Le male adulte pl. 46, sous le nom de «Falco
enfin, les taches des parties inférieures offreni plus d’étendue, et les bandes foncées de la queue sont au nombre de onze à douze.
D’Arcussia 13) est le seul auteur de fauconnerie qui ait fait mention de cette espèce. Il la nomme Falquet, et décrit assez bien un individu apporté à la cour de Louis XIII. « Personne ne connaissait cet oiseau que l’on ne tardait de dresser, mais qui, porté sur les lieux où s’exercait le vol de la corneille avec des faucons, s'enfuya de peur aussitòt qu'on l’avait laché.» Cette espèce, inconnue des naturalistes avant Linné, a été indiquée par ce savant sous le nom de Falco vespertinus 14); les auteurs de la grande Ornithologie italienne l’oni figurée un an aprés 15); Beseke 16) l’a ensuite décrite sous le nom de Falco rufipes. Buffon 17), ayant recu un male adulte de ce faucon, le regarde comme simple variété du hobereau. On trouve des figures plus ou moins exactes de ce faucon dans les ouvrages de Buffon, de Wolf et Meyer 18), de Naumann 19), de Gould 20), de Susemihl 21) et dans plusieurs autres traités d’ornithologie, où cette espèce porte ordinairement le nom que Beseke lui a conféré.
Le faucon è pieds rouges habite la Sibérie 22) et les parties chaudes et tempérées de l'Europe orientale; il visite, lors de ses migrations, l’Italie 23) et la France méridionale 24), et ségare de temps en temps dans les autres parties de lAllemagne 25) et de la France, et méme jusqu’en Angleterre 26). Il en existe dans le musée britannique 27) des individus originaires de l'Égypte et du Nepaul. Pallas dit qu'il est trés commun dans la Russie méridionale, qu'il y fréquente de préférence les. plaines et les champs situés dans le voisinage des eaux, qu'il se nourrit d’insectes aquatiques et d’araignées, et qu'il se sert souvent des nids abandonnés de pies ou de choucas pour y pondre ses ceufs qui sont au nombre de deux et dont les teintes rappellent celles des ceufs du hobereau. Le comte von der Miihle 28) rapporte que cette espèce ne niche que rarement en Grèce, mais qu'elle visite ce pays par troupes nombreuses à l’époque de la migration. Il ajoute qu'elle se nourrit d’insectes, et que son vol rappelle en quelque sorte celui des cresserelles. Savi, qui a observé cette espèce en Toscane, dit quelle aime à choisir, afin d’épier sa proie, un point quelconque plus ou moins élevé du sol, et qu'elle fait plus particulièrement la chasse aux sauterelles. Naumann et Meyer
rapportent à peu près la méme chose.