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REPROCHES ADRESSÉS À LA FORTIFICATION BASTIONNÉE

2° Mauvaise organisation des parapets des faces sillonnés par les projectiles tirés à ricochet, qui prennent en même temps les flancs à dos ;

3° Mauvaise organisation des communications ;

4° Difficulté de construire des retranehements intérieurs ;

5° Inconvénient des trouées produites par- les fossés de la demi-lune, à travers lesquels on peut faire brèche au corps de la place ;

6° Inconvénient d'avoir des parapets liés aux murailles.-de telle sorte. que la ruine des unes entraîne l'éboulement des autres ;

7° Difficulté d'exécuter au moment du siége la masse de travaux nécessaires pour mettre la place en:bon état de défense.

Analysons successivement ces défauts en indiquant la manière de remédier à quelques-uns d’entre eux :

1° Le tracé que nous avons indiqué ne renferme aucun abri voûté, ïl est vrai, et les assaillants emploient aujourd’hui une telle quantité de feux verticaux de toute espèce que les parapets et même l’intérieur de la place sont difficiles à habiter. Aussi on admet la nécessite d’avoir des abris pour la garnison : nous avons parlé des casernes voûtées à l'épreuve de la bombe, des escarpes casematées, etc. Mais on ne prodigue pas ces moyens, d’abord à cause de la dépense, ensuite parce . que les casemates défensives sont souvent rendues inhabitables par la fumée des armes à feu; enfin, l’homme n’y est pas à l’abri des éclats de pierre meurtriers que le boulet ennemi détache des embrasures ou des-créneaux.

Si donc il est à désirer que les places fortes aient un grand nombre d’abris casematés, on ne peut cependant faire de l'existence de ces casemates la base d'un système, et le système bastionné s'accorde parfaitement d’ailleurs avec leur présence.

2° À moins d'adopter un tracé circulaire se présentant partout de front à l'ennemi, mais n’ayant ni flanquement ni

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feux croisés, nous ne voyons pas comment on évitera complétement le ricochet le long des faces qui vont forcément ficher dans la campagne. M. de Bousmard a bien présenté un système bastionné à faces courbes; maïs pour conserver le flanquement, il a dû adopter de faibles courbures, et l'effet du ricochet n’est point détruit. D'autres ingénieurs, et entre autres M. le commandant Choumara, ont proposé des moyens plus ou moins ingénieux, mais jamais complétement satisfaisants; l’adoption de nombreuses traverses disposées de distance en distance n’est qu'un palliatif, et on ne peut admettre avec Montalernbert que tous les parapets soient casematés. Il est vrai que le défaut devient plus grave quand le boulet, après avoir sillonné la face du bastion, peut encore venir prendre à dos les défenses du flanc adjacent ; mais cependant cet inconvénient a plus d'apparence que de réalité. Nous verrons en effet, dans la troisième partie de cet ouvrage, que le flanc n'entre én action qu’au moment où le tir à ricochet est pour ainsi dire interdit à l’assiégéant, qui occupe alors des positions intermédiaires que ce tir inquiéterait beaucoup.

3° Le troisième reproche est beaucoup plus fondé, et la fortification de Cormontaingne offre en effet des communications très-défectueuses : les poternes trop étroites ne peuvent laisser passer l'artillerie, qu'il faut démonter et transporter au moyen de manœuvres de force; pour évacuer un ouvrage, il faut toujours traverser son réduit, dont le défenseur n'est plus alors aussi tranquille, et par suite protége moins efficacement le premier- ouvrage ; enfin, une partie de ces communications est vue par l’assiégeant établi sur la crête des chemins couverts, de sorte que l’on ne peut communiquer d’un point à l'autre que la nuit.

Dire que l'existence de ces défauts dans des parties accessoires de la fortification n’a point empêché de très-brillantes défenses serait une mauvaise réponse ; mieux vaut chercher à les corriger, et c’est ce que l'on a fait. On a:'élargi les com-

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