‹ Traité de financesChapitre 142 sur 175 · DÉPENSES POUR LES CHEMINS DE FER · texte numérisé non relu

DÉPENSES POUR LES CHEMINS DE FER

six grandes compagnies résultant. des diverses fusions (Nord, Est, Ouest, Orléans, Paris-Méditerranée, Midi), sur la somme de 2 milliards 557 millions pour les concessions définitives, et sur 544 1/2 millions pour les concessions éventuelles, en tout, plus de 3 milliards.

On a souvent mis en avant S à divers points de vue, l'idée du rachat des chemins de fer par TÉtat, qui s*est réservé ce droit dans les lois de concession, et on a particulièrement cherché à allécher le fisc par l'importance du revenu annuel.

Mais ce revenu ne suffirait pas à beaucoup près à payer l'intérêt de la dette inscrite par suite du rachat. Ajoutons que l'État exploiterait les transports encore moins avantageusement que les grandes compagnies ; qu'il serait entraîné à ne pas même retirer les irais d'exploitation et à construire en peu de temps le double des voies actuelles, pour satisfaire toutes les exigences locales.

Ce serait donc là un singulier moyen d'alléger les finances. Si le législateur se laissait prendre à cette fantasmagorie, on peut prédire que TÉtat ne tarderait pas à faire l'opération inverse ; à revendre à des compagnies pour des écus les voies ferrées achetées avec des rentes. Résultat net de l'opération, 10 à 15 milliards de dette de plus * !

D'après les documents que vient de publier le ministre des travaux publics (1871), il y avait en France, au i^^ janvier 1868, 15,721 kilomètres en exploitation, produisant brut 665 millions de francs, coûtant en frais d'exploitation 311 millions (non compris l'impôt du dixième) ; d'où le produit net de 354 millions pour un coût d'établissement d'environ 7 milliards (6,948,900 francs), c'est à-dire 5 p. 100.

Sur cette somme l'État a fourni près d'un milliard (980,261,000 francs), ou li p. 100; le coût du kilomètre revient à 442,000 fr.

* Avant la révolution de 18i8, par esprit de concentration administrative; après 1848, dans les mêmes vues et par esprit de socialisme; en 1860, dans le but d'accroître les ressources du Trésor et dans l'espoir de bénéfices à réaliser par les meneurs de ces grandes affaires.

• Voy. Rachat des chemins de fer par PÉtat, par M. Poigardhieu, Bévue des Deux MondeSf du 15 octobre 4860, in-S"; Claye.

Au 4®' janvier 1870, il y avait 16,954 kilomètres livrés à l'exploitation, et 5,015 kilomètres en construction.

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