‹ Traite de fortificationChapitre 64 sur 99 · MINES DÉFENSIVES ET OFFENSIVES · texte numérisé non relu

MINES DÉFENSIVES ET OFFENSIVES

truit comme les galeries en bois, c’est-à-dire que les terres sont soutenues sur les quatre faces par des planches verticales maintenues par des châssis ou cadres de forme carrée et situés dans des plans horizontaux, à 1",00 de distance les uns au-dessous des autres. Chaque cadre est fixé au précédent par quatre tringles solidement clouées. La figure 1 de la planche XXXII donne une coupe verticale passant par l’axe d'un de ces puits et par celui de galeries qui en débouchent; la figure 2 est une coupe faite dans le puits par un plan horizontal.

Dans les terres de consistance moyenne et quand le puits n'a pas besoin d’une grande ouverture, on le construit au moyen de châssis rectangulaires analogues à ceux des rameaux à la hollandaise : il s'appelle alors puits de Boule, du nom de son inventeur. Les quatre planches qui forment chaque châssis ont 0",04 d'épaisseur et 0",30 de largeur environ. La dimension du puits dans œuvre est de 0",80 dans les deux sens; les cadres sont placés tant pleins que vides dans un terrain ordinaire, ou même plus espacés si le sol a plus de ténacité (Pr. XXXII, fig. 5). Les châssis sont réunis l’un à l’autre par quatre tringles verticales.

Lorsque ces puits ont conduit le mineur à la profondeur voulue, il chemine en avant presque toujours au moyen de galeries à la hollandaise, marchant à la rencontre du mineur assiégé. Entre eux s'engage alors une guerre souterraine dans laquelle la victoire doit rester au plus actif comme au plus intelligent. Le mineur prête l'oreille avec le plus grand soin à tous les bruits souterrains qui peuvent l’éclairer sur la marche de son ennemi ; les coups de masses, de maillets et de marteaux s'entendent fort bien à une assez grande distance. De son côté il travaille en évitant tous ces bruits, et se dirige rapidement vers les points où son oreille lui a signalé l'ennemi; quand il en est arrivé à trois ou quatre mètres, s’il craint d’être prévenu par une explosion

ou d’avoir été découvert, il perce rapidement un trou avec une tarière du côté de la galerie ennemie, y enfonce une cartouche remplie de +0 ou 15 kilogrammes de poudre, bourre avec des mandrins en bois préparés à l’avance et met le feu à cette petite fougasse qui porte le nom de camou/let ; il étouffe ainsi le mineur ennemi, crève sa galerie, le force à l’abandonner pendant quelque temps (cela s'appelle donner le camouflet), termine la sienne, charge, bourre et enfin met le feu à son fourneau pour bouleverser définitivement les travaux qui se trouvent dans le rayon d’explosion.

D’autres fois les galeries viennent à se rencontrer. Le plus alerte des deux mineurs pratique à la hâte un trou de quelques centimètres, tue le mineur ennemi d'un coup de pistolet et jette dans sa galerie une composition asphyxiante qui empêche de reprendre les travaux pendant quelque temps. Il rebouche le trou, charge et bourre avec rapidité, et l'explosion détruit les ouvrages du mineur qui s’est laissé surprendre.

Si les galeries se rencontrent par une large ouverture, les mineurs se livrent un combat souterrain; le pistolet est la seule arme à feu qu’ils puissent y employer; mais ils appellent à leur secours tous les instruments dont ils se servent, comme masses et pinces en fer, haches, etc.

Dans ce genre de combat, nous n'avons point distingué l'assiégeant de l’assiégé, mais on voit facilement que ce dernier doit avoir l'avantage puisque ses moyens sont presqne tous préparés à l'avance, tandis que l’assiégeant, doit tout créer. De plus, celui des deux dont les mines sont les plus basses, qui tient le dessous, comme on dit, l'emporte encore sur l’autre, car il lui est plus facile de le prévenir; ceci est encore en faveur de l’assièégé qui connaît mieux son terrain et & eu plus de temps pour conduire ses galeries.

Cependant il faut ajouter que celui-ci est toujours obligé de ménager sa poudre, en premier lieu parce qu'il n’en a

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