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dans laquelle / est la longueur de crête occupée par l'artillerie. | |
Au moyen de cette relation, on peut calculer la longueur des crêtes si la garnison est donnée à l’avance, ou inversement calculer la garnison nécessaire pour défendre un ouvrage déjà construit, en supposant dans-les deux cas, bien entendu, que l'on fixe le chiffre de la réserve, le nombre d'hommes à placer par mètre courant de crêtes, et enfin la longuear dè crête occupée par l'artillerie.
Mais il ne suffit pas que les crêtes de l'ouvrage soient bordées d’un nombre convenable de défenseurs, il faut encore que le terre-plein soit assez vaste pour les loger, eux et tout le matériel qui les accompagne, comme caissons d'artillerie, fourgons, etc. Cette nécessité va nous donner une seconde relation à laquelle devront satisfaire Ics résultats oblenus par la première.
Désignons par S la surface du terre-plein de l'ouvrage et par s la surface occupée par le matériel et accessoires de tout genre ; on admet que chaque homme au bivouac n’oc-
cupe pas moins de un mètre et demi, on aura donc la relation :
a SE ty4e
qui exprime que la surface occupée par les défenseurs et les accessoires doit être plus petite ou tout au plus égale à celle du terre-plein.
Il faudra toujours tenir compte des deux relations que nous venons d'établir, que l’on veuille trouver le chiffre de la garnison d’un ouvrage, ou inversement construire un ouvrage pour renfermer un corps de troupe. La première relation résout le problème, puis il faut vérifier si les résultats obtenus satisfont à la.seconde ; s’ils n’y satisfont pas, c'est qu'on a pris trop grand, et en le diminuant, c’est-àdre en desserrant les hommes sur le parapet, la longueur des crêtes augmentera, si la garnison est donnée, ou bien si c’est l'ouvrage qui est connu, la diminution de # diminuera la garison pour laquelle dans l'un et l’autre cas le terre-plein deviendra assez grand.
Il résulte de là que pour avoir soit le maximum de garnison que l’on peut renfermer dans un ouvrage donné, soit le plus petit ouvrage capable de renfermer une garnison donnée, il faudra se servir de la relation (2) prise avec le signe d'égalité : la première relation servira à déterminer n.
Le problème est déterminé quand on cherche la garnison d’un ouvrage, car alors S et L sont connus; mais quand inversement on cherche l'ouvrage capable de mettre une troupe à l'abri, il y a plusieurs sélutions, car les relations ne donnent pas la forme de l’ouvrage, mais seulement la longueur de ses crêtes et le minimum de son terre-pléin.
Redoutes. — On ne peut construire d’ouvrage fermé au moyen de trois faces; elles devraient former un triangle équilatéral pour que les trois angles n'aient pas moins de 60° : l’espace intérieur serait trop restreint et les secteurs privés
40 FORTPIFICATION PASSAGÈRE.
de feux trop considérables. Tout ouvrage fermé doit donc avoir au moins quatre faces. Si les faces ne font que des angles saillants, l'ouvrage porte le nom de redoute.
Les redoutes ont le défaut d’avoir leurs fossés sans flanquement et un secteur privé de feux à chaque angle; cependant on les emploie très-souvent à la guerre, à cause de la facilité de leur construction. On les place en général de mänière à couronner le sommet d’un mamelon. .
La redoute la plus employée est la redoute carrée; elle offre l'avantage de joindre à un grand développement d’espace intérieur une grande simplicité de tracé. Il est difficile de remédier aux inconvénients de l'angle mort des fossés; mais on peut atténuer ‘en partie ceux du secteur privé de feux, ou par l'emploi de l’artillerie comme nous le verrons dans un des chapitres suivants, ou bien surtout en dirigeant ces secteurs vers des points d’un abord difficile.
Ce genre d'ouvrage est celui auquel il est le plus facile d'appliquer les ealculs que nous venons de faire pour un ouvrage fermé en général. Désignons en effet-par x le côté de la redoute ; L est égal à 4x, et la première relation devient :
Dar +7
Il est facile de trouver la surface S du terre-plein : c’est un carré qui a pour côté celui de la redoute diminué de deux fois l’espace occupé par les projections du talus intérieur, de la banquette et du talus de banquette. Or, en faisant un profil pour la hauteur ordinaire de crête de 2,50, et pour une largeur de banquette de 1°,20, on trouve que la projection du talus intérieur est de 0",43, celle de la banquette de 1",20, et celle du talus de banquette de 2,40; soit en tout 4",03, que l’on réduit à 4",00. x—8 sera donc le côté du terre-plein, et (z—8)? sa surface. La deuxième relation devient alors :
La relation ® fournit la force de la garnison si on connaît le côté de la redoute, ou inversement le côté de la redoute si la garnison est donnée, et il n’y a plus indétermination dans ce dernier cas; mais comme précédemment il faudra transporter dans la relation les résultats obtenus pour voir si la garnison peut se loger dans le terre-plein. S’il n’en est pas ainsi, la relation Ÿ servira à calculer, soit le maximum de garnison correspondant à une redoute carrée, soit le minimum de côté de la redoute pouvant contenir une garnison connue. La relation donnera le nombre de défenseurs par mètre courant de crêtes.
En général on ne fait guère de redoute de meins de 20",00 de côté; il faut pour la défendre une garnison de 150 hommes environ, qui, disposés sur les crêtes à raison de 3 hommes pour 2 mètres courants, laissent encore e disponible. une réserve de 30 hommes.
Fortins. — On nomme fortins des ouvrages fermés dans lesquels les crêtes forment un polygone à angles saillants et rentrants. L'existence des angles rentrants procure un franquement aux fossés vers les angles saillants dont les secteurs dépourvus de feux sont en outre sillonnés de feux croisés. Lorsque le terrain sur lequel on établit ces ouvrages est horizontal , que les abords sont également faciles de tous côtés, on leur. donne la forme de polygones étoiïlés réguliers, construits avec huit, dix ou douze saillants (PL. IV, fig. 2 et 3). Nous n'insisterons pas sur ces constructions faciles; nous ferons remarquer seulement que le flanquement des fossés ne commence réellement à avoir lieu que pour un fort étoilé à 8 pointes, l’angle rentrant de ceux à 6 pointes étant de 120°, c’est-à-dire juste à la limite admise. Pour ceux à 12 pointes, l'angle rentrant est de 90°, c'est-à-dire à la limite inférieure ; on ne peut donc en construire de plus grands.
Mais le cas que nous avons supposé d’un terrain parfaitement régulier existe rarement; le plus souvent donc la for-
me du terrain réglera celle du polygone, les angles étant assujettis aux conditions ordinaires d’être au dessus de 60° pour les angles saillants, et entre 90° et 120° pour leë angles rentrants.
Pour qu’un fortin acquière de la valeur, 1l faut que ses faces aient une longueur de 25 à .30"00; alors seulement les fossés seront convenablement flanqués vers les angles saillants; mais un pareil fortin à 8 pointes ne peut avoir moins de 7 ou 8600 défenseurs pour que les crêtes soient suffisamment garnies. Eors donc qu'il faudra protéger une troupe de moins de 700 hommes, on l’enfermera dans une redoute, et on ne eonstfuira de fortins que pour des garnisOns d'un chiffre supérieur à 700 hommes.
Forts. — Quand la position est très-importante , on peut augmenter sa force défensive en se servant du tracé bastionné. Les côtés extérieurs forment un polygone de # ou de 5 côtés; ils ne doivent pas avoir moins de 100,00 de longueur pour que les différentes parties du front soient assez grandes ; de plus le relief doit être considérable, sans cela les feux d'un flanc pourraient aller atteindre les défenseurs de l’autre. Le nombre de défenseurs de l'ouvrage doit être au moins égal à celui que pourrait renfermer une redoute formée avec les côtés extérieurs des fronts; or, une redoute carrée de 100",00 de côté renferme de 16 à 1,800 hommes de garnison; ce sera le nombre de défenseurs nécessaire pour le plus petit fort carré bastionné.
Par suite de l'élévation des crêtes et de la largeur des fossés, la construction de ces forts est longue; on ne ‘peut donc les employer que pour des positions d'une importance majeure.
Le passage d'entrée ‘ou de-sortie est habituellement placé sur le milieu d’une courtine, du côté le moins exposé. Souvent, en imitation de la fortification permanente, on le côuvre au moyen d'un petit redan dont la capitale coïncide avec
la perpendiculaire du front (PL. V, fig. 1); son angle saillant est de 60° et ses faces aboutissent vers les angles d'épaule des bastions. Ses fossés sont battus par les feux des faces, avec les fossés desquelles ils communiquent.
Avant de terminer ce chapitre, nous reviendrons sur l’inconvémient qu’il y aurait à s'attaeher à des constructions purement géométriques pour déterminer la forme des ouvrages fermés. Même quand ils seront situés en terrain horizontal, il y aura presque toujours un côté plus attaquable qu’un autre, et une construction parfaitement régulière serait alors défectueuse, comme donnant trop.de force à des parties peu attaquables, ou pas assez à d’autres dirigées vers les points d’attaque. Mais le plus souvent il s’agit d'occuper un terrain irrégulier dont la forme détermine le tracé de l'ouvrage : une partie peu accessible sera couverte par des faces formant entre elles des angles saillants ; on augmentera ainsi l’espace intérieur et on pourra diminuer le travail en abaissant le relief et donnant peu d'épaisseur aux parapets ; d’autres portions plus accessibles seront défendues avec plus. de soin par des faces formant entre elles des angles saillants et rentrants; on augmentera aussi le relief et l'épaisseur du parapet. Enfin, s’il y a un point d'attaque bien distinct, quand par exemple on fortifie un mamelon accessible par des pentes douces d’un seul côté, on à défendre ce point au moyen de fronts bastionnés.