DE LA MANIERE DE TRAITER LES OISEAUX DE CHASSE
un parcourant les nombreux ouvrages qui ont été publiés SUr
1) Les signes d’alarme que donnent les pies-grièches varient à l’infini, non seulement suivant l’espèce d’viseau de proie qui se montre, mais :
ssì selon que ce:
rasent la terre, ou qu’ils planent à des hauteurs cons
oiseaux s’approchent lentement ou vite, quils rables, ete.. Il est impossible, sans les avoir observés avec attention, de se faire une idée de Vi
stinct étonnant de ces petits étres dont il faut avoir
bien étudié les habi 28, ava ’ètre à mème de j 9 ; es habitudes, avant d’ètre à méme de Juger au juste des motifs de tous leurs mouvements.. —
l'art de la fauconnerie, on s'apergoit qu'ils sont en grande partie
2) Ce n'est ordinairement qu’en cas de besoin que l’on exerce cette chasse au printemps; d’abord, parce qu'il n’arrive dans cette saison qu’un petit nombre de faucons retournant vers le nord-est, et ensuite, parce qu’alors il ne reste guère le temps nécessaire de les instruire suffisamment pour la haute vo-
lerie — 3) Nous avons fait +
senter sur le titre de notre ouvrage cet appareil connu en Allemagne
sous le nom de «Habichtsstoss».
remplis de détails sur les maladies véritables ou imaginaires des oiseaux de chasse, ainsi que sur les moyens de guérir ces maladies. Se copiant les uns et les autres sans remonter è la source d’où provenaient les secrets de l’art prétendu de traiter les oiseaux malades, et imbus de préjugés dont ils ne savaient pas s'affranchir, les auteurs de ces écrits attachèrent la plus haute importance à cette science obscure, à ce nombre infini de remèdes dont l’inefficacité se montre toutes les fois qu'il S'agit de les appliquer. Plus éclairés que leurs ancétres et guidés uniquement par l’expérience, les fauconniers de nos jours ont totalement rejeté ces fausses pratiques, inventées par les peuples orientaux et dont la connaissance nous a été transmise par les éerits ou traditions des fauconniers arabes; ils ont réduit Vart de traiter les ciseaux de chasse aux éléments les plus simples; ils ont reconnu qu'il n’existe pas de remèdes sùrs pour rétablir la santé des oiseaux atteints d’une maladie sérieuse, et au lieu de prendre des peines inutiles pour les gugrir, ils tàchent plutòt de prévenir ces maladies, en mettant tous les soins possibles è conserver la santé des oiseaux.
Un des points les plus essentiels pour atteindre ce but, réside dans le choix et la juste mesure des aliments que l’on doit distribuer aux oiseaux de chasse. Le pat ordinaire dont on se sert pour les nourrir, consiste en viande de boeuf fraiche dont on a retranché les parties tendineuses et membraneuses ainsi que la graisse. Aux oiseaux de bas vol, on donne cette viande simplement coupée en morceaux plus ou moins gros qu'on leur fait dépecer en les mettant sur le poing; mais si elle est destinée pour les faucons, on la hache au point de former une espèce de pàtée, et on a soin d’y méler quelques ceufs frais. On donne aux oiseaux niais le pàt deux fois par jour,
savoir, le matin à sept heures et l’après midi à cinq heures, et on leur permet d’en prendre chaque fois à leur gré; mais il est bon de leur présenter une ou deux fois par semaine, au lieu du pat ordinaire, soit des pigeons vivants, soit des corneilles ou des choucas récemment tués. Quant aux oiseaux de passage, ou en général à l’égard des oiseaux adultes, il suffit de les paitre une seule fois par jour; mais il est nécessaire d’observer certaines règles par rapport à l'heure où on les repait et à l’égard de la quantité de nourriture qu'on leur présente chaque fois. On donne aux oiseaux de passage nouvellement pris le pàt, le matin è dix heures, et on leur permet en outre de prendre quelques beccades d'un morceau de chair, tant à la suite de leur repas ordinaire qu’au moment de les remettre à la perche, après les avoir portés sur le poing depuis quatre heures jusqu'àè onze heures du soir. On. cesse ce régime dès que commencent les lecons qui ont pour but d’accoutumer l’oiseau è sauter sur le poing. Déès ce moment on lui donne le pat è une heure de l’aprés midi; cependani, cette règle ne sapplique d’une manière aussi rigoureuse ni à l’autour, ni à l'épervier. Les oiseaux de chasse ne sachant pas, à l’état sauvage, se procurer tous les jours une proie nouvelle et étant en conséquence obligés de passer quelquefois, après sétre repus, des Journées entières sans prendre de nourriture, il est essentiel de varier de temps en temps la quantité de pat qu'on leur.donne chaque fois. C'est le samedi qu'on choisit
ordinairement pour leur donner bonne ZOrge,: Ce jour étant Fe l
suivi de celui du repos, où on ne leur distribue que demi-
sorge. Durant l’époque de la chasse, on ne repait les oiseaux
qu@on emploie pour cet exercice qu'au moment quils ont volé; mais il faut encore modifier ce régime è l’égard du gerfaut et des faucons blanc et d’Islande. Ces oiseaux de grande taille digérant leur proie moins vite que les autres espèces, on ne peut les employer pour la chasse successivement pendant deux jours; on leur donne par conséquent bonne gorge le jour qu'ils ont volé et demi-gorge le jour suivant. Comme on repaît de pigeons, pendant les époques de l’affaitage et de la chasse, les oiseaux toutes les fois qu’ils ont volé ou fait leur lecon, ils avalent d’eux-mémes la quantité de plumes nécessaire à la digestion des aliments; mais lorsque après ces époques on ne les nourrit que de viande de boeuf, il est nécessaire de leur donner, au moins deux fois par semaine, soil quelque oiseau vivant, soit la peau d’un oiseau encore couverte de ses plumes; on donne de préférence une peau ou des poils de lièvre ou de lapin, aux espèces de grande taille destinées à la chasse de ces quadrupédes, tels que le gerfaut, le faucon blanc et le faucon d’Islande.
Il ya plusieurs autres points qu'il convient d’observer pour conserver la santé des oiseaux. Quand il fait beau temps, on doit les jardiner, c'est è dire, les exposer à l’air tous les jours, après qu’ils ont rejeté la pelotte. A. cet effet, on porte à l’air les oiseaux niais perchés sur les blocs; mais, pour les oiseaux de passage, on établit dans un jardin ou dans un autre lieu convenable des mottes de gazon hautes d’un pied, sur lesquelles on place les faucons chaperonnés, les attachant à l’aide de la longe à de petites fourchettes de bois fichées dans le sol.
Il est également essentiel de faire prendre de temps en temps des bains aux oiseaux de chasse. A. cet effet, on les porte, l’aile bridée et après leur avoir donné bonne gorge, sur les bords d’une rivière ou d’un étang dont les eaux sont limpides; on les attache sur le sol à l’aide d’une filière liée è la longe; on leur òte le chaperon, puis on se retire à une petite distance. On laisse à l’oiseau, après s'étre baigné, le temps nécessaire pour s'éplucher et se sécher; mais dès qu'il commence à se montrer inquiet, on s'approche de lui avec précaution, on le prend sur le poing, on lui remet le chaperon et on le porte chez soi. S'il s'agit de baigner les ciseaux niais, on peut aussi se servir à cet effet d'un vase très spacieux d’argile ou de bois. Durani l’époque de l’affaitage, on baigne les oiseaux tous les huit jours; mais on ne les baigne qu’une fois dans l'espace de trois semaines, dès qu’ils sont affaités au point de voler pour bon.
Le traitement des oiseaux de chasse, lors du temps de la mue, exigeant beaucoup de soins, on ne garde ordinairement, à l’approche de cette époque, que les espèces rares ou les individus dont on a pu apprécier les bonnes qualités. Dès qu'ils commencent à changer de plumage, on les met trois ou quaire ensemble dans des appartements spacieux; on y place des blocs pour qu'ils puissent se percher; on leur òte les entraves, les sonnettes et le chaperon; on leur distribue tous les jours une nourrituré abondante; on les baigne souvent; en un mot, on tàche de favoriser par des soins assidus le développement des nouvelles plumes et d’entretenir la santé de ces précieux
oiseaux. Si les ciseaux hérissent les plumes, s'ils tremblent, c'esi
un signe qu'ils deviennent malades, ce qui arrive le plus souvent durant l’époque critique de la mue. Il faut alors redoubler de soins et les nourrir, au lieu du pàt ordinaire, de pigeons vivants; c'est à cela que se borne la science pharmacologique des fauconniers modernes, et cette panacée tient lieu de tous ces nombreux remédes employés autrefois par leurs confréres.
Les fauconniers ont des procédés aussi simples qu’ingénieux pour remédier aux accidents qui arrivent au pennage des oiseaux. Si une penne se trouve rompue ou froissée, on la coupe pour en séparer la partie détruite, que l’on remplace par une penne correspondante de la méme espèce d’oiseau, par conséquent absolument semblable et coupée de maniére qu'elle se joigne parfaitement à l’autre penne. Après avoir trempé préalablement l’aiguille è enter dans une solution de sel ou dans du vinaigre, on la fixe d’abord dans la nouvelle penne, et puis on l’attache à celle qui tient à l’oiseau, que l’on fait prendre sur le poing par une deuxième personne lors de cette opération. Nous ne parlerons pas des blessures que peuvent recevoir les oiseaux de chasse; si elles sont légères, elles guérissent d'elles-mémes; si, au contraire, elles touchent aux parties nobles, ou si l’oiseau s'est rompu l’aile, la cuisse ou la Jambe, la guérison, si elle a lieu, est ordinairement de nature è rendre l’oiseau de nulle valeur pour la chasse.
Il arrive souvent que les oiseaux sont incommodés par la vermine. On se sert, pour les en débarasser, d’une infusion de tabac mélée avec de l’eau-de-vie. Après avoir mouillé de ce liquide le bec, la nuque, les Jointures de l’aile, le croupion et les pieds des oiseaux, on fait sortir, au moyen de la fumée de tabac, la vermine qui ne tarde pas à mourir, dès quelle a touché aux endroits mouillés par ce liquide. Comme il faut avoir soin de ne pas endommager le pennage de l’oiseau, il est nécessaire de se faire seconder par deux aides, lors de la première partie de cette opération qui s'appelle laver l’oiseau, l’un pour mettre et retenir l’oiseau sur un coussin posé sur une table, l’autre qui esi placé au còté gauche pour tenir les serres de l’oiseau. Deux personnes suffissent pour exécuter l’autre partie de l’opération qui s'appelle fumer l’oiseau; l’une, se placant devant, l’autre derrière l’oiseau que l’on a attaché sur la perche. On se sert, à cet effet, d’une pipe de terre cuite dont on a enlevé la moitié du tuyau; . après l’avoir remplie de tabac léger et en avoir enveloppé d’étoupes le fourneau, on
allume la pipe et prenant alors le fourneau è la bouche, on