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ORGANISATION DÉFENSIVE DES OBSTACLES NATURELS

que l'on peut en tirer. Mais il existe aussi de nombreuses ressources pour l'art de la défense dans les différentes constructions exécutées par l’homme, pour se mettre à l'abri de l’intempérie des saisons, ou.clore ses propriétés, comme les haies, les murs de clôture, les maisons d'habitation, fermes, etc.

Nous traiterons d’abord de l’organisation défensive des haies, des murs et des maisons isolées ; puis ensuite nous les supposerons réunis comme dans un village, et nous chercherons la manière d'organiser cet ensemble.

Des haies. — On sait tout le service que les haies peuvent rendre dans une guerre de partisans; mais ce n’est point ici le lieu de nous étendre sur ce sujet, et nous devons seulement considérer les haies au point de vue de la fortification, c’est-à-dire comme pouvant renforcer une troupe et lui permettre de résister à un corps plus considérable. Si deux troupes sont ainsi séparées par une haie, celle qui sera immédiatement contre cet obstacle aura l'avantage, car elle verra l’ennemi à travers les jours laissés par le feuillage, tandis que celui-ci sera obligé de tirer au hasard. Dans ce cas la haie ne sera qu’un obstacle de faible valeur ; mais si l'on est maître du terrain quelque temps à l'avance, on peut élever un parapet en arrière; les terres sont prises dans un fosse situé en avant. Alors la haie se trouve sur la berme et remplace avec avantage des palissades trop facilement destructibles par le canon qui a peu de prise au contraire sur le premier genre d’obstacle; seulement il faut la déraser de manière qu'elle ne dépasse pas le plan de plongée, arrêtant ainsi Ja vue du défenseur. «

Si on n’a pas le temps de faire ce travail, on supprime le fossé en prenant les terres dans une tranchée en arrière du parapet, et la haie placée au pied du talus extérieur remplace cet obstacle ; il faut toujours la recouper de manière qu’elle n’arrête ni la vue ni les coups du défenseur.

Murs de clôture. — On peut tirer un fort bon parti des murs quand la maçonnerie en est suffisamment solide ; seulement ils ne peuvent résister à l'artillerie, et par conséquent doivent surtout être employés contre les attaques d'infanterie. En général leur hauteur ne dépasse pas 2",50 et leur épaisseur varie entre 0®,30 et 0,"40. Pour organiser ces murs d’üne manière défensive, il faut y percer des créneaux de distance en distance; on les place habituellement à 1®,10 ou 1,20 au-dessus du sol (PL. XV, fig. 1); leur ouverture intérieure est de 0m,40 à 0m ,50 suivant l'épaisseur du mur, et l'extérieure de 0,08 à 0m,10 : on se ménage ainsi un champ de tir assez considérable sans trop se découvrir. La hauteur de l'ouverture à l’intérieur est de 0,40, le ciel du créneau est horizontal et le fond est incliné de 0®,16 environ de l'intérieur vers l'extérieur, pour que les coups de fusil atteignent aussi près que possible du pied du mur. Le créneau ainsi placé pourrait être facilement embouché de l’extérieur ; pour éviter cet inconvénient qui paralyserait la défense, on creuse à 1®,00 du pied du mur un petit fossé de 1",00 de profondeur sur 1",50 de largeur environ. L’assaillant descendu dans le fossé sera alors à 2",00 au-dessous du fond des créneaux qu'il ne pourra emboucher : l'angle mort situé au pied du mur sera supprimé en relevant contre son parement extérieur une partie des terres provenant de l’excavation, car les coups de fusil rasent cette espèce de talus extérieur et battent le fond du fossé. En outre, on donne ainsi plus de solidité au mur.

Au lieu de construire ce petit fossé on pourrait élever le créneau de manière qu'il fût à 2,00 au-dessus du sol à l'extérieur : il faudrait alors élever à l’intérieur et à 1,10 en dessous du créneau une banquette pour le défenseur, soit avec de la terre, soit au moyen de planches échafaudées. Mais rarement le mur sera assez haut pour couvrir le défenseur monté sur cette banquette; de plus le pied du mur n'est pas battu directement, et il faut avoir des feux de

flanc fournis par des murs où des parapets en retour. Il vaudra donc mieux en général s’en tenir à la première méthode.

Les créneaux sont percés à environ 1",00 de distance les uns des autres dans les parties flanquantes ; le percement se fait avec.le pic à roc ou le marteau de maçon, et l'ouverture est ensuite régularisée avec du plâtre et des petites pierres, en lui donnant les dimensions indiquées plus haut. On peut ne pas avoir de maçons, et d’ailleurs les balles en venant frapper ces maçonneries en détachent des éclats qui blessent les défenseurs ; il est alors souvent plus commode de tailler à l’avance les surfaces intérieures du créneau dans des planches peu épaisses qui sont mises dans les ouvertures grossières faites aux murs; les joints et les vides sont ensuite bouchés avec du mortier de terre grasse.

Quand on craint l'artillerie, le mur ne sert plus alors que de seconde ligne de défense ou de réduit, et il est abrité par un parapet ordinaire. On peut aussi appliquer directement les terres contre l’extérieur du mur, qui remplace le talus intérieur ; on leur donne une épaisseur de 2,00 ou de 2m 50. En avant se trouve un fossé (PL. XV, fig. 2) qui fournit les terres, et en arrière du mur on construit une banquette en terre ou avec des planches échafaudées; elle est à 1" ,30 en dessous du sommet, et on y arrive par des escaliers faits à la hâte et placés de distance en distance.

Organisation défensive d’une maison isolée. — De faibles détachements poursuivis par des corps de troupe beaucoup plus considérables ont souvent trouvé un abri dans des maisons d'habitation. Voici comment -on en fait l’organisation : nous supposons que la maison est complétement isolée; elle est composée d’un rez-de-chaussée et d'un étage.

On commence par boucher toutes les issues qui sont au rez-de-chaussée, à l'exception d’une porte conservée. pour se ménager la possibilité de s'échapper au besoin; il faut

employer pour cette opération des matériaux peu inflammables : la maçonnerie sera préférable à toute autre méthode, la maçonnerie de briques surtout, qui peut être élevée rapidement par des ouvriers qüelconques, et avec du mortier de terre grasse. Si le temps ou les matériaux manquent, on se sert du bois en établissant à l’intérieur une cloison en madriers assez épais pour arrêter les balles : on les pose verticalement et jointifs, après les avoir coupés de la longueur nécessaire, et on les maintient au moyen de deux ou trois traverses horizontales en bois scellées dans les ébrasements de fenêtres ou clouées contre les châssis fixes. |

On double les ventaux de la porte conservée avec d’autres madriers pour les rendre impénétrables à la balle, et on prépare les moyens de la barricader rapidement par des traverses horizontales qui ne doivent être mises en place qu'au moment où l’assaillant cherche à enfoncer la porte. On cherche d’ailleurs à la garantir d’une pareille tentative en l’entourant à une certaine distance d’une ligne de palanques ou de palissades laissant une ouverture fermée par une solide barrière. Cette espèce d'ouvrage extérieur porte le nom de tambour (PL. XV, fig. 3).

On s'occupe en même temps de percer de créneaux les murs de facade et de pignon. On peut les percer simplement à 1”,00 au-dessus du sol du rez-de-chaussée, leur donnant la forme indiquée à propos de l’organisition défensive des murs; alors en avant du mur on creuse un petit fossé comme celui dont nous avons parlé : si le temps manque, et si la hauteur du plafond le permet, on place les créneaux à 2°,00 au dessus du sol extérieur, et les défenseurs y arrivent au moyen d’une banquette en planches soutenue par des tréteaux ou des meubles à 1*,00 en dessous des créneaux. Le chevalier de Folard et M. de Clayrac proposent dans ce dernier cas d'en percer d’autres à 0",30 ou 0",40 seulement audessus du sol de.la maison, et placés vis-à-vis les intervalles

des premiers; une petite tranchée de 0,60 à 0,70 de profondeur creusée en arrière du mur permet au défenseur de tirer par ces créneaux en mettant un genou en terre.

On place les créneaux à 1",00 ou 1",50 de distance les uns des autres; vers les angles on oblique leur direction de manière à diminuer le secteur privé de feux : partout ailleurs elle est perpendiculaire au mur. Pour que la défense du rezde-chaussée soit complète, il faut que les chambres qui le composent aient entre elles de faciles communications; on doit donc s’il n’y a pas assez de portes en pratiquer dans les murs de refend; mais en même temps il faut préparer à l'avance des moyens de barricader ces issues avec des cloisons en madriers à l'épreuve de la balle, afin de pouvoir, si l'ennemi venait à pénétrer dans une des pièces, se retirer dans les autres et les défendre ainsi successivement : pour celte raison on perce aussi des créneaux dans les murs de refend , mettant l’ouverture la plus large du côté que l’on pense abandonner en dernier lieu.

En .même temps on coupe l'escalier pour que l'ennemi ne puisse pas s’en servir s’il se rend maître du rez-de-chaussée. La communication avec le premier étage est rétablie au moyen d’une échelle que l’on peut enlever à volonté.

Voici maintenant quelle est l’organisation du premier étage. 11 faut d’abord boucher les croisées jusqu’à une hauteur de 1",80 environ au-dessus du plancher pour mettre les défenseurs à couvert des projectiles. Cela se fait avec des madriers, comme au rez-de-chaussée. On ouvre ensuite des créneaux dans les murs de face et de pignon à 1°,00 au dessus du plancher, et correspondant au milieu des intervalles de ceux du rez-de-chaussée afin que l'assaillant ne puisse dresser une échelle entre deux créneaux; vers les angles on leur donne toujours une direction oblique. On pourra en ménager quelques-uns dans les madriers bouchant les fenêtres, la construction en sera plus facile.

Pour arrêter l’ennemi au moment où il pénètre au rez-de-

chaussée, il faut percer le plancher de l'étage d’un certain nombre de fentes de 0,12 à 0",15 de largeur situées audessus de la porte d'entrée; on en met aussi au-dessus de toutes les autres portes intérieures, afin d’en favoriser la défense pied à pied, et d'avoir une action constante contre l'assaillant. Ce moyen des plus faciles à mettre en œuvre présente de grandes ressources, et nous ne saurions trop le recommander.

I} faut maintenant chercher à flanquer le pied des murailles.. Le tambour que nous avons placé en avant de la porte donne des feux flanquants horizontaux le long de cette face du bâtiment; on pourrait en placer sur les autres ; mais cela nécessiterait le percement des murs en arrière pour établir la communication , et il faut en outre du temps et des matériaux. On peut avoir ce flanquement au moyen de feux verticaux. Si la maison a des balcons, rien de plus simple : on perce le plancher du balcon de manière à pouvoir tirer verticalement par les ouvertures ainsi pratiquées, et on garantit les défenseurs par une muraille en madriers soutenue par le balcon.

S'il n'y a pas de balcon pouvant former méchicoulis on les construit de la manière suivante : on dispose sur l'appui d’une fenêtre (PL. XV, g. 3) et perpendiculairement à la façade trois ou quatre poutrelles horizontales et dépassant le mur de 0",25 à 0°,30 à l'extérieur ; l'extrémité intérieure est fixée au plancher par un montant. Sur l'extrémité extérieure on place une autre poutrelle de 0",15 d’équarrissage environ, horizontale, parallèle au mur, et laissant entre elle et lui une fente de 0°,12, qui forme le mâchicoulis. Un plancher établi sur les premières poutrelles supporte les défenseurs qui sont abrités en avant et de côté par des madriers placés debout sur la poutrelle extérieure, et appuyés par leurs extrémités supérieures contre le mur au-dessus de la fenêtre.

Ces balcons-mâchicoulis s’établissent au dessus de la

at a nr .

MISE EN ÉTAT DE DÉFENSE DES LIEUX HABITÉS. 1929 porte et sur les faces qui n'ont pas de flanquements hori- Zontaux.

Si on veut à l’étage se défendre aussi de chambre en chambre, il faut créneler les murs de refend, et préparer .des barricades aux portes. Mais si le nombre de défenseurs est trop faible pour la grandeur de la maison, on abandonne une partie de l'étage ; et l’on s’isole de la partie que l’on ne veut pas défendre en coupant les planchers en avant des portes sur une largeur de 2",00 environ. Les étages supérieurs au premier s'organisent comme celui-ci.

Si la toitare est faite en matériaux combustibles, il faut la démolir : les bois servent à l’organisation de la défense, et on recouvre le plafond de l’étage supérieur d’une couche de fumier afin d'éviter les incendies.

Telles sont les différentes précautions à prendre - pour organiser une maison d’une manière défensive ; nous les avons décrites en détail parce qu'elles sont toutes assez importantes, et que l’occasion de les employer peut se présenter fréquemment. Si on n’a ni le temps ni les moyens de compléter cette organisation , on va au plus pressé, barricadant les portes, bouchant les ouvertures du rez-de-chaussée et perçant les créneaux, le reste vient ensuite, si on le peut, et on se défendra toujours avec avantage si l’ennemi n’a pas d'artillerie. Nous en citerons plus 4ard quelques exemples.

Organisation défensive d’une ferme. — Considérons maintenant la manière d'organiser défensivement une ferme au lieu d’ane maison isolée. Pour fixer les idées nous la supposerons composée d’un eertain nombre de corps de bâtiment, habitations, écuries, granges, -etc., réunis autour d'une cour ferméé par ces constructions ou par des murs; tout autour se trouvent des jardins ou des enclos entourés de baies ou de murs; une ou plusieurs routes aboutissent à la ferme.

On comimence par organiser une première enceinte défen-

sive avec les haies et les-murs de clôture qui sont en avant. On détruit tousdes obstacles qui, en arrière de ceux que l’on veut conserver, géneraient les communications, c'est-à-dire ceux qui se dirigent du centre vers la circonférence; puis on perce les murs de créneaux, et on organise les haies comme nous l'avons indiqué. S'il y a des interruptions dans la ligne ainsi formée, on rétablit.la continuité au moyen de palanques ou de palissades. Dans ce tracé il faut faire en sorte d’avoir des saillants ou des rentrants pour se procurer des flanquements ; si la disposition des murs ou des haies ne le permet pas, on ajoute quelques redans ou tambours en palanques ou palissades.

On apporte une attention spéciale aux points où les routes traversent cette enceinte, car ce sont des parties faibles. Si on ne veut pas conserver la communication, on l’mtercepte au moyen d’une coupure composée d'un fossé dont les terres rejetées en arrière forment un parapet, armé d'artillerie; eomme point faible la coupure est placée un peu en arrière de l’enceinte pour en être mieux flanquée. On peut la remplacer par une barricade construite avec des voitures dont on enlève les roues, des calsses, des tonneaux, etc., remplis de.terre, et suffisamment accumulés.

Si on ne veut pas se priver de communication, mais seulement l’interdire à lennemi, on construit la coupure en ménageant au milieu un passage de 2°,50 à 3",00, que l'on ferme par une barrière ; un pont en bois sert à traverser le fossé et.uné traverse en arrière bouche la trouée produite par l'ouverture ; l'enceinte déborde la coupure et flanque le passage à bout portant. Dans une barricade, on laisse une ouverture de la largeur nécessaire, et on la ferme par des cheyaux de frise.

On déblaye le terrain en avant de cette preinière enceinte de tout ce qui gêne le tir ou même la vue, dans la limite de la portée des armes et on le couvre de défenses accessoires, surtout d’abatis, faciles généralement à se procurer.

Passons maintenant à l'organisation d’une seconde enceinte formée par les murs de la cour et ceux des bâtiments qui l'entourent.

Les murs sont percés de créneaux ; un petit-fossé en avant tient l'ennemi à 2°,00 en dessous de leurs ouvertures, pour qu'il ne puisse les emboucher. Les müraïlles extérieures des bâtiments sont organisées de la même manière, mais avec plusieurs rangs de créneaux, à cause de leur plus grande hauteur. 1] faut boucher avec soin et en matériaux incombustibles toutes les ouvertures extérieures: les fenêtres des étages sont seulement bouchées jusqu’à 1”,80 ; quelques-unes sont transformées en balcons-mâchicoulis pour se procurer des flanquements verticaux. Des communications sont ouvertes tout le long de-cette enceinte dans les différents murs intérieurs pour la facilité de la défense. S'il y a quelque brèche ou'quelque interruption dans l'enceinte, on rétablit la continuité par des lignes de palanques ou de palissades ou par des parapels en terre. précédés de fossés, et en arrière desquels on met l'artillerie. |

Si on n’a pas de flanquements horizontaux par suite de la disposilion convexe des différentes lignes de bâtiments, on construit des tambours aux angles ou au milieu des faces. Tis communiquent avec l'intérieur par des ouvertures percées dans les murs.

En général on ne laisse qu’un seul passage peur pénétrer dans cette enceinte, le plus facile à défendre par sa position rentrante, par les feux croisés qui sillonnent le terrain en avant, ou par les obstacles extérieurs dont ce terrain est couvert. Ce passage est fermé par une porte à T épreuve de la balle et percée de créneaux, ou par une barrière, et couvert par un tambour formant ouvrâge avancé. Si la disposition des lieux le permet, on le flanque en outre par des balcons-mâchicoulis. Les autres passages sont fermés par de fortes barricades précédées de tambours.

Là ne se bornent point toutes les ressources que l’on peut

tirer de la position : il est possible ‘en effet que l'ennemi surmonte tous les obstacles dont nous venons de parler, et pénètre dans la cour de la ferme. On peut encore s'y défendre en organisant chaque bâtiment comme nous l'avons indiqué pour une maison isolée ; l’assaillant en arrivant dans la cour sera accueilli alors par une grêle de feux croisés sous lesquels il devra faire l'attaque successive de chaque maison. .

- On doit donc boucher à l'avance toutes les ouvertures du rez-de-chaussée donnant sur la cour et on perce des créneaux dans les murs. Les portes réservées pour les communications et tenues ouvertes pendant les premiers moments du combat sont fermées par des barricades préparées à l'avance ; un ou plusieurs abatis placés à l'intériéur les pointes en ‘dehors donnent dans ce cas un mode de fermeture rapide et commode. Les planchers des étages sont percés de-mâchicoulis, les escaliers sont coupés, et les toitures enlevées si on craint l'incendie. |

Le plus considérable des bâtiments, isolé des autres et organisé avec-encore plus de soin, forme le réduit et Ja dernière ressource de la garnison.

L'emploi de tous ces moyens de défense dépend du temps et du nombre d'hommes dont on dispose; il est évident qu'avec un faible détachement on se contentera d'occuper la ferme sans construire de première enceinte, et encore faudrait-il au moins 150 ou 200 hommes pour la défense d’une pareille position : 6 ou.700 hommes seraient nécessaires pour défendre la position complète. En un mot il faut toujours avant d'entreprendre les travaux veiller à ce que leur développement ne soit pas hors de proportion avec la force du détachement chargé de la défense.

Organisation défensive d’un village. — Tous les villages ne sont point également propres’ à former des positions retranchées ; il faut pour cela qu'ils réunissent certaines conditions

dans la distribution des bâtiments et dans leur mode de construction. Ainsi il serait difficile d'organiser la défense d’un viHage dont les maisons seraient très-éloignées et séparées par des jardins ou des vergers ; et les maisons construites en bois et couvertes en chaume craignent trop l'incendie pour être utilisées. Nous supposerons dans ce qui va suivre et pour fixer les idées que les maisons sont en-maçonnerie; le village est percé de trois ou quatre routes venant aboutir au centre ou se trouve l’église située sur une place, et entourée du cimetière.

Le travail est précédé d'une reconnaissance attentive: qui sert à en établir les bases, et qui doit même, si on a le temps, être accompagnée d’un lever à vue. On se décide alors ur ce que l'on doit faire. . |

On organise d’abord comme pour une ferme une première enceinte extérieure formée par les murs de clôture, et les haies de jardins disposées comme nous l’avons déjà indiqué. Si ces obstacles ne donnent point une enceinte cuntinue, on les remplace là où ils manquent par des parapets en terre précédés de fossés, des palanques, des palissades, ou même simplement des abatis. Dans cette organisation on se procure des flanquements en choisissant les obstacles formant alternativement des saillants et des rentrants : on les obtient au moyen de tambours, si ce tracé n’est pas possible. Les routes que l’on ne veut pas conserver sont couvertes d'abatis et coupées à leur point de rencontre avec cette première enceinte ; les autres sont organisées comme nous l’avons dit au sujet des fermes. L’artillerie est disposée derrière des parapets battant le terrain des attaques.

Le terrain en avant de cette enceinte est déblayé de tout ce qui peut gêner le tir; on détruit donc les clôtures ayant une direction parallèle à l'enceinte, on peut conserver celles qui vont du centre à la circonférence , qui. désunissent les colonnes ennemies sans les protéger. Ce terrain est semé de

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