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REPROCHES ADRESSÉS À LA FORTIFICATION BASTIONNÉE

munications, on les a rendues praticables pour l'artillerie ; puis par des procédés très-ingénieux, mais que nous ne pouvons décrire ici, ces communications sont devenues indépendantes et ont été mises à l’abri des vues de l’ennemi.

Même ainsi organisées, on prétend qu'elles ne sont point assez spacieuses et que l’organisation des chemins couverts, leur existence même gêne les grandes’sorties. S’il s’agit des sorties exécutées au moment de la défense éloignée, le reproche n’est point fondé : les issues ménagées aux troupes à la droite et à la gauche des attaques sont suffisantes, et ce qui le prouve ,.c’est qu’une sortie réussit presque toujours dans le premier moment ét n’est repoussée qu’au bout d’un certain temps, alors que l’assiégeant a pu réunir tous ses moyens d'action. Au moment de la défense rapprochée, les petites sorties sont faciles à exécuter, comme le montre l’histoire des siéges. Il est rare que la garnison affaiblie puisse tenter de grandes sorties, cependant on les rendrait possibles en modifiant légèrement les chemins couverts existants sans rien changer à leur tracé.

4° Les partisans du système bastionné ne construisent point à l'avance de retranchements intérieurs dans tous leurs bastions; ils n’en mettent que dans ceux exposés à une attaque presque certaine et encore rarement, pour éviter une trop grande augmentation de dépense. L'organisation de ces réduits devient donc au moment du siége difficile et pénible pour la garnison si un gouverneur prévoyant ne les a pas entrepris longtemps à l’avance, et encore sont-ils toujours assez médiocres; mais, à moins de dépenses considérables, on pourrait dire excessives, on ne peut guère s’y prendre autrement. | |

5° ]l existe dans la fortification de Cormontaingne un défaut beaucoup plus grave : l'ennemi ; parvenu au saillant des chemins couverts de la demi-lune, peut y construire une batterie dont les projectiles suivant les fossés de la demi-

lune feront brèche à l’escarpe de la face du bastion; s’il n'y

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a pas de réduit intérieur et si les fossés sont secs, on pourra donner l'assaut au corps de place en même temps qu’à la demi-lune, sans passer par les longs travaux qui restent encore à faire pour arriver au saillant des chemins couverts du bastion. On remédie à ce défaut en élevant dans le fossé de la demi-lune un massif en terre suffisamment épais et terminé par un glacis vu de la face du bastion. I} s’arrête à la contrescarpe du eorps de place prolongée et sépare les fossés de la demi-lune de ceux du corps de place ; cette indépendance facilite en outre la défense.

6° Carnot el à sa suite quelques ingénieurs allemands ont reproché aux escarpes de Cormontaingne d’être adossées aux terrassements, de telle sorte que la ruine des premières s’écroulant sous l’action de l'artillerie battant en brèche entraînait nécessairement la chute des parapets. Ces ingénieurs placent l’escarpe un peu en avant du parapet (PL. XXV, #g. 2); mais il nous semble que le mur est moins solide, surtout quand il est percé de créneaux.

7° Enfin, il y aura, dit-on, d'immenses travaux à exécuter au moment du siége pour mettre la fortification en état complet de défense : il faudra faire des palissadements, suppléer aux casemates par des blindages, préparér les communications, construire les retranchements intérieurs, etc., etc. Nous avouons qu'un siége à soutenir est une opération des plus difficiles, des plus fatigantes, et dans laquelle il faut déployer toute l’énergie dont est capable la nature humaine : À nos yeux rien ne peut exempter des travaux dont on vient de parler, si on ne veut manquer à tous les devoirs d’une bonne défense et s’enlever par suite les chances de la prolonger. C'est au gouverneur à ne pas réserver ces travaux pour le dernier moment, et il sera loin de pouvoir s'en dispenser dans la fortification dont nous allons tout à l'heure donner une idée.

En résumé, les différents reproches adressés à la fortification bastionnée et que nous venons de passer en revue ne

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