‹ Traite de geodesie a l'usage des marins, ou Methodes et formules trigonometriquesChapitre 15 sur 118 · TOPOGRAPHIE · texte numérisé non relu

TOPOGRAPHIE

18. Pour obtenir les détails topographiques, on place aux points les plus saillants de la côte des jalons distants les uns des autres de 1 00 mètres environ , selon les sinuosités plus ou moins prononcées du rivage; on les observe ensuite , avec un petit théodolite , de quelques points voisins déterminés par la triangulation principale ou secondaire. (Ces observations serviront à les placer graphiquement sur le plan de construction dont nous apprendrons à tracer la projection au chapitre xi.) De chacun d’eux on relève ceux qui les environnent, quelques signaux peu éloignés, la direction du rivage, les sommets principaux des roches ou des bancs de sable situés dans leurs parages, leurs limites aux

basses mers des grandes marées, les extrémités des divers caps, enfin tous les objets remarquables de la côte. Avant de commencer ces observations on a soin de faire un figuré aussi exact que possible, sur lequel on exprime, au moyen de hachures , les divers reliefs du terrain. L’intersection de ces relèvements désigne sur le plan de construction la place des caps, celle des roches ou des bancs de sable qui apparaissent pendant les basses mers ; permet de tracer la ligne du bas de l’eau le long de la côte, la configuration des baies , anses , havres , etc., en un mot , de représenter tout ce qui peut intéresser les navigateurs.

Il est bon de faire ces figurés de la portion de côte comprise entre chaque signal ou chaque jalon à une échelle double au moins de celle à laquelle les divers plans particuliers devront être construits.; on se pénétrera alors plus facilement des détails qu’il importe d’avoir et de ceux qui doivent être négligés. On s’arrangera aussi de manière à ne se servir, pour déterminer la position du lieu où l’on se trouve, que dépeints qui pourront se placer sur la feuille de construction.

Lorsque les relèvements pris des signaux sur les jalons de la côte se coupent sous des angles trop aigus ou trop obtus, on plante à une certaine distance, dans l’intérieur des terres , d’autres jalons disposés convenablement par rapport à ceux de la côte et aux signaux environnants ; on les détermine à l’aide d’observations faites en ces derniers points, et on se sert de leurs positions pour placer ceux de la côte.

Pour obtenir les positions des maisons isolées , corps de garde, etc., ou des points saillants de la côte, qui se trouvent dans le voisinage d’un signal ou d'un jalon , on mesure avec une chaîne métrique leurs distances à ce point, où l’on

prend ensuite leurs directions par rapport à on signal connu. Les résultats fournis par ce procédé seront d'autant plus exacts que les inégalités du sol seront moins prononcées.

Si l’on voulait dans cette supposition déterminer promptement les sinuosités du rivage, on opérerait de la manière suivante : après avoir tiré (figure 22) une droite O P entre deux jalons, on se transporterait successivement sur ses différents points; on aurait soin de faire mesurer les distances

parcourues Oj, O y', Ov" puis on ferait chaîner dans

une direction perpendiculaire à OP les longueurs yx, y'x, y"x" A l’aide de ce système de coordonnées on tra-

cerait ensuite facilement sur le plan de construction les divers contours du rivage. Pour connaître les points x, x\ x " . . . dans la direction desquels il faut faire chaîner, on placera sur 90° l'alidade du grand miroir d’un cercle à réflexion, et à chacun des points y, y', y" ... . on examinera quel est l’objet de la côte dont l’image réfléchie coïncide avec le jalon P vu directement dans la lunette ; ce sera cet objet qui déterminera la direction de la perpendiculaire à la droite O P.

Lorsque les abords de la côte seront parsemés de roches, il faudra les partager en groupes distincts les uns des autres, et se transporter pendant les grandes marées au moment de la basse mer vers la partie centrale de chacun d'eux, quand cela sera possible, ainsi que sur leurs sommets principaux. De là on observera quelques signaux de la côte, et on déterminera séparément les diverses parties de chaque groupe , c’est-à-dire, ses limites et ses têtes les plus remarquables qu’on aura le soin de faire blanchir toutes les fois que les circonstances locales le permettront. En voulant

relever indistinctement de chaque station les détails qu’ils présentent tous ensemble, on finirait par ne plus reconnaître, en construisant son travail, quels sont les relève-^ raents qui appartiennent 4 tel ou tel groupe, malgré les vues qu’on aurait prises à chacün des points d’où on les aurait observés. On notera en même temps la hauteur des têtes principales de chaque groupe au-dessus du niveau de l'eau correspondant 4 l’heure où les observations auront été faites. On pourra alors déterminer leur élévation au-dessus du niveau des plus basses mers , en rapprochant ces résultats de ceux qu’auront fournis les observations faites au même moment à une échelle de marées (articles 21 et 24).

La laisse de basse mer, autour d'un banc de sable ou d’une île terminée de tous côtés par des roches plates qui assèchent en partie, se déterminera au moyen de stations rapprochées faites en ses divers points avec un cercle à réflexion. On trouvera à l’article 8 le procédé qu’il faudra employer pour arriver avec célérité à ce but, lorsque sur le banc de sable ou sur l’ile se trouvera un édifice d’une élévation convenable.

Par cette manière de lever les détails topographiques d’une côte , on ne peut avoir exactement que la partie la plus voisine du rivage; les limites de culture et les divers mouvements du terrain sur le continent ne peuvent être

que figurés à peu près. Il serait cependant utile de lever avec exactitude les environs des ports les plus importants; avec le secours de la planchette on aurait tous les détails qu’il serait nécessaire de connaître. 11 est à regretter que jusqu'ici l'usage de cet instrument si simple et si expéditif n’ait pas été introduit dans la marine. On objectera peut-être

que pour s’en servir il faut avoir d’avance la position calculée de quelques points; mais, en mesurant une base provisoire avec une bonne chaîne de fer, on se procurerait bien vite ceux dont l’ensemble formerait le canevas du plan qu’on veut lever. L’erreur due à la mesure de la base ne serait d'aucune importance, vu le peu d’étendue du plan et l’échelle à laquelle on le lèverait.

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