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CHAPITRE VII

REPROCHES ADRESSÉS A LA FORTIFICATION BASTIONNÉE. —— LEUR APPRÉCIATION ET CORRECTIONS QU'ILS ENTRAÎNENT .—CHANGEMENT COMPLET DU SYSTÈME DE FORTIFICATION, ADMIS PAR LES PUISSANCES ÉTRANGÈRES.— IDÉES DE MONTALEMBERT ET DE CARNOT.— LEUR MISE EN PRATIQUE (1).

Nous venons de décrire, dans les chapitres précédents, la fortification telle qu’elle a toujours été construite en France. Nous avons vu que le tracé bastionné, auquel on a été conduit par la nécessité du flanquement, en forme la base ; les ingénieurs français ne s’en écartent en effet que dans des cas fort rares, alors que des nécessités de position et de construction peuvent l'emporter sur l'importance incontestable du flanquement : ce séra par exemple dans les fortifications établies en pays de montagne ou sur les bords de la mer qu'ils se permettront de faire céder à d’autres considérations cette nécessité si impérieuse d’avoir tout le terrain en avant de soi, y compris les fossés, parfaitement battu. |

De nombreux reproches cependant ont été faits à ce sys-. tème ; mais les ingénieurs militaires ne s’entendirent point

(4): Il sera bon, avant de lire ce chapitre, de connaître la troisième partie de cet ouvrage. C’est pour ne pas interrompre la description de Ia fortification permanente que nous ne l'avons pas reporté après l’attaqué et la défense.

sur la manière d'y remédier. Toutes ces critiques sont fondées sur un point incontestable, sur le peu de durée de la résistance des places depuis les améliorations introduites par Vauban dans l’art de l'attaque ; l'équilibre entre l'attaque et la défense était rompu, et on en cherchait la cause. Les uns ne virent dans cette supériorité de l'attaque qu’un résultat facile à prévoir et que les progrès de la science devaient amener tôt ou tard : une garnison cernée et n’ayant qu'un matériel limité devait succomber dans une lutte contre un ennemi dont tous les ‘feux sont convergents et qui a la possibilité de renouveler ses hommes et son: matériel. Partisans d’un flanquement complet, et ne voyant que dans le tracé Bastionné la solution de ce problème, ils le conservèrent en y proposant différentes améliorations plus ou moins heureuses.

D'autres ingénieurs imbus d'idées plus radicales rejetèrent complétement le tracé bastionné que les progrès faits par l’art de l’attaque rendaient insuffisants, disaient-ils; et, suivant les traces de Montalembert et de Carnot, ils cherchèrent à rétablir l'équilibre en changeant le traçé et le profil.

Les ingénieurs français suivirent le premier parti, les ingénieurs allemands adoptèrent le second.

Nous allons dans ce chapitre signaler d’abord les défauts reprochés à la fortification bastionnée ; ensuite nous passerons en revue les principaux. moyens employés par les ingénieurs français pour y remédier ; puis enfin nous dirons un mot des systèmes employés à l'étranger dans un certain nombre de leurs places fortes.

Les défauts reprochés à la fortification bastionnée, et admis au reste par les deux écoles dont nous venons de parler, qui y attachent seulement une importance bien différente , sont les suivants :

1° Manque complet d’abris voûtés, nécessaires pour couvrir le matériel et les hommes contre les feux verticaux et à ricochet ; |

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