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ATTAQUE EN RÈGLE D'UNE PLACE FORTIFIÉE -SUIVANT LE SYSTÈME BASTIONNÉ

Nous avons dit quels étaient les motifs qui pouvaient décider un général en chef à attaquer une place forte, et nous avons passé en revue cinq des moyens qui sont à sa disposition, en ayant soin de prévenir qu'ils étaient soumis à de nombreuses causes d’insuccès : il nous reste à examiner la dernière de toutes ces méthodes, lente, régulière, mais ayant plus de probabilité de réussite, je veux parler du siége en règle.

Dans le chapitre précédent nous avons déjà donné une idée succincte du genre de travaux qu'il faudra exécuter ; celui-ci va être consacré au développement de la marche des attaques depuis le moment où le général en chef conçoit le projet du siége jusqu’à celui où il se rend maître dela place : dans le suivant on décrira la manière dont le défenseur doit se conduire pour arrêter ou du moins ralentir les progrès de l’assiégeant. Nous aurions voulu faire marcher parallèlement ces deux récits, pour que l’on pûüt comparer à chaque instant les progrès de l’attaque et le mode de résistance à ses travaux; des difficultés matérielles nous ont arrêté ; mais nous engageons nos lecteurs à faire marcher de

front ces deux études. I}s y seront aidés par les divisions de ces deux chapitres en un certain nombre de sections correspondantes à des périodes bien tranchées dans l’attaque. Ces coupures auront le double avantage de scinder notre récit et d’attirer l’attention sur.les périodes principales marquées ordinairement par un changement dans le genre de travail exécuté par l’assiégeant, ou par un progrès considérable dans l’avancement du siége (1).

Pour tout ce qui va suivre nous avions un guide sûr et infaillible, dont nous ne nous sommes guère écarté. Les deux traités du maréchal de Vauban sur l'attaque et la défense des places sont certainement les meilleurs ouvrages existant sur cette partie de l’art de la guerre. Au dire du général Rogniat, l’art des siéges a été porté à sa perfection par le maréchal de Vauban ; et le général Valazé, en parlant du Traité sur la défense des places, dit que les gouverneurs assiégés ne sont jamais parvenus à faire une belle défenæ qu’en appliquant, avec ou sans connaissance de cause, les principes contenus dans ce traité : il suffit pour s’en convaincre de lire attentivement ce traité en même temps que des relations de siéges anciens ou modernes. Vauban, qui avait conduit cinquante-trois siéges dans le courant de sa carrière militaire, expose les résultats d’une longue expérience jointe à une sagacité remarquable, qui semble quelquefois lui dévoiler l'avenir.

(4) Nous n’admettrons aucun ouvrage avancé, ni pièce détachée, ni moyen accessoire de défense sur les fronts attaqués. Les changements qu'ils apporteraient aux procédés d'attaque seront indiqnés dans les chapitres suivants.

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