L'IMPOT ET L'EMPRUNT
OPimOH DE M. GLÀDSTONB
(Ghap. xvi.)
Voici rentrait d'un discours de H. Gladstone, à l'occasion de la guerre de Crimée :
« Avec un pareil système (celui des emprunts), une nation ne sait réellement pas ce qu^elle fait. Les conséquences sont ajournées à un avenir indéfini. Et cependant n*est-ilpas juste que nous connaissions le prix des avantages que nous cherchons, afin que, comme il convient à des êtres intelligents et raisonnables, nous en prenions la charge sur nous-mêmes, au lieu de la léguer à nos descendants ? Cette politique n'est pas moins justifiée par les raisons morales que par les raisons économiques. Les frais de la guerre sont le frein moral que le Tout-Puissant impose à Tambition et à la soif de conquêtes inhérentes à tant de nations.
« Il y a dans la guerre une sorte d'éclat et d*entrainement qui lui donnent un certain charme aux yeux des masses et en dissimulent les maux. La nécessité de payer, année par année, les fiais qu*entraîne la guerre est un frein salutaire. Cela fait réfléchir à ce que Ton fait, et évaluer d'avance l'avantage qu'on attend de la dépense dans laquelle on s'engage. Enfin, quels que soient les motifs qui forcent les hommes à faire la guerre, il faut que, comme des êtres intelligents et moraux, non-seulement ils considèrent la nécessité de la lutte qu*ils engagent, mais aussi qu'ils conservent la résolution de saisir les occasions d'arriver promptement à une paix honorable.