D£S QU£STI S DE FINANCES — OBJET DE CE VOLUME
Le sujet des Finances est assez complexe, et' la définition de ce terme n'est possible qu'à Taide de nombreuses distinctions.
Au singulier, Finance, peu employé, est synonyme d'argent comptant, d'espèces^ de numéraire*.
Au pluriel, il signifie à la fois : les revenus de l'État; — l'assiette, la perception, le maniement et l'emploi, en un mot l'administration de ces revenus.
Et, par extension, on applique le terme :
^ On le fait venir du saion fine, qui signiOe encore en anglais amende et redevance, ou du latin finalio, substantif de fiuare, corruption de finier, conclure^ parce que les transactions finissent par des espèces. —- U faut avouer que rétyuiologie est peu satisfaisante.
2 TRAITÉ DE FINAKCES. — ClIAP. I.
Aux affaires pécuniaires des provinces, des villes, des communes, des établissements publics, de l'armée, etc.;
A la gestion des intérêts pécuniaires d'une grande association ou d'une grande entreprise d'Assurance, de Crédit, de voies de communication (canal, chemin de fer), — et d'une exploitation quelconque d'une certaine importance ;
Aux spéculations sur les Effets publics ou titres de dettes des États, — sur les Valeurs industrielles outiires d'Actions et d'Obligations des grandes enlreprisesj — sur les Monnaies et les Métaux précieux, — sur les Effets de commerce et autres signes représentatifs*; en d'autres termes aux opérations de Crédit, de Banque, d'Escompte, de Change, de Bourse, etc.;
Enfin, à l'état de fortune et aux ressources d'une personne, dont on dit qu'elle est bien ou mal dans ses finances, — que ses finances sont prospères ou dérangées, etc.
De là quatre espèces d'études financières :
Étude sur la Monnaie, le Crédit et la Circulation ;
Étude sur les Finances privées ;
Étude sur les Financés industrielles ;
Étude sur les Finances publiques, ou Finances proprement dites.
Nous n'avons plus à nous occuper ici de l'étude de la Monnaie, du Crédit et de la Circulation, qui constitue la deuxième partie de notre Traité d'Économie politique*, et dans laquelle le lecteur trouvera longuement exposés les théories et les faits qui se rapportent à ces sujets ainsi qu'aux signes représentatifs des valeurs privées et publiques et aux diverses institutions decrédit -.Banques, Crédits mobiliers, industriels, agricoles, fonciers, etc.
* Lettres de change, billelâ, warrants, lettres de gage, etc.
* Traité d* Économie politique sociale ou industrielle^ exposé didactique des principes et des applications de cette science et de l'organisation économique de la société, 6* édiL Les trois premières éditions ont été publiées sous le litige d'Éléments.
DES QUESTIONS DE FINANCES. — OBJET DE CE VOLliME. 5
La lecture de celle partie de cet ouvrage constitue naturellement Pintroduction à l'étude des finances proprement dites.
Nous n'avons point à nous occuper ici. des finances privées^ dont Tadministration ressortit à l'économie domestique;, qui d'ailleurs tirent de grandes lumières des études faisant l'objet de l'ouvrage que nous venons de citer et du présent volume.
En ce qui touche les finances industrielles y c'est-à-dire les opérations de Crédit, de Banque, de Bourse, etc., nous devons donc renvoyer premièrement à noire traité d'économie politique, où nous avons exposé non-seulement le côté scientifique et économique de ces questions , mais encore l'organisation et les opérations des institutions de crédit, ainsi que la nature et le rôle des instruments de crédit.
Kous devons renvoyer ensuite aux ouvrages spéciaux et techniques sur le commerce de banque, de change, de bourse, expliquant le mécanisme et les calculs des diverses opérations, et renseignant sur la nature et l'organisation des entreprises.
Il nous reste donc, comme sujet spécial de ce livre, l'étude des Finances publiques, qui va être exposée dans les chapitres suivants.