‹ Traité de fauconnerieChapitre 26 sur 66 · DE LA FAUCONNERIE EN AMERIQUE · texte numérisé non relu

DE LA FAUCONNERIE EN AMERIQUE

On ne possède que peu de renseignements relatifs à la chasse au vol en Amgrique. Cet art, évidemment apporté de l’Asie au Nouveau Monde, par des tribus qui y usurpèrent le pouvoir supréme, s'exercait encore par leurs descendants, les princes du Mexique, lors de la conquéte de ce royaume par les Espagnols. Herréra, l’historien des expéditions de Ferdinand Cortez rapporte les faits suivanis touchant la fauconnerie de Montézuma. Aprés avoir parlé du magnifique palais de ce prince et décrit le jardin qui l’entourait avec ses douze bassins

d'eau peuplés d’oiseaux aquatiques de toute sorte, il dit 6)

fol. p. 90. — 5) Elles font partie de l’onvrage chinois intitulé «Ying Soung tchhao hoei thon Fal ya», c'est à dire « Dictionnaire encyclopédique Bul ya, avec des figures, fait par Ying Soung »; édition de 1801 8 vol. în 49; voir au vol. II, p. 28, verso. — 6) Historia general de los hechos de los Castellanos, Madrid, 1601, fol.; Decada II, libro 7, cap. 10, p. 236.

qu'il se trouvait près de ce palais une autre maison également trés belle, renfermant de superbes appartements, et que l’on appelait la maison aux oiseaux. Les oiseaux cependant qui Sy trouvaient étaient d’une autre espèce que ceux que l’on tenait dans les eaux des bassins: c’étaient tous des oiseaux de proie qui ne servaient que pour la chasse. Les personnes chargées de surveiller ces oiseaux, les traitaient avec tous les soins possibles et en hommes experts dans ce genre d’occupation. Montézuma lui-méme visitait cette maison plus souvent qu’aucune autre, afin d’examiner les oiseaux de chasse; et il se plaisait à entretenir les chasseurs et les gardiens de ces oiseaux, sur les secrets et beaucoup d'autres choses concernant la chasse au vol. Certaines grandes salles de cet édifice étaient remplies d'un grand nombre de sujets appartenant à différentes variétés de l’espéce humaine, de nains, d’individus monstrueux, et on voyait dans d’autres salles, des cages avec des bétes sauvages, de grands serpents, des crocodiles, etc. Les oiseaux de chasse étaient gardés dans une salle qui s'étendait le long du corridor, dans de spacieuses cages de bois de forme cylindrique, et pourvues de perches. Tous ces oiseaux de chasse appartenaient à neuf ou dix espèces, et parmi eux se trouvait une cinquantaine d’individus remarquables par leur voracité, attendu que chacun d’eux dévorait, à chaque repas, une poule cu un coq. Tous ces oiseaux étaient séparés les uns des autres, et pour les nourrir, on avait journellement besoin de cinq cents pièces de volaille. Le nombre des gardiens auxquels était confié le soin pour ces oiseaux, montait à cinq cents, sans y compter les chasseurs, dont le nombre était encore très considérable. Plusieurs de ces oiseaux de chasse s'y trouvaient déjà depuis de longues années et beaucoup d’entre eux étaient tout à fait inconnus aux Espagnols. Herréra en décrivant 1) ensuite les grandes chasses que faisait Montézuma, dii 2) que l’on exergait aussi la chasse au vol, mais que ce prince n’y prenait que peu d’intérét, nonobstant qu'il amenait constamment avec lui un certain nombre d’aigles et d’autres ciseaux de proie, ce qu'il faisait principalement dans le but de montrer sa grandeur et sa supériorité sur les autres rois.

Tout porte à croire qu’en Amérique la chasse au vol n'a été connue que par un très petit nombre de peuples, ei que les Européens qui se sont établis dans ceite partie du monde, ne l’oni pas non plus exercée. Nous n’avons trouvé aucun

document indiquant qu'elle ait été exercée par des indigènes de l’Amérique du Nord, et Wilson 3) dit expressément qu'elle leur est tout à fait inconnue. Pour l’Amérique méridionale, ce ne sont, à ce quil paraît, que quelques parties des Andes, où cette chasse s'’exerce aujourd'hui. Poppig 4), en parlant, dans la relation de son voyage, des Andes du Pérou et particulitrement des environs de Quito, rapporte que les indi-

gènes chassent le Pisaca 5), petite espèce de gallinacée que

l’on pourrait comparer à la caille, avec des faucons que l’on sait parfaitement affaiter pour ce vol; et le capitaine de vaisseau, M. Boelen, nous fait part qu'il y a méme vu chasser le lama avec des faucons.

1) Cap. XI, p. 239. — 2) Libr. 8, cap. 4, p. 264 — 8) American Ornithology, 8%, 1832, vol. I, p. 255,

à l’article du Falco columbarius. — 4) Reise in Chilé, Peru, etc., Leipsick, 1836, 4, tome II, p. 53. — 5) Cet oiseau fait partie du genre Crypturus des naturalistes.

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