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DE LA FAUCONNERIE DES TEMPS MODERNES

La fauconnerie, après avoir fleuri en Europe depuis son introduction au quatrième siècle de notre ère jusque vers la fin du dix-huitiéme, commenca, dans les dernières dix années de ce siècle, è tomber successivement en désuétude dans les différents états de l'Europe; elle tomba totalement en oubli pendant les guerres dans lesquelles presque toute l'Europe fut enveloppée depuis la grande révolution francaise jusqu'à la paix générale en 1815; et ce ne fut que de nos jours que l’on s'efforca de faire revivre, sur quelques points de l'Europe, un art qui avait fait, pendant tant de siécles, les délices de nos ancétres.

Les auteurs modernes qui, dans Teurs écriis, ont parlé de l’histoire de la auconnerie, ont généralement attribué la décadence de cet art aux causes suivanfes. Ce seraient, selon eux, la diminution des faucons, l’invention du petit plomb ainsi que le goùt universel de la chasse au fusil, et la culture toujours croissante des terres, lesquelles auraient amené cette décadence. Pourtant, il est facile de réfater ces assertions. Les essais de fauconnerie faits de nos Jours ont prouvé la possibilité de se procurer des faucons en nombre suffisani pour exercer toutes sortes de chasses au vol. Il est vrai que l’invention du petit plomb, dans la dernière moitié du dixseptième siècle, a beaucoup contribué à rendre le goùt de la chasse au fusil plus général qu'auparavant; mais nous avons vu plus haut que la fauconnerie florissait encore, pendant la plus grande partie du sigcle passé, dans la plupart des pays de l'Europe. La culture plus étendue des terres enfin a pu contribuer à restreindre l’exercice de la chasse au vol dans certaines localités; mais non pas influer de manière à le rendre tout è fait impossible. En un mot, il fallait des circonstances plus puissantes que celles que nous venons d’énumérer, pour amener la décadence complete d’un art cultivé par tant de peuples, avec tant d’amour, et pendant une si longue série de siècles.

On ne peut nier que le goùt individuel des princes qui ont éié successivement à la iéte des différents états de l'Europe, n’ait trés souveni contribué d’une maniere visible à faire fleurir ou languir la chasse au vol dans les pays qu'ils gouvernaient; mais ces sortes de fluctuations ont existé à diverses époques de l’histoire, et elles sont demeurées sans effet hors des limites du pays où elles avaient lieu. La plupart des pays

la valeur de ces ‘objets en argent; le hobereau ayant été évalué à un éeu et 12 gros et la livre de poivre à 12 gros. Ce fauconnier prenait dans une saison, six à huit faucons; mais en lannée 1765 il en avait pris treize, parmi lesquels se trouvait un faucon tout blanc: Hannòverisches Magazin, 1766, col. 1483 et suiv. — 7) Voir plus haut les notices tirées des archives de la couronne à Koppenhague. 223 8) Voir les details que nous avons donnés à ce sujet en traitant de la fauconnerie en Allemagne et au Danemarck, et ceux que nous donnerons dans le chapitre suivant. Du reste, il suffit de lire les noms de Verhagen, Kaarsemakers, Verhoeven, fauconniers, dans le sièele passé, au service du roi du Danemarck pour savoir que ce furent tous des Hollandais. — 9) Voyez entre autres d’Arcussia, Fauconnerie du Roi, Chap. XHI, p. 302. — 10) Ce fait est geénéralement connu des habitants de Valkenswaard. — 11) Ceci s’applique encore à quelques fauconniers de nos temps. — 12) Ils conservent jusqu’à ce jour la mémoire de St. Bavon, patron de la confrérie des fauconniers, comme St. Hubert l’est de celle des veneurs. Ils racontent que St. Bavon, natif d’Hall en Belgique et que Ion dit avoir véeu au septième siècle de notre ère, ayant été accusé d’avoir volé un faucon blane, fut condamné à étre pendu* On s'était déjà rendu sur les lieux où l’exécution devait avoir lieu, lorsque tout d’un coup le faucon égaré parait dans les airs et g’abat sur la potence. L’innocence de St. Bavon ayant paru dans tout son Jour par ce signe du ciel, il fut absous du crime dont on Pavait injustement accusé et choisi dès ce moment patron de la fauconnerie. Sa fète se célèbre au premier du mois d’Octobre. — 13) Ce qui eut lieu en 1781 entre autres, lorsque l’Empereur Joseph II passa par Valkenswaard, ainsi que l’année suivante lors du passage par ce village du grand-duc héritier et de la grande-duchesse de Russie. Voir Letterbode, année 1838, p. 181.

FSIIIDEZISIA RAISI RISO IRSOILEDVORIEITIoI TOTI RI TONSAISITESMILISTICITANISINLeINIee ANTI TITO TeTETETe tei i TTT

nous offrent des exemples de ce genre. Nous avons vu qu'en Russie, en Suède et méme au Danemarck, la chasse au vol n'a jamais autant fleuri qu'en France ou en Allemagne; les rois d’Angleterre postérieurs à Charles II n’en ont guere plus fait de cas; en Prusse, elle fut supprimée d’un seul coup par Frédéric le grand, peu de temps après son avénement au tròne; en France, elle a langui dès les temps de Louis XIV, parce que ce prince et ses successeurs lui préféraient la vénérie; mais malgré quelle fut négligée, elle n°y tomba en désuétude que lors de la grande révolution. Beaucoup de princes allemands, au contraire, les rois du Portugal et plusieurs nobles d’Angleterre n’ont cessé d’exercer cette chasse avec la plus grande splendeur que lorsque des circonstances majeures les forgèrent d'’y mettre un terme.

Ces circonstances, c’étaient les suites de la grande révolution francaise, c'étaient les guerres qui la suivirent et dont presque tout le continent de l'Europe fut enveloppé. Le bouleversement général de l'ancien ordre des choses et. des idées qui en fut le résultat, et plus de vingt ans de troubles tels que l'Europe n’en avait pas essuyé depuis des siècles, suffirent pour faire disparaitre un exercice qui rappelait trop ouveriement la somptuosité et les profusions des temps passés, pour ne pas encourir désormais la désapprobation de la voix publique. Les fauconniers existant alors ne trouvant. plus d’emploi, se virent pour la plupart obligés de se chercher d’autres occupations; ils vieillirent ou moururent, et leurs fils, n'ayant aucune perspective de gagner leur vie en se vouant à Part de la fauconnerie, abandonnèrent le métier. de leurs pères ou furent appelés sous les armes.

L'art d’affaîter des oiseaux pour la chasse, et celui d'exercer les différents genres de vol, se seraient done infailliblement perdus, si quelques fauconniers de Valkenswaard n’eussent été appelés au service de quelques particuliers, habitants d’une contrée qui était située en dehors du rayon des grandes guerres dont le continent de l'Europe se trouvait envahi. Cette contrée, c'étail l’Angleterre qui, par sa position insulaire, avait l’avantage d’étre à l’abri des troubles qui régnaient sur le continent, et dont les habitants, demeurant dans ja possession tranquille de leurs biens, pouvaient se livrer à leurs habitudes favorites sans crainte d’éire dérangés.

L'histoire de la fauconnerie depuis la grande révolution francaise Jusqu'à l’époque de sa renaissance en Hollande est si intimement liée à celle des fauconniers hollandais de Valkenswaard qui exercèrent cet art dans l'espace de temps dont nous venons de parler, que leur histoire devient pour ainsi dire, celle de la fauconnerie. Ce sera en retragant, dans les pages qui vont suivre, l’histoire de ces hommes industrieux que nous parlerons aussi des particuliers anglais qui ont sauvé la fauconnerie d’un oubli complet.

Nous commencons par Francois van den Heuvell, le seul de l’ancienne école, qui ait cu la satisfaction de voir revivre, avant de toucher à la fin de ses jours, la chasse au vol avec l’éclat des temps passés, et d’) prendre une part active jusqu'à sa mort survenue en 1845. Né a Valkenswaard en 1766, van den Heuvell fut mis trés jeune encore en apprentissage

1) Buffon parle de cet offisier des chasses, auquel il était redevable de plusieurs notices sur les faucons;

chez Francois Daams, neveu de Jean Daams dont nous parlerons plus. tard. Déjà en 1750 il entra comme fauconnier au service de l’électeur de Hessen-Cassel, où il resta cinq ans. En 1785 il fut engagé pour la fauconnerie royale de Versailles, où il servit sous Mr. de Forgés 1), lieutenant des chasses de Louis XVI. La fauconnerie royale ayant été supprimée en 1792 et van den Heuvell renvoyé, il retourna è Valkenswaard, pour passer, peu de temps après, au service du prince d’Anhalt- Bernbourg, où il ne resta que deux ans. Il alla ensuite en Angleterre, où il fut en condition depuis 1794 jusqu'en 1799 chez le colonel Daunton, depuis 1799 jusqu'en 1804 chez Lord Middleton, depuis 1804 jusqu'en 1820 chez Sir Robert Laley, et depuis 1320 jusqu'en 1828 chez le colonel Wilson. Retourné è Valkenswaard en cette dernière année et vivant de la pension que les descendanis de feu Sir Robert Laley lui avaient faite jusquà sa mort, il ne s'engagea de nouveau qu’en 1840, lorsqu'il entra au service de la société d’amateurs de la chasse au vol; établie au Loo en Hollande.

Un autre fauconnier, qui ma pas cessé de cultiver Part de la fauconnerie lorsqu'il tomba en désugiude sur le continent de l'Europe, et qui a le plus contribué à transmettre, en formant d'excellents élèves, les secrets de cet art à la postérité, fut Jean Daams. I naguità Valkenswaard en 1744 et s'adonna de bonne heure è tout ce qui concerne la fauconnerie. Ne pouvant plus trouver d’emploi sur le continent de l'Europe, il. passa, en 1792, en Angleterre pour. entrer d’abord au service de Lord Orford et puis chez le colonel Wilson. Ce fut là quil dirigeait les chasses de ces seigneurs durant les mois d'été, mais en automne il faisait annuellement le voyage de Valkenswaard, pour y aller prendre des faucons et y passer l'hiver è les affaiter pour. la chasse. La navigation entre la Hollande et l’Angleterre étant alors interceptée, il se voyait ordinaivement obligé de retourner en Angleterre par la voie de Cuxhaven. Dans l’intention de faire ce voyage pour la 1808,

accompagné de ses deux aides, Jean Lambert Daankers et Jean

seiziéeme fois, il se rendit, en avec ses oiseaux et Peels, à La Haye, pour aller chercher ses passe-ports. Le roi Louis, averti par son secrétaire de la présence de ce fauconnier, le fit venir, et l’engagea à rester en Hollande pour réorganiser, au Loo, la fauconnerie abandonnée depuis le départ du stadhouder Guillaume V en 1795. Daams accepta, garda dix faucons et renvoya Peels seul avec les autres faucons en Angleterre. Accompagné de Daankers, il se rendit tout de suite au Loo, où le roi Louis, amateur passionné de cet exercice, assista, dés cette année, aux chasses qu'il fit faire dans les environs de ce chàteau. L’année prochaine, Daams et Daankers arriverent de Valkenswaard au Loo, accompagnés de quatre aide-fauconniers, et apportanl avec eux une trentaine d’oiseaux de chasse, qui étaient, à l’exception de quelques autours, tous des faucons pélerins. On volait outre le héron, dont on prit soixante en cette année, la perdrix, la corneille et la pie. Il résulte d’un mémoire déposé aux bureau de l’administration forestire dà La Haye, qu'en 1810 la fauconnerie du roi Louis se composait, au Loo, de trois fauconniers, de deux porteet de

cages quatorze O1SCAUX de chasse dont cinq étaient

voir Buffon, Hist. nat. des viseaux, Tome I, p. 267.

destinés pour le vol de la perdrix. Le roi Louis cependant ayant abdiqué au mois de Juillet de cette année et la Hollande faisant dés lors partie de l’empire francais, Napoléon, imitant l’exemple de son frére, fit venir Daams et Daankers accompagnés de quatre aides fauconniers, à Versailles, afin de réorganiser la fauconnerie de la cour, supprimée en Ui9Dk La fauconnerie impériale cependant ne subsista que jusqu’en 1813, où elle fut de nouveau supprimée. Napoléon lui-méme nassista durant ces trois années que deux fois aux chasses & l’oiseau qui se faisaient près de Versailles 1). Ces chasses étaient peu brillantes è la vérité, puisqu’on n’exergait que la basse volerie, c'est à dire les vols de la perdrix, de la pie et de la corneille, avec des autours ei des faucons pélerins. Dans l’impossibilité de se procurer en France ces faucons; Daams était obligé d’envoyer, chaque année, trois de ses aides pour en aller prendre en Hollande. Daams quitta en. 1813 la France avec ses compagnons pour retourner à Valkenswaard, où il passa le reste de ses jours et où il mourut en 1829; è l’àge de quatre-vingi cinq ans.

Jean Peels, élève de Jean Daams, également né A Valkenswaard, après avoir accompagné son maitre dans plusieurs voyages que celui-ci fit en Angleterre, se rendit en ‘1808 seul dans ce -pays. Il entra au service de Sir John Sebright, auprès duquel il resta Jusqu’en 1814, soccupant uniquement de l’affaitage de faucons niais pour le vol de la perdrix, de la pie, de la corneille etc. Le colonel Wilson, plus. tard Lord Barnes, possédant sur ses terres, près de Didlington dans. le comté de Norfolk, une héronnière où l'on avait autrefois volé le héron; et voulant faire revivre cet exercice, forma, par souscription, une société pour le vol du héron, composée . d'une vingtaine de membres. Peels fut aussitài engagé par cette société qui l’envoya à Valkenswaard pour y aller prendre des faucons pélerins et les dresser pour le vol du héron. Après s'étre acquitté de cette tàche, il retourna l'année suivante, c'est à dire en 1815, en Angleterre, amenant dans’ ce pays le fauconnier Daankers dont nous avons déjà parlé. Depuis cette époque jusqu'en 1827, Peels retourna tous les ans, dans le méme but, à Valkenswaard; mais dés cette dernière année il resta en Angleterre, où il mourut en 1838, tandis que Daankers était déjà mori en 1816. Jean Peels eut deux fils, nés tous les deux en Angleterre. L’un d’eux, John Peels, fut d’abord fauconnier chez le Duc de St. Albans; actuellement il est au service de M. Newcome, et vient tous les ans au Loo pour assister aux grandes chasses du héron. Le second fils de Jean Peels, Henri Peels, se trouve en Irlande chez M. W. O'Keeffe qui exerce, à sa campagne près de Dublin, le vol de la corneille avec des faucons niais.. Les fréres Peels sont les seuls fauconniers qui existent pour le moment dans la Grande-Bretagne.

Jean Bots, élève de Daankers, visita en 1821 pour la première fois l’Angleterre en qualité d’aide de F. van den Heuvell et de Jean Peels quil accompagna par la suite dans les voyages que ces fauconniers faisaient annuellement à Val

1) Napoléon, exercant un jour la chasse au fusil. dans les environs de Fontainebleau, il arriva que les fauconniers s’étaiont également rendus dans les champs, et qu'un de leurs faucons, volant amont,

à è i-ci a as C. e la fauconnerie, prend venait à passer tout près de l’empereur. Celui-ci, peu expert dans la science de 1 I

i ità j ’geriant: el oiseau! et le fait le faucon pour un oiseau sauvage, le couche ausitòt en joue en s’écriant: Ah, le bel oisea

FRRRRLIRI ETNIE

kenswaard. Depuis 1858, il entreprit seul ces voyages annuels en Hollande, passant l’été è Didlingion pour voler le héron. Lord Barnes cependant, étant. mort en 1838, et la société anglaise pour le vol du héron s'étant dissoute, J. Bots alla cette année en France chez M. le baron d’Offémont, pour voler, dans les environs du chateau d’Offémont près de Compiégne, la perdrix et la corneille avec des faucons passagers. Ce fut alors qu'il accompagna M. d’Offémont dans une excursion a Paris, où des essais de vol du pigeon avec des faucons furenti faits sur la place des Tuileries. J. Bots retourna ensuite dans sa patrie, et fut engagé en 1839 par la société pour le vol du héron établie au Loo, à laquelle il a été attaché Jusqu'à la fin de la saison de chasse en 1852. Arnaud Bois, frère de J. Bots, accompagna celui-ci, dés 1829, lors de ses Voyages annuels en Angleterre; en 1838 il se trouvait également chez M. le baron d’Offémont; il entra en 1839 au service de la société dont nous venons de parler, et mourut en r85r.

Adrien Mollen, natif de Valkenswaard est l’élèeve de Jean Bots qu'il servit en qualité. d’aide depuis 1833 Jusqu’en 1836. En 1837 il passa au service du prince de Trautmansdorff, è Oberwaldersdorf, situé è une distance de quelques lieues de Vienne. Il y resta jusqu'en 1840 et affaîta, durant cette époque, outre les faucons pélerins qu'il avait apportés de Hollande, des sacres niais apporiés de la Hongrie, pour le vol de la perdrix ainsi que pour ceux de la corneille et des grands pluviers que les naturalistes désignent sous le nom. d’Oedicnèmes. Il entra, en 1841, également au service de la société pour la chasse au’ vol établie au Loo, eédant sa place chez le prince de Trautmansdorff, à un neveu des Peels, originaire de Valkenswaard.

Les fauconniers hollandais existant et les élèves qu'ils ont formés dans les derniers temps, ayant été successivement engagés par la société établie au Loo, leur histoire se confond depuis cette époque avec .celle de cette société, dont nous nous pioposons de retracer en peu de mots l’origine.

La société anglaise pour le vol du'héron établie è Diddlington s'étant, ainsi que nous venons, de. dire plus haut, dissoute 2) en 1838, deux membres de 'cetie société, savoir l’hon. Wortly Stuart et M. le baron d’Offém ont, se rendirent, au mois de Juillet de cette méme année, en Hollande, dans le but de visiter les environs du chateau royal du Loo, que le fauconnier J. Bots leur avaii indiqué comme présentant les conditions les plus favorables pour le vol du héron. Contents de cette visite au delà de leur attenie, les deux gentilhommes que nous venons de nommer se réunirent en 1839 avec le duc de Leeds et M. Newcome, pour aller voler le héron dans ces lieux, après avoir obtenu la permission de Sa Majesté le roi des Pays-Bas. Ils avaient en leur service le fauconnier J. Bots et deux aides fauconniers, A. Bots et J. van den Boom; le nombre des faucons affaîtés en cette année était de vingt et un, et on. prit durant la saison, cent quarante hérons. Encouragé par ce résultat favorable, M. Newcome prit la résolution de faire immédiatement après la saison de la chasse, un tour en Norwége. Il sembarqua, en effet, au mois d’Aoùt, tomber du premier coup. Je tiens cette aneedote de M. L. de H. G., à cette époque page de la cour impériale et témoin ocalaîre du fait que je viens-de raconter. — 2) La cause principale de la dissolution

de cette société residait dans le défrichement des terres environnant la héronnière de ces lieux. Ces terres

une fois cultivées, il fut dès lors impossible de les fréquenter à cheval sans occasionner des dégàts considérables.

accompagné de M. le baron van Tuyll van Serooskerken, dans un petit navire, et ayant fait en cinq jours le trajet de la Hollande è Christiania, ces messieurs se rendirent incontinent à Dovrefield 1), où ils prirent, dans l'espace de trois semaines trois gerfauts sors.

Plusieurs autres personnes désirant prendre part à ces chasses, il se forma, en 1840, une société d’amateurs pour la chasse au vol, sous la présidence de M. le baron Tindall. La compagnie de fauconniers fut augmentée d'un troisiéeme aide, et Fr. van den Heuvell, le doyen d'àge des fauconniers existant alors se joignit en outre à eux pour prendre une part aclive à ces chasses. On avait en cette année, vingi-deux faucons, qui prirent cent trente-huit hérons.

Son Altesse royale le prince Alexandre des Pays-Bas ayant éeué élu président de la société, qui compiait dès lors parmi ses membres, au nombre d’une trentaine, leurs Altesses royales le Prince d'Orange, et les princes Frédéric et Henri des Pays- Bas, on dressa les statuts 2) de cette société, et on organisa deux compagnies de fauconniers, l’une sous la direction de J. Bots, l’autre sous celle dA. Mollen. Le nombre des faucons fut porté À quarante-quatre, avec lesquels on prit en cette année, deux-cent trente-sepl hérons. La saison de la chasse passée, la société envoya J. Bots accompagné de J. van den Boom à Dovrefield, où ils prirent neuf gerfauts sors dans l'espace de quatre semaines.

En 1842, le nombre des faucons était de quarante-quatre, et celui des hérons pris de cent quarante-huit. — En 1843, on prit, avec quarante faucons, environ deux-cents hérons; en 1844, on prit à peu pròs cent hérons, avec trente-six faucons. L’état de la fauconnerie el le nombre des faucons pris

1) Ce lieu, autrefois fréquenté tous les ans par les fauconniers hollandais n’avait pas été visité par

eux depuis quarante ans. — 2) Voici les principaux articles des statuts de cette société, établie sous le

sion et sous la protection de Sa Majesté le Roi des

nom de Ila wking-Club, au Loo, avec. la perm

Pays-Bas.

Le club se composera de membres qui payevont annuellement la somme de cent florins ou davantage,

destinée pour l’entretien de la

La chasse au vol aura lieu royaux du Loo; Sa Majesté ayant daigné d’en donner

la permission.

La chasse au vol commencere cl

10 Juillet

1 mois de Mai, et continuera jusque vers le

restèrent à peu près les mémes dans les années suivantes jusquen 1849, où le nombre des faucons fut réduit è quatorze, mais qui prirent cent vingi-huit hérons. — En 1850, le nombre des faucons fut augmenté de deux, et celui des hérons pris séleva è cent trente-sept. — Dés cette année, Sa Majesté notre roi résolut d’entretenir à ses frais le fauconnier Adrien Mollen avec deux aides fauconniers. J. Bots et ses deux aides fauconniers, ainsi que les chevaux restèrent à la charge du club. — Il y avait, en 1851, dix-huit faucons affaités, avec lesquels on prit un nombre de hérons à peu près égal à celui de l'année précédente. En 1852, le nombre des faucons fut porté à trente-six, et on prit en cette année deux cent quatrevingt dix-sepl hérons. — La fauconnerie de la Société transférée, déjà depuis 1850, à la maison de chasse attenante au chaàteau royal du Loo, ne se compose aujourd'hui que du fauconnier A. Mollen et des aides fauconniers, J. van den Boom, P. Bekkers, P. Mollen et J. Peels.

En terminant ces recherches sur histoire de la chasse au vol, nous ferons observer que l’avenir de la fauconnerie en urope dépendra presque uniquement de l’intérét qu’y porteront nos souverains, ainsi que du maintien de la Société dont nous venons de retracer l’histoire. Ce sont principalement deux causes qui peuvent amener sa dissolution, savoir le défrichement des bruyères environnant la grande héronnière située dans le voisinage du chiteau du Loo, et ‘en second lieu le manque des fonds nécessaires pour couvrir les frais qu'exige

lentretien de la fauconnerie. Ces causes une fois reconnues,

il ne sagit que de le

S prévenir, pour transmettre à la posté-

rité un art, autrefois rechérché avec avidité, aujourd’hui pres-

que généralement abandonné avec indifférence.

Le président fera le choix d’un secrétaire et d’un trésorier, qui administreront les affaires du club.

A la fin de chaque saison, è un jour è fixer par le président, le trésorier rendra compte de la dépense annuelle, devant les membres présents à La Haye.

La cotisation annuelle doit ètre payée au 15 JSuin ow avant ce jour.

Le président s'est chargé de diriger les chasses; s%il est absent, le plus ancien membre s’en chargera

Les chevaux, appartenant au club, sont exclusivement destinés è l’usage des fauconniers.

La chasse n’aura lieu que dans les jours ouvrables.

Les membres qui désirent se retirer du club sont obligés d’en informer le secrétaire avant le premier Septembre.

Pour devenir membre du club, il est indispensable de se faire proposer par un membre.

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