DE LA FAUCONNERIE A LA COUR DES EMPEREURS BYZANTINS
Les seules données qu'on possède sur la fauconnerie des empereurs byzantins datent du douzième et du treizièéme siècle de notre ére. Les voici.
Euphrosine, femme de l’'empereur Alexis Comnène, se faisait accompagner, en se rendant à la chasse, d’un grand nombre de veneurs et de fauconniers; elle dirigeait elle-méme de la voix les chiens, et elle mettait un gant doré à la main où elle portait l’oiseau 10).
L’empereur Andronicus le Paléologue entretenait des chiens et des oiseaux en grand nombre, et leur poriait une affection toute particulière. Après sa mort, Catacuzenus les distribua è quiconque en demandait r1).
Il existe plusieurs traités de fauconnerie écrits en langue grecque, et composés dans le treizième siècle. Celui de Démétrius offrant plusieurs détails curieux, nous en donnons l'extrait succinet que voici. Démétrius rapporte que, pour prendre les oiseaux branchiers, on se rendait, en été, dans les foréts en montagne, afin d’y établir, dans une clairière, une cabane, tout au plus assez spacieuse pour recevoir un seul homme; on revétail cette cabane de toute part de feuilles, pour lui donner l’apparence de la demeure naturelle des pigeons ou des poules que l'on y mettait après les avoir habitués à sortir et fauconnerie. (Notice tirée d'une missive de ce fauconnier, datée du 25 avril 1780 et deposde aux Archives de la couronne à Kopenhague) — 8) Pallas, Zoographia, tome I, p. 336. — 9) Dans une lettre datée
10 aoùt 1
11) Nicephori Gregorae, Byzantinae his
5. — 10) Nicetae Acominati Choniatae Annales, Basil., 1557, lib. III p. 256. — riae, libri XI; Basiliae, 1562, fol.; lib. XI, p. 256.
Kiov,
à rentrer par une ouverture pratiquée dans les parois de la cabane. Parcourant en tout sens la forét è la recherche des jeunes ociseaux de chasse, on tàchait de les attirer, en imitant au moyen d’un sifflet la voix de leurs parents, vers la cabane où se irouvait caché un fauconnier, qui ne tardait pas è semparer du faucon aussitòt que celui-ci suivait le pigeon ou la poule jusque dans leur retraite. D'autres fauconniers employaient le moyen suivant pour prendre ces oiseaux: ils s'étendaient par terre et se couvraient d’herbes tout le corps, à l’exception des yeux; tenant dans la main gauche un pigeon qu’ils remuaient è l’approche du faucon attiré par les sons du sifflet, ils saisissaient celui-ci, aussitòt qu'il s'était emparé du pigeon. D’autres encore prenaient ces oiseaux, soit au moyen de gluaux dont on entourait un pigeon attaché è terre, soit dans des filets suspendus à la cime des arbres, et au centre desquels était placé, comme appàt, un pigeon ou une poule. Quant aux oiseaux niais, on les dénichait simplement, en appliquani des échelles aux arbres où se trouvait l’aire. Aussitòt que l’on avait pris un faucon branchier, on le placait dans un sac de linge, qui lui couvrait tout le corps, è l’excepiion de l’anus, et dans lequel on le laissait pendani plusieurs jours; aprés quoi on le retirait pour l’affaiter 1). On gardait ces oiseaux dans un cabinet obscur, garni de perches semblables à celles en usage de nos jours; ils y étaient attachés, au moyen de jets, à une distance convenable les uns des autres, et les perches étaient pourvues du linge flottant, dont les fauconniers font usage encore aujourd'hui. On ne donnait le pàt aux oiseaux qu'une fois par jour, ayant soin de le varier tous les jours, et on leur faisait prendre un bain tous les quatre jours. Les principes de l’affaitage étaient les mémes que de nos jours; mais il paraît que l’on ne dressait les oiseaux que pour la basse volerie 2). Avant d’aller à la chasse, on avait soin de porter les oiseaux presque continuellement sur le poing, et de ne leur donner que très peu de nourriture dans cet espace de temps. On se rendait dans les champs avant le lever du soleil, tenant le faucon sur le poing droit 3); ayant découvert la remise du gibier, on tàchait de s'en approcher avec précaution, les yeux détournés et en imitant leur cri si c’étaient des perdrix qu'on allait chasser; mais arrivé à une distance convenable, on se mettait à courir à toutes jambes vers le gibier pour le faire partir de sa remise; on jetait aussitot le faucon et, en faisant entendre de grands cris, on croyait l’encourager à des attaques plus promptes. Le fauconnier, ayant suivi le vol avec la plus grande célérité, détachait aussitòt le gibier pris par l’oiseau pour l’abreuver du sang jaillissant d'une incision pratiquée, au moyen du couteau, à la gorge du gibier, et pour lui faire goùter du cerveau, du coeur, du foie et des autres parties tendres. On faisait voler de la sorte chaque faucon trois à quatre fois par jour 4). En se servant de chiens pour le vol de la perdrix, on faisait voler amont le faucon, ou on
le plagait è terre dans le voisinage du chien; le fauconnier
1) Chap. II, p. 3 à 6. Il est bon de remarquer que Démeétrius ne fait pas mention du chaperon, dont Pempereur Frédéric avait appris l’usage par les fauconniers arabes. — 2) L. e. p. 9. — 3) Dans d’autres endroits de son livre l’auteur dit qu'il faut tenir l’oiseau sur le poing gauche. — 4) Chap. VII, p. 13 à 17. — 5) Dernier chapitre p. 108 à 118. 6) Chronicon Joannis de Beka, Franequerae, 1611, A p. 85. — 7) Ryks Archief, Lib. III, Aelbrecht. — 8) Placaten, liv.I, p. 2. — 9) Ibid. p. 159. — 10) Lo p.10.— 11) Francisci Heraei, Annales ducum Brabantiae, Antwerp., 1623, fol., tom. I, p. 458. — 12) Merula, p. 27. 13) Ibid. p. 87. — 14) Ibid. p. 36. — 15) Ils sont tirés des archives du ci-devant département
vien resscorestrEsi
occupait alors un point un peu élevé afin de pouvoir mieux surveiller la chasse. Il en était de méme du vol du faisan, que l'on faisait partir en poussant de grands cris, vu que ces oiseaux aiment à se sauver à la course. L’auteur parle également du vol du canard, que l’on faisait encore partir en poussant des cris ou en battant du tambour; mais il ajoute que les faucons qui voleni cet ciseau, ne doivent pas étre
garnis de sonnettes 5 DE LA FAUCONNERIE DANS LES PAYS-BAS.
Il n'existe qu’un petit nombre de documents historiques relatifs è la fauconnerie dans les Pays-Bas. Cet art y a probablement été iniroduit par les Frances; mais on ignore jusqu'à quel degré il s°y est développé dans le moyen ige.
Parmi les comtes de Hollande, ce fut particulièrement Floris V, qui aima cet exercice, et on sait qu'il s'était rendu à une chasse au vol, dans les environs d’Utrecht, l’épervier sur le poing et accompagné de ses fauconniers, lorsque, en
1296, il fut fait prisonnier et assassiné par quelques nobles
séditieux du pays 6). — En 1387, le prix d’un faucon sors était, en Hollande, de 5 schellings 7). — Nous trouvons dans
Merula 8), que déjà en 1396 il existait un gardien de la héronniére à Blindelmeerbroek. — Une ordonnance de Philippe de Bourgogne, du 14 Sept. 1460, défend è qui que ce soit d’exercer la chasse au vol dans le bois de La Haye; cette ordonnance fut renouvelée, par le prince Maurice, le 7 Avril 1593 9). — Un édit de Maximilien d’Autriche et de Marie de Bourgogne, datant du 9g Juillet 1478, ordonne que tous ceux qui désirent exercer en Hollande la chasse au vol, seront obligés de se munir d'une permission du grand-forestier 10), — Cette princesse mourut, à la fleur de l’age, le 25 Mai 1482, des suites d'une chùte de cheval qu'elle fit lors du vol du héron rr). — Une ordonnance de Charles V, du 22 Sept. 1539, fait connaître que tous les oiseaux de chasse, pris en Hollande, devront étre déposés, pour qu'on en puisse faire un choix, à la fauconnerie de La Haye, et que les personnes qui apportent des faucons du nord, seront obligges, avant de les vendre, de les présenter à la régente 12). — Phi lippe Il a fait renouveler, le 7 Juillet 1579, une ordonnance de Charles V, portant qu'il était défendu d’exercer la chasse au vol en Hollande, sous peine d’une amende de dix florins 13). — Merula 14) a dressé, d’aprés les diverses ordonnances qu'il avait sous les yeux, la liste du gibier que l’on volait alors en Hollande: c’étaient la perdrix, le faisan, le butor, le héron, le bihoreau, la grue, les cygnes sauvages, la spatule, l’outarde et le cormoran. — Nous avons été è méme de consulter plusieurs documents relatifs à la fauconnerie et datant de l'année 1586 15). Le premier, signé R. Leycester, fixe le prix des oiseaux de chasse, qui seront iransportés par les Pays-Bas en un lieu quelconque 16). Le deuxiéme, également signé
R. Leycester, fixe le prix des oiseaux de chasse pris près de
forestier de la Hollande et de la Frise occidentale; voir le Régistre intitulé: Divers raekende de Houtvesteriie, no 2, fol. 43. — 16) Ces prix sont notés comme suit: un gerfaut mué, 15 florins; un gerfaut sors, 10 flor.; un tiercelet de gerfaut mué, 13 fl. et 3 sous; un tiercelet de gerfaut sors, 8 fl. et 8 sous; un faucon mug, 20 fl.; un faucon sors, 15 fl.; un tiercelet de faucon mué, 8 fl.; un tiercelet de faucon sors, 5 flor.; un lanier mué, 13 flor.; un lanier sors, 12 flor.; un tiercelet de lanier muég, 8 fl. et 10 sous; un tiercelet de lanier sors, 7 flor.; un autour hagard, 7 flor. 10 sous; un autour sors, 10 flor.; un tiercelet d’autour mué, 5 flor.; un tiercelet d’autour sors, 7 flor. 10 sous.
La Haye ou en Hollande 1). Le troisième contient l’instruction donnée è un nommé Philips Direxz., quand celui-ci avait prété serment, devant la Chambre des comptes, entre les mains du grand-fauconnier Jean Heyn, lors de son installation comme maître-fauconnier. Cette instruction porte I°: que le maître-fauconnier doit faire de son mieux pour prendre ou faire prendre des faucons, soit en Hollande, soit dans d’autres contrées; II°: qu'il doit s'arranger, avec les individus qui prennent des oiseaux de chasse dans la province de Hollande, de manière à ce que ces oiseaux lui soient apportés pour étre présentés à Son Excellence 2); I°: qu'il est tenu d’agir de méme à l’égard des personnes qui transporteront des oiseaux par les Pays-Bas en d’autres lieux, afin que Son Excellence puisse faire un choix tout au plus de deux faucons de chaque cage, et qui seront payés au taux fixé par la loi 3); IV°: qu'il doit mettre tous les soins possibles pour entretenir toutes sortes de vols et maintenir cette chasse.
Les princes d'Orange, stadhouders de la Hollande et de la Frise occidentale, furent revétus par les Etats des dignités de grand-forestier, de grand-veneur et de grand-fauconnier. Ils nommaient à leur tour, pour exercer les fonctions de ces charges, un ou rarement plusieurs lieutenants. Le prince Maurice, par exemple, s'adjoignit comme lieutenant grand-forestier, grand-veneur et grand-fauconnier, Guillaume de Blois dit Treslong 4); et cette charge fut exercée sous les princes Frédéric Henri et Guillaume II, par Jean van den Kerkhoven, Seigneur de Heenvliet 5). Le 12 Novembre 1612, Reynier van Oidenbarnevelt, Seigneur de Groeneveld, fut nommé, par le prince Maurice, grand-fauconnier de la Hollande et de la Frise occidentale 6). Le prix stipulé et payé à la place des oiseaux de chasse dù comme droit ou hommage féodal était, en 1631, comme suit: un épervier sors, un florin; un couple d'émérillons, cinq sous; un autour sors, trois florins quinze sous; un autour hagard, quatre florins quinze sous; un autour hagard, quatre florins à quatre florins huit sous 7). Nous voyons par plusieurs lettres 8) adressées, en 1636 et 1637, au prince d'Orange, par D. de Haerlem, Seigneur de Berkenrode, qu'il exista, à cette époque, dans le bois entourant ce chàteau, une héronniére où nichaient plus de mille couples de hérons, de bihoreaux et d’autre gibier. Ce gentilhomme se plaint des fréquents abus que l’on faisait, soit en abattant le gibier à coups de fusil ou d’arbalète, soit en chassant avec l’autour 9g); car cet oiseau, dit-il, détruit dans une seule journée plus de hérons que ne le sauraient faire vingt faucons. Il supplie Sa Gràce, de lui accorder une sauvegarde avec défense pour qui que ce soit de chasser ou de tirer dans ses terres ainsi que dans les bois et les marais, sétendant depuis la ville de Haarlem et le chaàteau de Berkenrode jusqu'à Overveen, au Vogelensang, au Weligenbergh ei à Heemstede, afin de prévenir, par ce moyen, la destruction complète de cette belle chasse qui, depuis quatre
sicles, a fait les délices des seigneurs de Berkenrode et que
1) Savoir: un gerfaut mué, à 7 flor. 10 sous; un gerfaut sors, à 6 flor. 13 sous; un tiercelet de gerfaut mué, à 6 flor.; un tiercelet. de gerfaut sors, à 6 fl. 13 sous; un faucon mué, à 7 fl. 10 sous; un faucon sors, à 6 fl.; un tiercelet de faucon mué ou sors, à 2 flor.; un lanier mué, à 8 fl.; un lanier sors, à 5 fl.; un tiercelet de lanier, mué vu sors, à 2 flor.; un autour hagard, à 2 fl. 10 sous;
un autour sors, à 3 flor. 10 sous; un tiercelet d’autour hagard, à 2 fl.; un tiercelet d’autour sors,
à 2 fl. 10 sous. — 2) C’està-dire au comte de Leicester qui avait été élu, en cette année, Stadhouder
genéral de la Hollande. — 3) Les articles 2 et 3 de cette instruction se trouvent également dans plusieurs
les princes de la maison de Nassau viennent fréquemment visiter pour y exercer la chasse au vol. Il est évident par un document de cette époque que le prince Frédéric Henri avait en son service un fauconnier, nommé Jean van der Brugge, chargé exclusivement de la fauconnerie, et un nommé Pierre Noorman, chef de l’autourserie du prince 10). — Nous retrouvons le nom de ce méme fauconnier, mais gerit d'une manière différente, savoir Jean Verbrugge, dans une pièce manuscrite datée de cette méme époque. Elle contient l’octroi obtenu du Roi de Danemarck et de Norwége, sur l’ordre du princestadhouder, par Jean Verbrugge et Henri de Gier, fauconniers du prince. Par suite de cet octroi, il leur fut accordé d’aller prendre des faucons en Norwége. On leur laissa le choix d’exercer cette chasse è frais communs et dans les mémes lieux, ou d’y aller chacun pour son propre compte. Dans ce dernier cas, ils avaient convenu de diviser la Norwége en deux parties que chacun irait explorer è son tour, et qu'ils tireraient au sort.
Depuis cette époque jusqu'au commencement du dix-neuvième siècle il ne nous est guère resté des détails sur la fauconnerie des princes d'Orange, mais on sait quelle n'a cessé d’exister qu'en 1795, époque de l’invasion des Francais en Hollande.
Avant de passer à l’histoire de la fauconnerie des temps modernes, il convient de dire quelques mots de l’influence que les fauconniers hollandais ont exercée sur la fauconnerie en général. La Hollande a eu, depuis plusieurs siècles, la réputation de produire les meilleurs fauconniers du monde. Guiciardini déjà a fait leur éloge dans ce sens 11). D'Arcussia 12) se donne beaucoup de peine pour démontrer la supériorité des fauconniers frangais sur leurs confrères hollandais; ce qui prouve pour le moins, que ces derniers étaient dignes de rivaliser avec les fauconniers francais à une époque où l'art de la fauconnerie était parvenu à son apogée en France. Au reste, le fait que beaucoup de princes et de particuliers du sicle passé ont appelé en leur service des fauconniers hollandais parle trop ouvertement en leur faveur, pour qu'on puisse leur contester un talent généralement reconnu aujourd’hui. Il parait que ce sont plus particulièrement deux causes qui ont contribué à faciliter le développement de ce talent chez les Hollandais. L’une tient évidemment au caractère national qui se distingue en général par toutes les qualités requises pour l’exercice de la fauconnerie, savoir le calme, la patience, la persévérance, la sobriété, le bon sens, industrie ete. L’autre
réside dans la nature du pays, dont les bruyères étendues
offrent un terrain des plus convenables, tant pour prendre des faucons qui y passent en grand nombre, que pour y donner, aux oiseaux destinés pour la haute volerie, les derniéres lecons d’affaitage, et y exercer cette chasse méme. Ce sont quelques villages situés dans la province actuelle du
Brabant septentrional, el particulièrement celui de Valkens-
documents postérieurs. Voir Merula, livre IIl, p. 27 et 28; ordonnance du 26 Novembre 1612 et Placaat du 1 Avril 1633. — 4) Wagenaar, Vaderlandsche Historie, VIII, p. 87. — 5) Register van Commissien en Actens, manuscrit, fol. 3, verso. — 6) Archives, 1. e. — 7) P. Bort, Tractaat van de Leenen, p. 317 et 318. — 8) Archives, I. c., no 3, fol. 243; ibid., fol. 245; ibid., fol. 247 et 248. — 9) Voir plus haut, p. 55, note 2, ce que nous avons dit du vol du héron avec l’autour. — 10) Requéte manuscrite présentée par le nommé J. v. d. Brugge à la chambre des comptes du comté de Hollande. — 11) Decrittione di tutti i paesi bassi, Anversa, 1588, fol. p. 36 è 38. — 12) D’Arcussia, Conférence, p. 28.
waard 1), qui ont été, depuis des siècles, le siége des fauconniers hollandais. L'évéque Ophovius >), qui vécut dans la première moitié du dix-septième siècle, fait mention d’un fauconnier habitant le village de Bergeik. Oudenhoven 3) qui écrivit à cette méme époque, dit que le village de Valkenswaard est habité d’un grand nombre de fauconniers. Les maisons de ce lieu ont en effet été bAties en grande partie par les fauconniers de cette époque 4). Il y avait autrefois dans ce village une trentaine de maîtres-fauconniers, dont la dépense annuelle s’élevait è cent mille florins. Deux fauconniers étrangers, l'un au service du Prince de Galles, l’autre au service de l’électeur de Saxe, s'étaient établis è Waalre, village des environs de Valkenswaard, et dépensaient environ dix-mille florins par an. Vers la fin du sigcle dernier, il n'y avait pas plus de douze fauconniers è Valkenswaard; encore la plupart d’entre eux éiaient-ils an service de princes étrangers; aussi ne relournaient-ils dans leurs foyers qu’en automne, pour y aller prendre et affaîter des faucons. Au temps de la plus grande fleur de la fauconnerie, les bruyères de toute la province du Brabant septentrional éiaient couvertes de cabanes pour prendre des faucons, et beaucoup de personnes qui n’étaieni pas des fauconniers de profession, quittant en automne le métier qu’ils exercaient habituellement, trouvaient une occupation plus lucrative en allant prendre des ciseaux de chasse. Les oiseaux, pris dans la saison, après avoir été apportés à Valkenswaard, s'y vendaient publiquement au plus offrant, et se payaient souvent cent à cent cinquante florins la pièce 5). Les fauconniers hollandais se rendaient encore, pour prendre des faucons, en Frise, en Allemagne 6) et méme jusqu'en Norwége et en Suède 7). Beaucoup d’entre eux entraient au service de princes ou de particuliers étrangers 8), et c'étaient le plus souvent eux qui faisaient le commerce de faucons 9) et qui allaient transporter les faucons d’Islande, de Kopenhague aux différentes cours de l'Europe et méme jusqu'à celle de l’empereur du Maroc 10). Ceux qui restaient sédentaires à Valkenswaard, possédaient généralement des terres qu’ils faisaient cultiver, et c’étaient encore eux qui tenaient les auberges 11). Ces gens industrieux formaient une espèce de corps de métier 12), lequel ne manqua jamais de donner aux princes qui venaient passer par leur village, le spectacle d’une chasse au vol ou d'un simple vol aux oiseaux d’échappe 13).
L’histoire de la fauconnerie en Hollande depuis la décadence de cet art appartenant à l’histoire de la fauconnerie des
1) Valkenswanrd signifie bourg aux faucons. Il paraît cependant que ce village portait encore au dix-septième sièele le nom moins poétique de « Varkenswaard », c’està-dire bourg aux cochons, du grand marché de cochons qui s’y tenait. anciennement. Voir J. van Oudenhoven, Beschrijving der stad i meijerij van ‘s Hertogenbosch, Amsterdam, 40, 1649, p. va Une Gausirmation ce nom gl para avoir eu lieu par rapport au célèbre palais, dont les ruines se voient encore aujourd’hui à Nymnegue: Cei édifice, darant en partie du temps de Charlemagne, portait anciennement le nom de Waalhof ce quì signifie cour au Waal, c'està-dire cour située sur dos bords Da Aaa pori Canoe den quelques siècles en celui de Valkenhof, qui signifie cour aux faucons. Voir Smetius, Chronijk van de stad
der Batavieren, Nymègue, chez van Goor, 80, sans date, p. 19. — 2) Diarium, p. 133. — 3) A l’endroit cité.
H è gtai ù va lire sur ce village, détails dont la tradition 4) Jai recucilli sur les lieux mémes les détails que l’on va lire sur ci g
s’y est conservée jusqu'à nos jours. J'ai rencontré dans cet endroit, célèbre par la salubrité de l’air,
OCA 206 si S re-vi dix et méme de cent ans, lesquelles se rapplusieurs personnes ‘àgges de quatre-vingts, de quatre-vingt dix q n aien
pelaient parfaitement beaucoup de circonstances relatives à la fauconnerie du IORE PASS et qui a encore gardé le souvenir des traditions que leurs pères et grand-pères eur avalent PE: SERE sur les fauconniers de ces lieux, quelques notices, données en 1786 par le conseil municipal de inséré dans le journal intitulé: Letterbode,
Valkenswaard, dans un mémoire de M. W. .C. Ackersdyk, 5 É nane e ces faucons avaient été année 1838, p. 179 à 181. — 5) On lit dans beaucoup d’ouvrages que ces faucons avaient été
È istfici e erreur. — e fa ier hollandais qui se rendait annuellement avant d’étre vendus; mais c’est une erreur. 6) Le fauconni si
fFaîtés
é è gtai igé ro enir la permission d’y prendre des faucons, de payer un dans le duché de Brème, était obligé, pour obtenir la permissio; YP
droit consistant en un hobercau affiité et une ou deux livres de poivre. Plus tard, on lui fit payer
temps modernes, nous en traiterons dans le chapitre suivant.