COMPARAISON ENTRE L'IMPOT ET L'EMPRUNT
ducation économique de TAngleterre et des autres, pays, et pour fortifier dans l'opinion publique la préférence accordée par les économistes financiers au système plus sincère et plus viril de l'impôt.
Adam Smith faisait, il y a plus de cent ans, h ce sujet des réflexions qui s'appliquent encore à notre feraps !
a La dépense ordinaire de la plus grande partie des gouvernements modernes, en temps de paix, étant égale ou à peu près égale à leur revenu ordinaire, quand la guerre survient, ils n'ont ni la volonté ni les moyens d'augmenter leur revenu à proportion de l'augmentation de leur dépense. Ils n'en ont pas la volonté dans la crainte de heurter le peuple qu'un accroissement si fort et si subit d'impôts dégoûlerait bien vile de la guerre. Ils n'en ont pas les moyens, parce qu'ils ne sauraient guère trouver de nouvel impôt, suffisant pour produire le revenu dont ils ont besoin. La facilité demprunter les délivre de l'embarras que leur auraient causé sans cela celte crainte et cette impuissance. Au moyen de la ressource des emprunts, une augmentation d'impôts fort modérée les melà même de lever assez d'argent d'année en année pour soutenir la guerre; et au moyen delà pratique de faire des fonds perpétuels, ils se trouvent en état, avec la plus petite augmentation possible dans les impôts de lever annuellement les plus grosses sommes d'argent. Dans de vastes empires les gens qui vivent dans la capitale et dans les provinces éloignées du théâtre des opérations militaires ne ressentent guère pour la plupart aucun inconvénient de la guerre, mais ils jouissent tout à leur aisp de l'amusement de lire dans les gazettes les exploits de leurs flottes et de leurs armées. Pour eux, cet amusement compense la petite différence des impôts qu'ils payent à cause de la guerre d'avec ceux qu ils étaient accoutumés à payer en temps de paix.
« Us voient ordinairement avec déplaisir le retour de la paix, qui vient mettre fin à leurs amusements et à mille espéran-
ces chimériques de conquêtes, de gloire nationale qu'ils fondaient sur la continuation de la guerre ^ »
En résume, l'emprunt conduit à la guerre, la guerre conduit àTemprunt, tandis que Taccroissement de Timpôt est un préservatif de la guerre, surtout si l'impôt est direct et assis sur le revenu.
* Smith, liv. V, ch. m, p. 68, de notre éd. in-8"».