‹ Traité de financesChapitre 5 sur 175 · I. La Sclenee et VArt en matière de finances pnMlqnes · texte numérisé non relu

I. La Sclenee et VArt en matière de finances pnMlqnes

Les hommes vivant en sociëlé ont des consommations communes à faire, des besoins publics à satisfaire auxquels les gouvernements pourvoient par des ressources de diverses natures. L'assielte, la répartition, la perception , l'économie, l'emploi de ces ressources, qui sont, en général, des contributions ou des emprunts, constituent les attributions de l'administration des finances publiques.

On donne le nom de financiers aux hommes d'Etat qui s'occupent plus spécialement de cetie partie du gouvernement. On le donne pareillement aux économistes et publicistes qui s*adonnent particulièrement à l'étude des questions que font naître l'art et la science des finances ^

^ On donne aussi ce nom ù des spéculateurs qui font des avances au Trésor public ou qui souscrivent à des emprunts pour les négocier à leurs clients, ou qui font toute autre affaire fmauciëre, avec le gouvernement ou en dehors de lui, enliulnant l'emploi d'un capital un peu considérable, comme l'enti^eprise

Lsi science consiste, en général, dans la connaissance de la vérité, et, en particulier, pour le sujet qui nous occupe, dans la détermination de la justice en matière de taxes et dans la connaissance exacte de la nature et de la portée des phénomènes économiques produits par le prélèvement et l'emploi des revenus publics.

Vart consiste dans une série de préceptes ou de règles à suivre au sujet des recettes et des dépenses, préceptes ou règles qui doivent être le çlus possible en harmonie et en concordance avec la vérité économique.

Cette distinction n'est pas la même que celle qui existe entre la théorie et la pratique ; car il y a des théories d'art, comme il y a des théories de science. Cependant, une bonne théorie procède de la science ; et la pratique ou Fart sont l'application de la théorie ou de la science.

Mais le mot de science est plus usuellement pris dans un sens général et complexe , embrassant à la fois l'art et la science, c'est-à-dire un mélange de vérités démontrées et de préceptes pratiques qui en découlent. C'est dans ce sens que nous l'employons, et qu'il faut l'interpréter dans divers ouvrages ayant pour objet la « Science des finances. »

La Science des finances constitue une des principales branches de l'Économie politique appliquée. Elle a pour objet la satisfaction des véritables besoins de l'État au moyen de ses véritables ressources.

Jusqu'à présent, la plupart des gouvernements ont trouvé plus commode de mettre les ressources à la discrétion des besoins, et plus d'une fois ils ont coupé l'arbre pour cueillir les fruits. Ce n'est pas que la science consiste toujours à régler les besoins sur les ressourcés ordinaires. Cette manière

d'un canal, d*un chemin de fer, d*une fourniture quelconque, etc. ; enfin, on donne encore le nom de financiers aux directeurs de banques, aux banquiers ou négociants dont les affaires nécessitent un maniement de fonds important. (Voy. ce qui est dit ci-dessus, p. 1.)

d'agir, qui n'exige d'ailleurs que des connaissances d'un ordre plus secondaire, peut aussi compromettre le service de rÉtat. La science des finances bien entendue doit dominer h la fois les besoins et les ressources.

Cette branche de l'économie sociale est Irop souvent confondue avec Y art des financiers, qui se proposent avant tout pour but l'extraction la plus abondanle des revenus des citoyens, et qui font un emploi plus roulinier que raisonné de ces mêmes revenus, dont le Trésor public est le réservoir commun. Mais la science consiste à déterminer les ressources les plus rationnelles, à supprimer les dépenses abusives, et à alléger, par un concours de moyens dirigés vers ces deux buis, les charges publiques ; — c'est-à-dire à rendre les dépenses de l'État de plus en plus productives, à entraver de moins en moins la production el la consommation, et enfin à proportionner les contributions aux services que chaque claccQ de citoyens retire de la société ; — c'est-à-dire oncore, en moins de mots, à pourvoir aux besoins normaux de la commuuauté parles ressources les plus naturelles.

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