CHAPITRE PREMIER
LA
DES PLACES FORTES. — LEUR UTILITÉ. —- LEUR RÔLE DANS LA DÉFENSE DES ÉTATS.
La fortification permanente, avons-nous dit dans l’introduction, occupe et met à l'abri des points dont l'importance est constante, soit par suite de leur position topographique ou géographique , soit à cause des richesses qu'ils renferment dans leur seir. La position ainsi fortifiée prend le nom de place forte où de fort, suivant qu'il se trouve dans son intérieur des établissements civils, ou bien si elle est seulement occupée par une colonie militaire.
La différence entre les ouvrages de la fortification passagère et ceux de la fortification permanente ne réside pas dans leur construction même, mais dans le but qu'ils doivent atteindre, but clairement indiqué par la dénomination
attribuée à ces deux genres de fortification. Aussi pourronsnous trouver certains ouvrages de fortification passagère qui dépasseront en force des ouvrages permanents; mais le plus généralement ces derniers sont exécutés de manière à faire une plus grande résistance. - L'importance des points qu'ils couvrent a été reconnue longtemps à l’avance, et par conséquent le temps n'a plus d'influence dans le cas de la fortification permanente. C’est pendant la paix qu’on devra l’exécuter , alors que les moyens ne manquent pas, et on mettra à contribution pour élever ces ouvrages tout l’art des constructeurs. La terre, la maçonnerie, le fer, le bois seront également employés, et il n'y aura de limites dans la dépense à faire que celles imposées par l'importance de la position.
Ces positions fortifiées, places fortes ou forts, existent en général sur les frontières des Etats comme. sentinelles avancées veillant à l'intégrité du territoire. Tous les peuples se sont réunis pour leur accorder une certaine valeur, pour réconnaître leur utilité, leur nécessité même; et comme pour mettre le sceau à cette vérité, il a fallu qu’elle eût des détracteurs, en nombre assez limité, mais que nous ne devons cependant point dedaigner; car quelques uns d’entre eux étaient de grands militaires, des généraux distingués, joignant la pratique à la théorie : des idées trop absolues les amenèrent à repousser l'usage des places fortes parce qu'ils en exagéraient les défauts. Examinons et discutons les reproches qu’ils leur font , et il en résultera, nous l’espérons au moins, la conviction que- si les places fortes ne sont point exemptes de certains inconvénients, elles offrent de tels avantages pour la défense d’un Etat, qu’on peut les regarder comme indispensables.
Les objections que l’on fait généralement contre les places fortes sont les suivantes : elles coûtent fort cher à bâtir d'abord, puis ensuite à entretenir, et leur résistance n'est nullement en rapport avec les dépenses qu'elles occasionnent. Cependant une fois tombées au pouvoir de l’ennemi, elles
lui créent un lieu de dépôt, une base d'opérations qu'on lui enkRvera difficilement; tandis que souvent au contraire il sera assez fort pour mépriser ces obstacles ou annuler leurs garnisons au moyen d’un corps d'armée suffisamment nombreux, pendant qu’il se portera au cœur même du pays. Puis ces nombreuses garnisons détachées de l’armée active l'ont affaiblie au point qu’elle ne peut résister à l’armée d'invasion. Les places exigent aussi soit en matériel soit en vivres des approvisionnements immenses qui épuisent le pays. Pour toutes ces raisons, on doit se hâter de les démolir, de faire table rase, et de confier la défense du pays non point à des masses inertes, mais à des troupes actives qui ne se tiendront plus timidement derrière un rempart, mais qui, armées et entretenues avec ce matériel et ces approvisionnements qui se pourrissaient à l'abri des murailles, se porteront résold-
ment au devant de l'ennemi et ne pourront manquer d'être vainqueurs.
Moins absolus dans leurs idées quelques-uns de nos adversaires ne repoussent pas la fortification permanente; mais ils voudraient seulement des places militaires. Les habitants des villes ne seraient plus alors soumis à des servitudes pénibles, et au moment d’un siége à des souffrances qui presque toujours hâtent l'époque de la reddition, tandis qüe dans une place purement militaire, la défense pourrait être poussée jusqu’à ses dernières limites.
Comme on le voit, nous ne cherchons point à affaiblir ces objections : nous allons les examiner une à une, et nous ferons ensuite ressortir les immenses avantages que les places fortes procurent à um pays tant pour une guerre défensive que pour une guerre offensive.
Les places fortes coûtent cher, .il est vrai; mais cette objection qui serait discutable s’il s'agissait de créer à la fois sur nos frontières un pareil système de défense, est nulle en fait, puisque ce système existe déjà et qu’il faut seulement l'entretenir. Or on peut voir au budget de l'Etat la somme
minime consacrée chaque année à cet article : celles qu sont destinées aux constructions neuves et aux améliorations sont aussi bien faibles, comparées à la somme considérable absorbée par le budget de la guerre; exceptons toutefois les constructions exécutées à Paris et à Lyon et sur lesquelles nous reviendrons bientôt. Mais renversant l’argument de nos adversaires , nous dirons que dans un but même d'économie on devrait créer les fortifications si elles n’existaient pas. Et en effet, sentinelles avancées sur nos frontières, il leur suffit d’une faible garnison pour arrêter une incursion soudaine ; un Etat ainsi abrité n’est plus obligé d’avoir constamment sous les armes un effectif nombreux, et ces places si coûteuses en apparence permettent en réalité de larges économies ; car parmi toutes les charges du ministère de la guerre, la plus lourde sans contredit est l'entretien des hommes. Nos adversaires ajoutent que la résistance des places est loin d’être en rapport avec les dépenses qu'elles nécessitent. Nous n’admettons pas avec Carnot que les fortifications soient douées d’un degré de résistance illimité, et dans des conditions ordinaires nous savons qu'une place ne se défend guère plus de cinq ou six mois; mais nous n’ignorons pas non plus que si cette résistance a souvent été moins longue, il ne faut pas l’attribuer à la fortification, mais à des causes étrangères. La faiblesse de la garnison, sa mauvaise composition, le manque d’approvisionnements, la timidité des habitants, et il faut bien le dire, la faiblesse des commandants, ont souvent amené des redditions prématurées. Mais combien d'exemples contraires paurrions-nous citer sans rappeler les exemples donnés par l'antiquité à Troie, Tyr, Numance, Sagonte, Carthage, Alise, etc: ? Qui n’a entendu parler du siége d'Ostende qui dura près de quatre années, de ceux de Saragosse, de Dantzig, et enfin du mémorable siége de Sebastopol ? Et le siége ne durât-il que deux mois au plus, ne serait-ce pas déjà beaucoup d’avoir-avec une faible garnisoù de 6 ou 8,000 hommes, de 12 ou 15,000 quelquefois,
arrêté pendant ce temps une armée huit ou dix fois plus nombreuse?
Enfin la place vient à tomber au pouvoir de l'ennemi, et alors il va s’en servir contre nous et s’en faire une base d'opérations. Les fortifications tant décriées quand nous les possédions seront donc utiles à l’ennemi qui s’en est rendu maître ? Mais alors ne pouvaient-elles pas nous rendre le même service dans une guerre offensive, et nous voici amené par nos advérsaires eux-mêmes à prouver l'utilité de la fortification. Ïs ajoutent, il est vrai, que l'ennemi se servira du matériel et des approvisionnements entassés dans ces places qu’il vient d'acquérir. H est facile de répondre à cela que la garnison les aura probablement consommés dans un siége un peu long, et que dans tous les cas on les aura fait payer bien cher à l'ennemi, ce qui vaudra mieux encore que s'il s’en emparait sans coup férir; or c’est te qui arriverait infailliblement si nous ne les avions abrités derrière nos murailles, car on ne peut les traîner à la suite de l'armée active et il faut bien avoir des lieux de dépôt.
Voici une objection plus sérieuse, plus forte en apparence : dans le système de guerre actuel, dit-on, comme on agit avec des masses considérables, on passera entre les places fortes en les masquant et annihilant leurs garnisons par des corps d'observation qui serviront d'ailleurs à rélier l’armée principale avec sa base; on opérera alors au cœur du pays; l’armée active trop affaiblie ne pourra pas lutter avec avantage : et à la suite d’une victoire et peut-être d'une paix onéreuse pour le vaincu, l'ennemi occupera facilement ces places, et leurs immenses approvisionnements lui seront acquis sans que les garnisons aient rien pu. faire pour les défendre.
Il est facile de voir qu’en posant cette” objection on a eu particulièrement en vue l'invasion de la France en 1814. Mais à cette époque les fortifications de Paris et de Lyon n’existaient point encore ; et maître de la capitale, l'ennemi
l'était pour ainsi dire de toute la France. Oserait-il aujourd’hui tenter une pareille entreprise, füt-il appelé par un parti tout entier? Même alors ne s’était-il pas écarté des règles de la guerre? Et que serait-il arrivé si l'Empereur vainqueur à Brienne, eût séparé les alliés de leur base d'opérations? Plus tard encore, si la trahison ne leur eût livré Paris, c'est-àdire le centre du gouvernement, ils se fussent trouvés pris entre l’armée de la Loire et celle qui allait s'organiser sur les frontières avec les différentes garnisons ; alors sans communications, sans vivres, harcelés par les paysans, il est faeile de prédire quel eût été leur sort. N'est-ce point d’ailleurs sur les donjons de ces forteresses que flottait encore le drapeau national, disparu du reste du sol français, et la résistance de Vincennes. n’a-t-elle pas immortalisé, le nom de Daumesnil ? CS
Enfin il n’est pas plus vrai de dire que les approvisionnements des places fortes appauvrissent le pays au moment où l’armée active a besoin de toutes ses ressources. Au contraire ces magasins formés plusieurs années à l’avance sont des dépôts où l’armée sans fatiguer le pays peut puiser dans de certaines limites, tant qu’elle couvre les places; si au contraire elle prend position en arrière, elle leur laisse tout ce dont elles ont besoin pour soutenir un siége, bien sûre de tirer facilement de l’intérieur de quoi remplacer ce qu’elle aura ainsi abandonné.
Nous ne pensons pas avoir laissé de doutes sur la valeur des objections faites contre l'existence de la fortification permanente. Voyons maintenant s'il est exact de dire qu'il ne faut point forlifier les villes, mais avoir seulement des places : purement militaires. On fera remarquer d'abord qu'une place forte pour jouer un rôle actif dans la défense du territoire doit évidemment se trouver dans des positions pour ainsi dire déterminées à l’avance, au centre de toutes les grandes communications, afin d’en conserver la elef. Mais il arrive que ces. points sont déjà occupés par des villes qui
doivent leur existence à cette position favorable; et par une espèce de réaction la présence d’un grand centre de population et-de commerce a nécessité [a construction d’un grand nombre de routes, de canaux, qui à leur tour ont augmenté la valeur de la position.
L'emplacement qui pourrait convenir à ces villes militaires n'est donc plus libre, et les construire en d’autres points serait en annuler la valeur. À leur place s'élèvent des cités riches et commerçantes qu'il faut mettre à l’abri par des fortifications ; les servitudes qu’elles imposent ne sont qu’une compensation de la sécurité qu’elles procurent aux habitants, sécurité que l’on a voulu nier en disant que les fortifications attireraient l'ennemi, comme si uné ville. ouverte et riche ne devait pas être un appât plus grand : mais le bon sens des populations venant au moment de l'invasion se réfugier dans les places fortes pour s’y mettre à l'abri avec leùrs richesses suffit pour faire justice de ce sophisme. Certainement une place militaire ét sans habitants peut prelonger sa défense dans des limites plus étendues ; il fant nourrir moins de bouches inutiles, et la garnison n’aura pas la douleur de voir les souffrances d’une nombreuse population s'ajouter aux siennes propres : mais dans un pays patriotique et guerrier ces souffrances seront courageusement supportées ; on recrutera de nouveaux défenseurs parmi les habitants valides, et ce que l’énergie de la défense perd d’un côté, elle le regagne d’un autre par les immenses ressources que possèdent ces villes.
Ainsi donc tous ces défauts reprochés à la fortification n'existent pas en réalité; nous croyons au moins l'avoir suffisamment démontré : mais de plus nous allons voir qu’elles procurent à un état de grands avantages; nous donnerons ainsi la contre-partie des reproches que nous venons d’examiner.
Les places fortes ont d’abord été créées pour mettre à l'abri les richesses de l'Etat, tant particulières.que générales; parmi ces richesses nous comprendrons surtout au point de
vue militaire tout le matériel, tous les approvisionnements nécessaires à la guerre, comme aussi tout le matériel naval. Tel a été le premier but des fortifications permanentes ; puis subsidiairement on a reconnu que les places fortes servent de points d'appui aux troupes actives dont elles forment les véritables bases d'opérations, en leur fournissant le matériel et assurant leurs communications, tandis qu’en cas de revers les armées trouvent un refuge sous leurs murailles; elles s’y réorganisent, y complètent leur effectif, et se remettent en campsegne, manœuvrant en sûreté au milieu de toutes ces positions, pendant que les habitants dont l'esprit militaire est- entretenu par l'appareil guerrier qu’ils ont constamment sous les yeux, soulagent la garnison d'une partie de ses fatigues. . |
En se privant du concours de la fortification, ses adversaires ont oublié de prévoir le cas où. les armées actives , seules barrières de l’Etat, seraient battues par un ennemi supérieur ; sans appui, sans points de ralliement, ces troupes démoralisées seront perdues pour la défense. du territoire; dans de pareils cas, il faut marcher de victoires en victoires malgré les pertes successives que l’on éprouve. Et c’est justement ce qui arriva dans cette mémorable campagne de 1814 que nous citions tout à l'heure : séparée des places fortes à la suite du combat de Brienne, l’armée française, rejetée sans points d'appui dans la Champagne, dut faire face aux masses de troupes alliées; toujours victorieuse malgré l’infériorité du nombre, ses victoires mêmes l’épuisaient, et elle dut cesser une lutte trôp inégale. Cela füt-il arrivé si ces admirables troupes eussent trouvé un point d'appui sous lea murs d’une forteresse, à l'abri de laquelle elles auraient pu se remettre de leurs fatigues et se réorganiser?
Nous dirons donc avec le général Rogniat : « Les Etats ne « peuvent se défendre que par le moyen des armées: mais « les armées ne peuverit se former, s'organiser , trouver de «la sûreté et de la stabilité, et. vivre qu’à l’appui des
« places fortes... Seules les places fortes sont insuffisantes « pour la défense des frontières, car ce ne sont que des « masses mortes dont l'influence ne s'étend guère au delà « de la portée du canon de leurs ouvrages. Mais considérées « comme les points d'appui et le refuge des armées défensi- « ves, considérées comme des têtes de pont pour assurer les « manœuvres d’armées sur les lignes des fleuves, considé- « rées comme les dépositaires assurées de nos richesses mili- « taires, elles deviennent précieuses et indispensables pour « la sûreté et la stabilité des Etats. n /Considérations sur l'art de la guerre.)
Les places fortes sont donc indispensables, et il importe de savoir comment on doit les disposer pour fermer autant que possible les frontières dans le cas d’une guerre défensive, et en même temps pour qu’elles prêtent tout leurs secours à une armée dans le cas d’une guerre offensive. Il est évident que la disposition de ces points fortifiés ne sera pas la même sur les différentes limites d’un Etat; il faudra tenir compte des obstacles présentés par la nature sur les différentes frontières, dont nous distinguerons quatre espèces principales : les frontières ouvertes, celles couvertes par un fleuve, par de hautes montagnes, et enfin les frontières maritimes. Nous allons examiner successivement quelle doit être leur organisation.
Commençons cet examen par les frontières complétement ouvertes. Les auteurs prescrivent dans ce cas trois lignes de places fortes construites en échiquier, de manière que les places d’une ligne correspondent aux milieux des intervalles qui se trouvent entre celles de la ligne précédente , la distance entre les places d’une même ligne serait d’une journée de marche ou de 32 à 40 kilomètres au plus. Cormontaingne ne met en première ligne que des petites places; le général Darçon y met au contraire les grandes, et nous nous rangerions assez volontiers à cette opinion qui donne une organisation
plus favorable pour l'offensive tout en restant soffisante pour
la défensive ; mais nous l’avons déjà fait remarquer, on n’est pas libre de donner aux places fortes telle ou telle position et des considérations majeures imposent le choix d’une localité plutôt que d’une autre.
D'ailleurs cette hypothèse d’une frontière ouverte est purement gratuite et n’est admissible qu’en théorie ; dans la réalité la nature présente toujours quelques petits cours d’eau, quelques chaînes de collines, des terrains marécageux qui ne seraient que des’ obstacles naturels très-faibles, mais dont l'art pourra tirer un grand parti. Nous dirons donc simplement que sur ces frontières qui ne sont point garanties par de puissants obstacles naturels, il doit toujours exister plusieurs lignes de places fortes disposées suivant les convenances du terrain et la position des centres de population.
Lorsqu'une chaîne de hautes montagnes forme la frontière d’un pays, celle-ci se trouve habituellement dirigée suivant les sommités de la chaîne. L’ennemi qui voudrait arriver de ce côté ne pourrait pénétrer que par un petit nombre de cols étroits et d’un difficile accès: De petits forts à cheval sur ces étroites vallées suffisent pour s’en rendre maître. Tel est le fort de Bar qui en 1800 faillit arrêter la marche de l’armée française venant de vaincre toutes les difficultés d’un passage des Alpes. En arrière de ces forts, on défend le passage des vallées plus larges par de grandes places qui servent en même temps de places de dépôt. Nous n'admettons ici que deux lignes de points fortifiés ; l’obstacle apporté par la nature du sol remplace avec avantage la troisième ligne.
Il en sera de même si un grand fleuve détermine la frontière. Sur la rive seront situées de distance en distance de grandes places de dépôt; la communication d’une rive à l’autre aura lieu vis-à-vis de ces places qui occuperontautant que possible des angles saillants ; elles auront une bien plus grande valeur offensive si on peut occuper le débouché des ponts par quelque ouvrage de fortification ; ainsi était autre-
fois Huningue. La seconde ligne sera placée en arrière, sur les principales voies de communication et dans des positions presque toujours indiquées; généralement en effet il y a, parallèlement à un grand fleuve et à une certaine distance, des chaînes de collines assez élevées et à travers lesquelles il n’existe qu’un petit nombre de passages que l’on occupera.
ll nous reste à considérer les frontières maritimes par lesquelles les tentatives d’invasion sont rarement suivies d’un heureux succès, ou tout au moins demandent la réunion de tant de conditions diverses pour leur réussite qu’elles seront toujours fort rares. I] suffit ici d’une seule ligne de défense ; on fortifie avec soin les arsenaux, les ports militaires et les ports marchands de quelque importance ; leurs rades, les passes et goulets qui y conduisent sont défendus par des feux d'artillerie, ainsi que les plages dé débarquement et les mouilages qui sont à proximité de.ces ports. Les petits ports de refuge ou de cabotage ne seront défendus que par quelques batteries.
Enfin, outre les. places destinées : à fermer les frontières, pour compléter le système de défense d’un Etat il faut au centre du pays construire quelque grande place, fortifier par exemple la capitale ou quelque ville importante dont la conservation est de la plus haute utilité, non-seulement au point de vue matériel, mais encore au point de vue moral. Rien ne doit être négligé pour augmenter la valeur d’une pareille position, qui est destinée à devenir le dernier boulevard de l'indépendance du pays.
Les principes que nous venons d’énoncer ont été appliqués en France dans tous leurs développements, car notre pays présente tous les genres de frontières que nous avons examinés. 11 est facile de s’en convaincre en suivant attentivement une carte, et c’est un soin que nous laisserons à nos lecteurs.